BOISSON Raymond, Émile

Par Daniel Grason

Né le 26 janvier 1915 à Saint-Jean des Vignes (Saône-et-Loire), tué le 20 août 1944 place Saint-André des Arts à Paris (VIe arr.) ; receveur dans l’imprimerie, griffeur sur cuir, placier, ouvrier chapelier, garçon magasinier, gardien de la paix ; F.F.I.

Fils de Pierre dit Émile et de Eléonore, née Boissy, Raymond Boisson fut orphelin, son père ayant été tué, il fut pupille de la Nation. Il vint habiter de 1920 à 1927 avec sa mère 255 rue de Belleville à Paris (XIXe arr.), puis15 avenue Louis-Dumont aux Lilas (Seine, Seine-Saint-Denis). Raymond Boisson alla l’école primaire de la rue Pelleport à Paris (XXe arr.) à l’âge de sept ans, il obtint le CEP avec la mention « bien ». Il fréquenta l’école commerciale du 293 rue des Pyrénées, il ne s’y adapta pas, l’année suivante il entrait en apprentissage, devenait receveur à l’imprimerie lithographique Maus au 23 rue Pelleport, puis chez Henon rue Stendhal (XXe arr.) et chez Adam rue Ménadier. Ensuite griffeur sur cuir chez un casquettier en gros, la Maison Elina 74 rue du Temple (IIIe arr.) du 9 septembre 1929 au 1er avril 1933, puis placier au cinéma Rex boulevard Poissonnière (IIe arr.), enfin ouvrier chapelier chez Peeters 69 rue de Chabrol (Xe arr.).

Le 10 janvier 1935, il contracta un engagement de trois ans dans l’armée, qu’il prolongea d’une année le 10 janvier 1938. Incorporé dans l’Infanterie, il fut affecté dans différentes casernes d’Alsace et de Lorraine, il termina avec le grade de sergent dans un Régiment de mitrailleurs d’infanterie. Revenu à la vie civile, certainement faute de mieux, il fut garçon magasinier drapier chez Paul Haas 24 rue du Mail (IIe arr.).

Mobilisé le 24 août 1939 à Toul (Meurthe-et-Moselle), il était affecté au 41e Régiment de Mitrailleurs d’Infanterie Coloniale, le régiment fut engagé sur le front de la Sarre. Raymond Boisson, fut blessé au combat le 14 juin 1940 à Holving (Moselle). Souffrant d’une « commotion cérébrale », il était transporté à l’hôpital, il y resta jusqu’au 26 février 1941, date à laquelle les Autorités allemandes le libérèrent comme blessé de guerre. Il partit en Gironde, habita 297 boulevard Albert Ier à Bègles, il travailla dans une société de produits civiques à Bordeaux, puis devint manœuvre dans une papeterie à Bègles.

Il écrivit une lettre au Préfet de police de Paris dans laquelle il postulait un poste de gardien de la paix. Raymond Boisson faisait référence à un oncle gardien de la paix, retraité depuis 1938, à ses connaissances générales : sténo, anglais, comptabilité qu’il avait apprit dans des cours du soir et « quelques connaissances en allemand » ajouta-t-il modestement. Il fut embauché le 16 août 1941 comme gardien de la paix à la 9e Compagnie de Circulation.

Il s’engagea dans la Résistance. Simple gardien de la paix, mais ayant des capacités militaires, le 20 août 1944 il dirigeait un groupe franc composé de policiers dont des inspecteurs des Renseignements généraux et des F.F.I. Ils attaquèrent des soldats allemands qui étaient dans un autobus de la STCRP qui s’engageait sur la place Saint-Michel (Ve arr.). Le conducteur fut touché, le véhicule s’encastra dans la devanture de la « Brasserie Alsacienne ». Aucun signe de vie ne se manifesta à l’intérieur du bus. Excès de confiance, Raymond Boisson interpréta hâtivement ce silence… comme une reddition. Il s’avança, les allemands tirèrent. Il s’effondra, tué net, la carotide tranchée.
Ses obsèques eurent lieu le 26 septembre aux Lilas, une délégation de trente policiers étaient présents, quatre d’entre eux montèrent une garde d’honneur. Une messe fut célébrée en l’église Notre-Dame du Rosaire, puis l’inhumation se déroula au cimetière communal de la ville.
Déclaré « Victime du devoir », Raymond Boisson fut cité à l’Ordre de la Nation (JO du 20 décembre 1944), nommé Chevalier de la Légion d’Honneur (JO du 3 janvier 1945), et décoré de la Croix de Guerre. Le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France », il fut homologué F.F.I tué au combat.
Le nom de Raymond Boisson figure sur la plaque des morts 1939-1945 en mairie des Lilas et sur la liste au Musée de la police des policiers morts pendant la guerre. Une plaque honore sa mémoire 11-13 place Saint-Michel :
À la mémoire de Boisson Raymond 1915-1945
Chef du 2e groupe de corps franc des R.G. et des jeux de la Préfecture de Police
Tombé glorieusement pour la Libération de Paris le 20 août 1944
Au cours d’un combat engagé ici même

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article175589, notice BOISSON Raymond, Émile par Daniel Grason, version mise en ligne le 22 septembre 2015, dernière modification le 3 décembre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. KC 5. – SHD, Caen AC 21 P 25753. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – Site internet GenWeb.
PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo..

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