BOURGEOIS Pierre

Par Fabien Conord

Né le 12 février 1915 à Montluçon (Allier), mort le 2 août 1992 à Montluçon ; médecin ; socialiste SFIO ; député de l’Allier de 1958 à 1962 ; adjoint au maire de Montluçon de 1947 à 1959.

Pierre Bourgeois était issu d’une famille montluçonnaise appartenant à la catégorie des « notables commerçants » puisque son père tenait l’Hôtel de la gare. Élève au lycée de garçons de Montluçon, puis étudiant en médecine, Pierre Bourgeois, qui obtint son doctorat en 1939, pratiquait assidûment le tennis et vécut ce qu’on pourrait appeler une jeunesse dorée.

Médecin à Montluçon depuis 1941, il devint adjoint au maire socialiste de cette ville, après son élection comme conseiller municipal en 1947. Mais Pierre Bourgeois était aussi président du syndicat départemental des médecins de l’Allier depuis 1945, et membre du conseil de l’ordre des médecins de l’Allier depuis 1947. Toutefois, son engagement politique s’affirma plus nettement par son élection comme suppléant au comité directeur fédéral en octobre 1950 et par ses fonctions de secrétaire fédéral adjoint de 1951 à 1953. Pierre Bourgeois fut élu conseiller général du canton de Montluçon-Ouest en 1949, devenant aussitôt vice-président du conseil général. Enfin, le 11 juin 1950, il fut élu premier adjoint au maire de Montluçon. Homme jeune, capable et entreprenant, il a pu incarner, dans les années 1950, la relève au sein du socialisme montluçonnais. Mais, si Pierre Bourgeois céda la présidence du syndicat des médecins en 1950 et sa place au conseil de l’Ordre en 1952, il fut surtout battu aux élections cantonales de 1955, par un ouvrier communiste, Henri Guichon*, dans le canton très ouvrier (Dunlop en est l’illustration) de Montluçon-Ouest qu’avait détenu, avant la guerre, Marx Dormoy.

Toutefois, Bourgeois, qui mena campagne, dans les colonnes du Centre-Matin, en faveur du « oui » au référendum de 1958, fut désigné par ses camarades pour être candidat aux élections législatives et fut élu député, au second tour. Mais après cette consécration, qui faisait de lui l’héritier logique du sénateur-maire de Montluçon, André Southon, Pierre Bourgeois, dont l’autoritarisme était jugé croissant au sein du conseil municipal, se trouva en butte aux attaques de ses adversaires et fut le seul candidat de la liste socialiste à être battu aux élections municipales de mars 1959. Et un nouvel échec aux élections cantonales de juin 1961 le rendit encore plus fragile face à son rival Jean Nègre, conseiller général et nouveau maire de Montluçon. Le 2 avril 1962, ce dernier fut désigné candidat de la SFIO aux élections législatives par 626 mandats contre 223 en faveur de Pierre Bourgeois. Celui-ci, député sortant, se présenta comme candidat dissident aux élections du mois de novembre et obtint 5,43 % des suffrages exprimés au premier tour, tandis que Jean Nègre était élu député au soir du second tour, le 25 novembre 1962.

Exclu de la SFIO, le docteur Bourgeois, victime d’une hémiplégie dans les années suivantes, mourut à Montluçon le 2 août 1992, dans l’oubli le plus complet, puisqu’il ne fut même pas sujet à une nécrologie dans le journal local. Marié, Pierre Bourgeois n’avait pas d’enfant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17581, notice BOURGEOIS Pierre par Fabien Conord, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 13 janvier 2022.

Par Fabien Conord

SOURCES : Arch. Dép., Allier, 46 J 11, 46 J 40. — Georges Rougeron, Les administrations départementales de l’Allier : Le conseil général, tome 3 : 1945-1958, Montluçon, Grande Imprimerie Nouvelle, 1967, 160 p. — Ordre des médecins de l’Allier.

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