BISIAUX Marcel, Félicien, Narcisse

Par Daniel Grason

Né le 14 janvier 1906 à Cambrai (Nord), tué le 25 août 1944 à Paris (IIIe arr.) ; ajusteur-mécanicien, gardien de la paix ; résistant F.F.I.

Fils de Joseph et d’Angélique, née Leduc, Marcel Bisiaux eut du fait de la Grande Guerre, de l’Occupation allemande sa scolarité interrompue, l’école ayant été transformée en caserne. Après l’armistice du 11 novembre 1918, il alla à l’école primaire et obtint le CEP. Son père le plaça en apprentissage dans une imprimerie, il y resta deux ans, suivit des cours théorique et pratique de mécanique automobile. À dix-huit ans il passa et réussit l’examen du permis de conduire. Voulant poursuivre dans cette voie, il s’engagea deux ans dans l’armée.
Marcel Bisiaux fut incorporé le 3 septembre 1925 dans le 37ème régiment d’aviation basé au Maroc alors sous le protectorat de la France. Il reçut une formation de mécanicien d’aviation, passa son permis de conduire militaire, participa à des opérations militaires. Il fut brûlé accidentellement le 23 février 1927, il alluma une lampe à souder, son pantalon de treillis imbibé d’essence et d’huile prit feu. Il prit une couverture et étouffa les flammes, mais fut brûlé à la cuisse.

Démobilisé et rapatrié le 3 septembre 1927, il s’installa à Paris, habita 217 rue de Belleville (XIXe arr.), exerça le métier de mécanicien. Il écrivit le 8 novembre 1927 au préfet de police de Paris, sollicita un emploi de gardien de la paix. Il fut embauché le 5 décembre 1928, affecté au commissariat du XIe arr., puis au IIIe arr. Il exerçait son métier avec sérieux, était apprécié par ses supérieurs, il passa le concours de brigadier des épreuves de télégraphie et d’orthographe. Le 5 juin 1943 il fut nommé sous-brigadier.

Le 16 avril 1932 aux Lilas (Seine, Seine-Saint-Denis) il épousa Constance Doisnard, le couple demeura 83 bis avenue de Verdun à Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis). En juillet 1943, Marcel Bisiaux rejoignit des résistants de la ville. Dans la nuit du 18 au 19 juin 1944, l’aviation alliée canadienne bombardait les voies ferroviaires, la gare et les ateliers SNCF de Noisy-le-Sec (Seine, Seine-Saint-Denis). Pendant une trentaine de minutes, 181 avions déversèrent plus de 3000 bombes de 250 et 500 kilos, les habitations furent touchées, il y eut 464 morts et 370 blessés. Marcel Bisiaux avec le gardien de la paix Victor Largillière dégagèrent une femme et un homme ensevelis sous les décombres, une bombe à retardement éclata, les deux hommes furent projetés à terre. Blessés tous les deux Bisiaux aux mains et à la jambe droite, Largillière à la main gauche et au visage, leur état nécessita un arrêt de travail.

Le 25 août 1944 vers 15 heures 30, depuis la rue du Temple à la hauteur du n° 174, Marcel Bisiaux faisait le coup de feu contre des soldats allemands retranchés place de la République. Il fut tué d’une balle dans la tête, ainsi que Henri Sadock, FFI, Albert Beal, soldat de la 2ème DB du général Leclerc et d’Henri Caron, adjudant de chars de la 2ème DB. Il fut inhumé le 31 août 1944 dans le cimetière de Romainville.

Déclaré « Victime du devoir », Marcel Bisiaux fut cité à l’Ordre de la Nation (JO du 20 décembre 1944), nommé Chevalier de la Légion d’Honneur (JO du 3 janvier 1945). Le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France », il fut homologué F.F.I tué au combat. Le 18 mars 1945, au cours d’une cérémonie organisée par la préfecture de police, une plaque commémorative avec les quatre noms fut apposée sur la façade du 168 rue du Temple (IIIe arr.). Le nom de Marcel Bisiaux figure sur la plaque commémorative apposée dans la cour de la préfecture de police à la mémoire des agents tombés pendant les deux guerres mondiales et au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.), ainsi que sur la plaque des victimes de la guerre 1939-1945 apposée dans la mairie de Romainville le 11 novembre 1948.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article175562, notice BISIAUX Marcel, Félicien, Narcisse par Daniel Grason, version mise en ligne le 22 septembre 2015, dernière modification le 22 septembre 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. KC 1. – SHD, Caen AC 21 P 23770. – Bureau Résistance : GR 16 P 61462. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – Site internet Noisy-le-Sec Histoire (s). – Site internet Gilles Primout, « La Libération de Paris ». – Site internet GenWeb. — État civil en ligne cote CAMBRAI / N [ janvier 1906- juin 1906], vue 26.

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