OUVRIEU Yves, Marie, Joseph, alias Gilles et Jean ORSINI

Par Jean-Pierre Besse

Né le 10 juin 1916 à Limogne (Lot), abattu le 27 mai 1944 à Saint-Girons (Ariège) ; contrôleur à l’Office des céréales ; résistant de la Haute-Garonne (AS/CFL ; agent du réseau Gallia) chargé aussi de missions clandestines dans le Lot et l’Ariège.

Yves Ouvrieu (1916-1944)
Arch dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude delpla

Fils d’un médecin, Yves Ouvrieu était en 1939-1940, quartier maitre chef de la marine affecté au contrôle téléphonique de Toulon. En 1942, il devint contrôleur sous contrat à l’Office des céréales à Toulouse (Haute-Garonne). Il travaillait depuis décembre 1941 pour une organisation de renseignement baptisé Imperium et ce dans la région de Toulon d’abord puis de Toulouse. Il passa à l’action directe en détruisant, le 19 janvier 1944, des machines fabriquant des hélices à pas variable pour les avions de la Luftwaffe à l’usine Ratier de Figeac (Lot). Cette action fut réalisée en collaboration par plusieurs organisations de la Résistance du Lot. Il fut blessé légèrement par un officier allemand au cours de cette mission et dès lors recherché par la police allemande. En février 1944, il devint chef du service de renseignements des CFL de la R4 et FFI avec le grade de commandant. Il était par ailleurs membre du réseau Gallia.
En mission à Saint-Girons (Saint-Girons) pour y reconstituer le service de renseignement, convoyé par Yvette Garrabé et André Guillaumot, il fut attiré dans un guet-apens par la police allemande, sous prétexte de descendre un agent particulièrement dangereux. Lorsqu’il s’aperçut du traquenard, boulevard du maréchal Foch, il tua deux Allemands et en blessa un troisième qui l’abattit d’une balle dans la nuque avenue du Maréchal Foch à 23 h 15 minutes. Yvette Garrabé fut elle aussi tuée.

Son décès, déclaré le lendemain par le commissaire de police de Saint-Girons, fut enregistré dans un premier temps sous le nom de Jean Orsini, né à Bastia le 19 février 1913, domicilié à Toulouse 13 rue Sainte-Ursule, contrôleur à l’Office national interministériel des céréales. Son identité réelle fut reconnue par jugement du tribunal civil de Saint-Girons en août 1945.

Sa femme était institutrice. Une partie de la famille de Yves Ouvrieu fut arrêtée en raison de ses activités, son frère Charles, né le 28 février 1917 à Limogne fut déporté le 2 juillet vers Dachau d’où il revint.

Yves Ouvrieu fut homologué capitaine FFI en juin 1946 et fut élevé au grade de chevalier de la Légion d’honneur.

Une plaque commémorative a été installée à Saint-Girons, sur le lieu où il fit abattu avec Yvette Garrabé. Son nom figure sur le monument aux morts de Limogne-en-Quercy (Lot).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article175703, notice OUVRIEU Yves, Marie, Joseph, alias Gilles et Jean ORSINI par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 28 septembre 2015, dernière modification le 9 septembre 2020.

Par Jean-Pierre Besse

Yves Ouvrieu (1916-1944)
Arch dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude delpla
Saint-Girons (Ariège).
Plaque commémorative sur lieu où furent abatttus Yvette garrabé et Yves Ouvrieu

SOURCES : SGA, DIMI, Bureau Résistance, 16 P 453351. — Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla. — Francis Aguila, Passeurs d’hommes. Femmes de l’ombre Ariège-Cerdagne 1942-1944, Toulouse, La Pas d’Oiseau, 2011, 219 p. [p. 155]. — La Dépêche, 15 février 2009.— État civil de Saint-Girons. — Site MemorialGenWeb, consulté le 9 septembre 2020 par André Balent. — Note d’André Balent.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément