SCIPION Jacqueline [née LOPEZ Jacqueline, Jeanne, Léone, épouse BOISTARD puis SCIPION]

Par Claude Pennetier

Née le 13 avril 1934 à Vénissieux (Rhône) ; employée ; syndicaliste CGT de Lyon (Rhône) : secrétaire de la Fédération CGT de l’Alimentation.

Notices et portraits des membres du Conseil économique et social, février 1985.

Fille de Victorien Lopez, chauffeur d’automobile, Espagnol naturalisé Français, et de Marguerite Aurus, tisseuse puis femme au foyer, Jacqueline Scipion fréquenta l’école publique jusqu’au brevet élémentaire. Elle était destinée à faire deux années commerciales chez les Ursulines à Lyon, mais la deuxième année elle préféra aller travailler car "il n’y avait pas d’argent à la maison". Les deux frères étaient sensés pouvoir faire des études et il lui parut naturel d’arrêter. Il y avait aussi à la maison deux cousins orphelins. Pendant les vacances, travaillant chez des membres du conseil d’administration de son école, elle avait été choquée par le contraste entre leurs convictions religieuses et leur comportement de patrons. Elle situe à ce moment la naissance de son esprit syndical.

Employée à la laiterie "Au bon lait" à Lyon de juillet 1950 jusqu’en 1964, elle se syndiqua à la section CGT en 1953 et participa à l’Union départementale du Rhône. Ses qualités militantes furent vite repérés. Elle fut présentée deuxième sur la liste pour l’élection à la Sécurité sociale en 1962 et occupa donc un siège d’administratrice à la caisse primaire de Lyon. Elle avait été licenciée pendant la guerre d’Algérie en raison de son activité militante mais l’inspection du travail refusa cette sanction. La direction la réintégra en la changeant de service.

C’est Louisette Blanquart qui la fit appeler à Paris en 1964, au secrétariat de la Fédération qui avait besoin de femmes. Elles furent avec Madeleine Colin ses grandes amies personnelles qui la soutinrent pendant son divorce. Elle s’était en effet mariée en avril 1955 à Francheville (Rhône) avec Jean-François Boistard. Elle divorça en avril 1967 et se remaria en août 1968 à Montreuil (Seine, Seine-Saint-Denis) avec Serge Scipion ;, secrétaire de la Fédération CGT de l’Alimentation. Elle se battit pendant cinq ans, avec succès, pour avoir la garde de ses deux enfants. Elle eut un autre fils avec Serge Scipion.

Elle vécut à Paris à partir de 1964. À la Fédération, elle s’occupait de la trésorerie et de la presse. En 1968, elle partit pour la Région parisienne, choix lié à la difficulté de faire accepter un couple dans une direction. Elle le vécut mal mais se montra efficace, j’ai " repris tout de A jusqu’à Z, c’était intéressant". Elle fut intégrée au bureau de l’Union des syndicats de la région parisienne alors animé par Jean Dréan, spécialement chargée de l’alimentation. Elle revint en 1973 à la Fédération de l’Alimentation quand son mari créa la Fédération du Commerce.

Elle fut secrétaire de la Fédération de l’Alimentation qui devint la Fédération de l’agroalimentaire, avec Julien Livis qui l’a toujours soutenue. Elle s’en éloigna alors et travailla pour la direction confédérale en 1981, au secteur social, à la demande d’Hélène Mabille et de Thérèse Poupon. Elle siégea au conseil économique et social de 1984-1989, suivant particulièrement la question de la Sécurité sociale. Elle fut administratrice de la CNAM (assurance maladies). Elle passa à l’UCR (Union confédérale des retraités) en se mettant à mi-temps pour pouvoir visiter Paris et découvrir des expositions de peinture dont elle avait été frustrée en raison de l’ampleur de son militantisme, comme de ses responsabilités familiales.

Elle avait adhéré au Parti communiste à Lyon en 1956 au moment des événements de Hongrie, ne supportant pas que les locaux communistes soient attaqués par des adversaires. "C’était surtout sentimental" dit-elle, mais elle n’alla pas aux réunions, ne fit pas d’écoles de formation. Elle fut essentiellement syndicaliste. Déjà critique avant 1989, elle avait cessé de prendre sa carte, tout en votant communiste.

Domiciliée à Montreuil depuis 1964, elle y vécut avec son mari et fut active dans les associations de parents d’élèves (FCPE) comme dans la vie dans son quartier, la Croix de Chavaux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article175466, notice SCIPION Jacqueline [née LOPEZ Jacqueline, Jeanne, Léone, épouse BOISTARD puis SCIPION] par Claude Pennetier , version mise en ligne le 14 septembre 2015, dernière modification le 18 juin 2020.

Par Claude Pennetier

Notices et portraits des membres du Conseil économique et social, février 1985.

SOURCES : La Vie ouvrière, années 1960. — Renseignements recueillis à la Fédération de l’agroalimentaire. — Entretien en août 2015. — État civil.

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