SAVERNA Pascal

Par Jean-François Lassagne

Né le 18 avril 1926 à Moutiers (Meurthe-et-Moselle), mort le 14 septembre 2001 ; mineur de fer ; militant de la CGT ; membre du secrétariat de la Fédération régionale des mineurs de fer et de sel de Lorraine ; membre du Conseil national de la Fédération nationale du Sous-Sol de 1963 à 1971 et du bureau de 1966 à 1968 ; secrétaire général de l’UD de Meurthe-et-Moselle de 1971 à 1974 ; secrétaire général de l’UL du bassin de Briey ; trésorier du Comité Régional de Lorraine ; administrateur SSM ; militant communiste ; membre du comité fédéral de la fédération ; maire de Moutiers de 1959 à 1996.

Pascal Saverna en 1998
Pascal Saverna en 1998

Originaire de Sant’Agata Feltria en Emilie-Romagne (Italie), son père Agostino Saverna y était né le 19 aout 1883, et il mourut le 28 avril 1943 à Moutiers. Il était venu en France en 1908 avec son épouse née Vénéranda Rossi, originaire du même village que lui, et qui décéda le 28 juillet 1963. Agostino Saverna avait été embauché à la mine de fer de Moutiers où il travailla jusqu’à sa mort. C’est là que naquit leur fils Pascal le 18 avril 1926, le dernier d’une fratrie de cinq enfants, lequel fréquenta l’école primaire du village. Réquisitionné pour le STO en avril 1944, il s’enfuit et se réfugia dans le Cher où il rejoignit un maquis.

Il s’engagea ensuite volontairement dans l’armée française au 1er Régiment d’Infanterie afin de poursuivre la lutte contre le fascisme. Il participa aux campagnes de Royan, d’Alsace et d’Allemagne, puis après sa démobilisation en avril 1946, il devint mineur au bloc. Le 26 aout 1950 à Auboué, il épousa Danka (Danielle) Czekala, qui était née le 18 avril 1930 à Jarville (Meurthe-et-Moselle), d’une famille venue de Pologne, dont le père Yaneck devait par la suite aller travailler à la mine d’Auboué. De leur union naquit en 1953 leur fils Joël, qui devint ingénieur et vécut en Bretagne.

Pascal Saverna milita dès 1951 à la CGT de la mine de Moutiers, où il fut un acteur déterminant de la réunification syndicale avec FO, et de la constitution d’une forte base syndicale. Il était secrétaire du syndicat de la vallée de l’Orne en 1953. Pascal Saverna fut licencié de la mine avec huit de ses camarades en 1954. Par la suite il devint secrétaire permanent aux côtés d’Albert Balducci* à la Fédération régionale des mineurs de fer, chargé de son journal, le Sous-Sol Lorrain créé en 1950. Il fut un des artisans du collectif qui forgea cet outil syndical régional. Elu suppléant au Conseil national de la Fédération nationale du Sous-Sol au 52ème Congrès d’Albi en 1956 jusqu‘en 1958, il fut réélu titulaire au 55ème Congrès de Liévin en 1963 et le demeura jusqu’en 1971 au 58e Congrès de Gassin où il fut de nouveau élu suppléant. Il fit partie du bureau national de 1966 à 1968. Il sera ensuite élu secrétaire général de l’UD de Meurthe-et-Moselle au congrès de Jarny les 15 et 16 mai 1971, succédant ainsi à Albert Balducci* qui devint secrétaire du tout nouveau Comité Régional de Lorraine. Durant son mandat départemental il s’attacha notamment à développer l’activité spécifique en direction des techniciens, ingénieurs et cadres, avec la mise en place de l’UGICT en Meurthe-et-Moselle. Puis il assuma la direction de l’Union locale du bassin de Briey, et devint administrateur de la Sécurité sociale minière à l’Union Régionale à Metz. Ses camarades lui confièrent alors la responsabilité de la Bourse du Travail de Piennes. Il avait adhéré au Parti communiste en 1946, et fut élu conseiller municipal de 1953 à 1959 dans une majorité de gauche, puis maire de Moutiers de 1959 à septembre 1996, où il passa le relai à Monette Cascinelli.

Il demeura cependant conseiller jusqu’en mars 2001, quelques mois avant sa mort. Membre de la direction du comité de la section d’Orne-Woigot (Bassin de Briey), la plus grosse du département, il fut également élu au comité fédéral de de la Fédération de Meurthe-et-Moselle-Nord jusqu’en 1984, ainsi qu’au comité fédéral de la Fédération de Meurthe-et-Moselle réunifiée de 1984 à 1987. Puis, engagé dans la démarche des reconstructeurs, il quitta les instances dirigeantes, mais demeura adhérent du Parti jusqu’à sa mort. Il mena bataille en 1985, y compris dans ses propres rangs, pour l’intégration de la Clinique des Mines à l’Hôpital Maillot de Briey dont il était membre du conseil d’administration, avec l’objectif permanent de sauvegarder les intérêts des salariés de la clinique dans la fusion. Moutiers fut fortement touchée par les affaissements miniers à la suite de l’abandon de l’exploitation et de l’ennoyage des galeries, et Pascal Saverna participa activement au Collectif de Défense des Bassins Miniers Lorrains qui put bénéficier de sa parfaite connaissance de la mine. Pascal Saverna était un homme de conviction, d’union et d’ouverture, tant sur le plan syndical que politique ou municipal, avec sa volonté de rassembler pour lutter. Il était en outre très attachant, et ses propos lors des réunions étaient toujours attendus avec intérêt. De grande culture, il était un ami proche d’Amilcar Zanoni, ce sculpteur sur fer, ancien mineur, originaire de Bagno di Romagna, qu’il aida à développer son art, et dont il accueillit une partie des œuvres dans un musée qu’il lui dédia dans sa ville de Moutiers.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article175666, notice SAVERNA Pascal par Jean-François Lassagne, version mise en ligne le 25 septembre 2015, dernière modification le 15 janvier 2022.

Par Jean-François Lassagne

Pascal Saverna en 1998
Pascal Saverna en 1998

SOURCES :
Le Sous-Sol Lorrain (années 1950). — L’Humanité, (24 septembre 2001). — Arch. de la Fédération Nationale du Sous-Sol. — Arch. IMHS CGT. — État civil de Moutiers. — Témoignages de Colette Goeuriot, Joël Saverna, Jean Corradi, Michel Martin, Patrick Hatzig, Jean Markun, et Monette Cascinelli.

ICONOGRAPHIE : Arch. de l’IMHS CGT : Pascal Saverna en 1998.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément