BERTAUT Eugène, Auguste

Par Daniel Grason

Né le 13 août 1906 à Auxonne (Côte-d’Or), tué le 24 août 1944 à Paris (XIIIe arr.) ; militaire, facteur des postes, gardien de la paix ; résistant F.F.I.

Fils d’Auguste et d’Eugénie, née Mussot, Eugène Bertaut, enfant issue d’une famille nombreuse entra à l’école primaire à l’âge de cinq ans, jusqu’à neuf ans. Du fait de la mobilisation de son père en 1914, il travailla dès l’âge de quinze ans chez un expéditeur de légumes jusqu’à son départ au service militaire. Il fut appelé le 12 novembre 1926 au 4ème Régiment d’artillerie à Dole (Jura). Il suivit le peloton de sous-officiers, fut nommé maréchal des logis, muté au 1er Régiment divisionnaire à Auxonne, il contracta un engagement dans l’armée, fit cinq ans de service militaire. Libéré le 10 novembre 1931, il travailla comme facteur intérimaire au bureau des postes d’Auxonne.

Du fait de son temps passé comme engagé dans l’armée, il eut la possibilité d’obtenir un poste de gardien de la paix dans la police parisienne. Il vint à Paris, habita dans un hôtel au 5 rue de la Huchette à Paris (Ve arr.), il débuta le 16 juin 1932 au commissariat du Ve arr. Dans sa biographie, il écrivait « depuis mon jeune âge mon idée était de devenir policier », mais il n’avait pas « une instruction suffisante pour entrer à titre civil ». Il avait choisi cet emploi pour la « discipline » et les « avantages » liés à l’emploi. Le 8 septembre 1932 il épousa Raymonde Flavien du village de Les Maillys, arrondissement d’Auxonne, le couple demeura 63 boulevard Saint-Marcel à Paris (XIIIe arr.).

Gardien de la paix apprécié comme « énergique », il progressa, prit de l’assurance, gagna la confiance de sa hiérarchie. En 1941 il exprima son souhait d’entrer au garage comme chauffeur titulaire ou d’être nommé brigadier. Il eut un poste de chauffeur auxiliaire, fut évalué l’année suivante comme « dévoué », « méritant la confiance », apprécié pour sa tenue dans l’exercice de ses fonctions.

Le 24 août 1944 vers 11 heures, Eugène Bertaut fut tué de plusieurs balles à la tête au cours d’un engagement avec une reconnaissance allemande. Son corps fut emmené à l’École de Médecine, son inhumation eut lieu le 30 août 1944 au cimetière parisien de Bagneux. Une voisine du couple Bertaut prévint la hiérarchie policière que Raymonde Bertaut absente au moment des obsèques résidait dans son village natal.

Déclaré « Victime du devoir », Eugène Bertaut fut nommé brigadier à compter du 20 août 1944. Le ministère des anciens combattants lui attribua la mention «  Mort pour la France ». Il a été cité à l’Ordre de la Nation (JO du 20 décembre 1944), décoré de l’ordre de la Légion d’Honneur (JO du 3 janvier 1945). Eugène Bertaut figure sur la liste des policiers au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.) et sur la plaque commémorative des morts de la Seconde Guerre mondiale près du carré militaire sur le mur d’enceinte du cimetière communal d’Auxonne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article175506, notice BERTAUT Eugène, Auguste par Daniel Grason, version mise en ligne le 16 septembre 2015, dernière modification le 19 décembre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. KC 4. – SHD, Caen AC 21 P 21362. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – Site internet GenWeb. — État civil en ligne cote FRAD021EC 41/078, vue 76.
PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo.

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