BOUSSEL Serge

Par Emeric Tellier

Né le 18 février 1939 à Fontenay-sous-Bois (Seine, Val-de-Marne), mort le 25 juillet 1977 à Paris (IVe arr.) ; technicien aux PTT puis à la CIT-Alcatel ; militant CGT, délégué du personnel et membre du comité d’entreprise ; militant du Parti communiste (PCF).

Serge Boussel naquit dans une famille d’émigrants juifs russes. Il était le fils de Léon Boussel, né à Lakhonvitch (Russie) le 9 septembre 1903 et de Jane Sevelenskie, née à Cheetham (Angleterre) le 21 mai 1901.

Son grand-père paternel, tailleur de profession, quitta la Russie après les événements de l’année 1905, en raison, selon la tradition familiale, de ses positions révolutionnaires. Il décéda à l’hôpital Saint-Anne à Paris (XIIIe arr.) en 1944. Sa grand-mère maternelle le rejoignit en France plus tard, après avoir traversé l’Europe à pied avec ses jeunes enfants.

Son père, Léon Boussel, grandit dans le quartier de la rue Mouffetard, dans un milieu athée, sans grande fortune. Entré dans la Légion étrangère pour obtenir la nationalité française, il participa à la guerre du Rif entre 1924 et 1926. Il adhéra par la suite à l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC). Naturalisé le 10 juillet 1928 et titulaire d’un certificat d’études, il résida à Neuilly-Plaisance (Seine-et-Oise, Seine-Saint-Denis) et travailla comme ouvrier d’usine. Il trouva par la suite un emploi de conducteur de tramways, puis d’autobus en région parisienne. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il eut un accident grave sans victimes qui lui valut d’être déclassé et d’achever sa carrière comme poinçonneur. Il ne semble pas avoir été militant syndicaliste ou politique, mais il avait une admiration pour son frère, Pierre Boussel dit « Lambert », dirigeant trotskyste.

Sa mère, Jane Sevelenskie, naquit en Angleterre de parents d’origine lituanienne et arriva en France durant sa jeunesse. Après la pension, elle donna naissance à une petite fille, Liliane qu’elle éleva seule avant d’épouser Léon Boussel. De cette union naquit sept enfants dont deux décédèrent avant-guerre.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la famille vécut à Fontenay-sous-Bois, puis, de mars à novembre 1944, ses enfants séjournent à Fontenoy-en-Puisaye (Yonne), où ils furent partagés entre plusieurs familles. Serge et sa sœur Monique vécurent chez une jeune femme dont le mari, garde-barrière, a été fait prisonnier. Durant son enfance, il fréquenta les colonies de vacances gérée par l’association des anciens combattants de la RATP, le patronage laïc le jeudi et fit du sport (la natation et le volley).

Après l’obtention de son baccalauréat moderne en 1957, Serge Boussel trouve un emploi de guichetier aux Postes, Télégraphes et Télécommunications (PTT). Son frère ainé, Georges, était ingénieur informaticien. Après quelques jours, il demanda à être muté aux chèques postaux, dans le service de nuit, où il occupa un poste d’auxiliaire du 10 octobre 1957 au 2 novembre 1958. Il adhéra rapidement au syndicat CGT des Chèques Postaux.

Serge Boussel intégra ensuite l’École nationale supérieure des télécoms (ENST) de la rue Barrault à Paris (XIIIe arr.) pour suivre les cours de contrôleur des installations électromécaniques. Il dut abandonner temporairement ses études pour effectuer son service militaire entre le 1er mai 1959 et le 1er septembre 1961. Il ne fut pas appelé en Algérie, un de ses frères étant déjà sous les drapeaux. Il quitta l’armée avec le grade de caporal-chef et une formation en VHF.

Il repritsa formation et à son terme, en janvier 1962, il apprit sa mutation à Alger. Il refusa et l’administration des PTT le licencia pour faute grave le 30 janvier.

Le 19 février 1962, il fut recruté comme agent technique par la Compagnie Industrielle des Télécommunications (CIT), rue de l’ingénieur Robert Keller dans le XVe arrondissement et adhéra rapidement à la section syndicale CGT où il prit des responsabilités après un an de présence. Il résida alors au 94 rue Pasteur à Fontenay-sous-Bois.

Son emploi le conduisit à parcourir les chantiers de la région parisienne : aménagements téléphoniques dans la tour Esso à la Défense (1963), formation du personnel chez Shell-Berre rue de Berri à Paris (VIIIe arr.), ou encore à la Banque de Paris et des Pays-Bas (BNP) avenue de l’Opéra (IIe arr.).
Il rencontre Liliane Fabioux, soudeuse OP1 et syndiquée CGT, de six ans son aînée et mère de deux enfants. Il emménagea chez elle, au 3 rue de la Caspienne à Antony (Seine, Hauts-de-Seine). Après un an de vie commune, il l’épousa à Anthony le 19 octobre 1963. Un fils naît en mai 1964.

Au début de l’année 1968, une leucémie myéloïde fut diagnostiquée. Il poursuivit néanmoins son engagement syndical comme délégué du personnel du 2e collège pour les Chantiers, membre du comité d’entreprise du département commutation ; et son engagement politique comme secrétaire de cellule de quartier au Parti communiste français (PCF). La section lui reprocha de ne pas militer politiquement dans son entreprise, ce qu’il justifiait par la grande mobilité géographique imposée par son emploi. Il n’eut jamais de responsabilités au niveau de la section, en raison sans doute de sa condition de neveu du principal dirigeant de l’Organisation communiste internationaliste (OCI) et de la forte politisation de la cité universitaire d’Antony dans laquelle l’ensemble du spectre politique de gauche intervenait. Il vendait toutefois L’Humanité Dimanche au pied du petit centre commercial de son quartier.

Il quitta la rue de l’ingénieur Robert Keller dans le XVe arrondissement vers 1973 pour rejoindre le siège de Vélizy-Villacoublay, où il est élu délégué au comité central d’entreprise.

Sa maladie nécessitant des transfusions de globules blancs, une affiche fut apposée à l’entrée du restaurant d’entreprise et devant l’afflux de volontaires, la direction de l’entreprise décida de prendre en charge les bus pour se rendre au centre de transfusion.

Localement, il s’engagea en 1963 dans la création d’un comité d’accueil pour les enfants de mineurs, puis dans l’association des locataires qui affronta les nombreux problèmes de construction du grand ensemble et qui s’illustra lors de la lutte victorieuse menée en 1975 contre le projet de voie GEMA, l’autoroute de liaison entre Clamart et Massy.

Il milita également au Mouvement de la Paix et à l’association France-Amérique Latine et parlait l’anglais ainsi que l’espagnol.

Il décéda le 25 juillet 1977.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article175762, notice BOUSSEL Serge par Emeric Tellier, version mise en ligne le 1er octobre 2015, dernière modification le 26 novembre 2020.

Par Emeric Tellier

SOURCES : Arch. IHS Métallurgie, fonds 1J1-41 Boussel. — Témoignages de son épouse, Liliane Boussel (avril-juillet 2015). — État civil (Fontenay-sous-Bois).

ICONOGRAPHIE : Arch. pers. de Liliane Boussel.

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