PRUNIER Christian

Par Michelle Destour

Né le 3 février 1911 à Grand-Croix (Loire), abattu par la police allemande le 18 février 1944, 5 rue Roquille à Rive-de-Gier (Loire) ; ébéniste ; militant socialiste ; résistant membre du réseau Buckmaster-Ange.

Christian Prunier obtint un CAP d’ébéniste à l’École pratique d’Industrie à Rive de Gier mais dut abandonner le métier dans le contexte difficile de la crise économique de 1929. Il devint alors traceur en chaudronnerie aux établissements SERVE à Rive-de-Gier. Comme son père, il était socialiste. Il créa la section des Jeunesses Socialistes et adhèra à la SFIO. Syndicaliste, il signa les accords locaux d’unité syndicale en 1935 entre la CGT et la CGTU. Il milita à la mutuelle "Le Travail", une des plus anciennes mutuelles fondées par des cégétistes. Il participa activement aux grandes grèves : en 1934 quand les ligues d’extrême-droite essayaient de prendre le pouvoir, en 1936 lors du Front populaire. En septembre 1939, il fut mobilisé. Après juin 1940, il ne put se résigner à la défaite et rejette le gouvernement de Vichy.

En 1941, le Coq Enchaîné, groupe de résistance, fondé à Lyon, recruta dans les milieux syndicalistes, socialistes, radicaux-socialistes et francs-maçons du Rhône et de la Loire. Dès le début de l’année, se réunissaient à Rive-de-Gier, autour de Louis Pingon, maire de Saint-Romain-en-Gier, Jean Gaudard, Pierre Pouget, Louis Chapelle, Francis et Joseph Sigward. À cette date, Christian Prunier, revenu à son premier métier, travailla dans son atelier d’ébénisterie, rue de la Barrière, tout proche de celui de Jean Gaudard, garagiste. Le contact s’établit naturellement. Prunier rejoignit les rangs du Coq Enchaîné dont les dirigeants étaient en contact avec le Special Operations Executive anglais (SOE). Le groupe Buckmaster-Ange s’organisa avec à sa tête Jean Bourge de Saint-Joseph. Il assura la réception de parachutages, participa à des sabotages et faits d’armes et devint l’un des groupes de résistance les plus actifs sur Saint-Etienne et la vallée du Gier.

Le 13 août 1943, à Saint-Joseph, le groupe Ange assura la réception d’un parachutage d’armes et de munitions. Le matériel, qui devaient servir aux prochaines opérations de sabotages, était caché. Le 30 septembre, suite à une dénonciation, Jean Gaudard, Pierre Pouget, arrêtés avec Germaine Jouve et Francis Pointu, furent conduits à la prison de Montluc. La vie de Christian Prunier devenait plus périlleuse mais les sabotages se poursuivaient. Fin 1943, Il participa à des plastiquages dans le Rhône. Le 25 janvier 1944, il organisa, avec Buckmaster-Ange et l’Armée Secrète, le sabotage des ateliers des Forges et Aciéries de la Marine à Saint-Chamond : la motrice des laminoirs fut gravement endommagée. La répression s’accentua et après un séjour clandestin à Saint-Chamond, Christian Prunier se réfugia dans le massif du Pilat.

Le 17 février 1944, il quitta son abri de Véranne (Loire) pour venir voir sa femme et sa fille à leur domicile du 8, rue Waldeck-Rousseau, à Rive de Gier, où Madame Prunier tint un magasin de meubles. Il ignorait qu’il a été dénoncé. Le rapport du commissaire de police signale :"Ce matin, vers 7 heures 30, la police allemande, au nombre de 6, s’est présentée au magasin de Prunier. Celui-ci, à leur vue, s’est enfui et a pu être poursuivi dans la rue Roquille. La police allemande a tiré sur lui plusieurs coups de feu, dont l’un l’a atteint à la cuisse gauche. Prunier s’est affaissé et a été mis dans une voiture automobile." Prunier est transporté à l’hôpital Marrel pour y recevoir un pansement sommaire puis il fut aussitôt embarqué pour Lyon. À la prison de Montluc, la fiche rédigée à son nom signale un passage non confirmé à l’hôpital de la Croix-Rousse mais aux mains de ses bourreaux, il disparaît à jamais.

Le nom de Christian Prunier figure sur les monuments aux morts de la Grand -Croix et Rive de Gier. Une plaque commémorative est apposée sur la façade du 5 de la rue Roquille.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article175767, notice PRUNIER Christian par Michelle Destour, version mise en ligne le 2 octobre 2015, dernière modification le 4 avril 2016.

Par Michelle Destour

SOURCES : Archives Municipales de Rive-de-Gier. - Archives départementales du Rhône. – Bulletin municipal de Rive-de-Gier, n° 49, de mars 1986 : " Une grande figure du mouvement ouvrier et de la Résistance, Christian Prunier" par Henri Vial. — État civil.

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