BIARD Alfred, Pierre, Marie

Par Daniel Grason

Né le 4 décembre 1919 à Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine), mort le 21 août 1944 à l’Hôtel-Dieu à Paris (IVe arr.) ; ouvrier agricole, gardien de la paix ; résistant.

Fils d’Alfred et de Marie, née Frin, Alfred Biard vécut avec ses parents à Montfort-sur-Meu, il alla à l’école primaire de l’âge de six à douze ans. Sa scolarité fut interrompue une année pour maladie, quand il y avait besoin de bras pour des travaux des champs, il aidait ses parents. De douze à quinze ans il travailla avec eux. De haute stature, il mesurait 1,80 mètres sous la toise, il loua ensuite ses bras comme journalier dans les fermes. Après le conseil de révision en 1939, il aida à nouveau ses parents.

Mobilisé le 8 juin 1940 au dépôt d’artillerie n° 11 à Vannes (Morbihan), il fut fait prisonnier sur place par les allemands pendant trois mois, envoyé au stalag 12F matricule 40751, en Allemagne, puis transféré Bitche (Moselle). Libéré le 28 octobre 1941, le centre de recrutement de Rennes le démobilisa. Blessé pendant sa captivité en Allemagne, l’armée le réforma temporairement avec un taux d’invalidité de 30%. Pendant sa captivité un prisonnier l’encouragea à quitter la terre, le conseilla, lui expliqua comment faire pour devenir agent de police. Il reprit le travail de la terre, Alfred Biard était apprécié comme « sérieux et travailleur ».

Il sauta le pas, sollicita le 22 mars, puis le 1er juillet 1942 par lettre, un emploi de gardien de la paix auprès du préfet de police de Paris. Il débuta le 1er septembre 1942 à l’École pratique en tant que stagiaire, un an plus tard, il était titularisé et affecté à la 6ème Compagnie de circulation. Il vivait 95 boulevard Saint-Michel (Ve arr.), à deux numéros de là demeurait sa tante. Dans ses fonctions, Alfred Biard était évalué comme « actif » ayant « bon esprit de discipline, correct, de bonne tenue, s’intéresse à sa fonction, donne satisfaction ». Le 28 janvier 1943, un collègue le blessait accidentellement d’une balle de pistolet dans la jambe gauche. Il fut plusieurs mois arrêté, après sa convalescence la station debout le fatiguait.
Le 21 août 1944, les résistants élevaient des barricades dans Paris, l’une d’elle se dressait à dans la rue Saint-Jacques, une artère parallèle au boulevard Saint-Michel. Alfred Biard était avec des collègues du Ve arrondissement, vers 11 heures des motocyclistes allemands attaquèrent, tirèrent… le touchant d’une balle à l’aine. Transporté à l’Hôtel Dieu tout proche, opéré à deux reprises, Alfred Biard mourut vers 19 heures.

Son inhumation eut lieu le 28 août au cimetière de Thiais (Seine, Val-de-Marne). Déclaré « Victime du devoir », le ministère des anciens combattants lui attribua la mention «  Mort pour la France ». Il a été cité à l’Ordre de la Nation (JO du 20 décembre 1944), décoré de l’ordre de la Légion d’Honneur (JO du 3 janvier 1945). Son nom figure sur la plaque commémorative apposée dans la cour de la préfecture de police à la mémoire des agents tombés pendant les deux guerres mondiales et au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article175545, notice BIARD Alfred, Pierre, Marie par Daniel Grason, version mise en ligne le 18 septembre 2015, dernière modification le 17 décembre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. KC 4. – SHD, Caen AC 21 P 22793 – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – Site internet GenWeb.
PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo.

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