PREVOST Jean-Isidor

Par Gilles Pichavant

Né vers 1801 à Barentin (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; ouvrier fileur à Déville-lès-Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; arrêté et poursuivi pour coalition d’ouvrier en 1830

En 1930, Jean-Isisor Prévost avait 29 ans et demeurait à Déville-lès-Rouen où il travaillait.

Fin août 1830 un immense mouvement social se déclencha dans les filatures du quartier Saint-Sever de Rouen, ainsi qu’à Sotteville-les-Rouen. Il s’étendit rapidement à toute l’agglomération. Les ouvriers voulaient profiter du fait qu’à Paris, les ouvriers avaient participé ardemment à la Révolution de 1830, pour obtenir des changements concrets dans leurs conditions de vie et de travail. Ils revendiquèrent donc la révision des règlements intérieurs des filatures, avec en particulier la suppression du système d’amendes. Ils revendiquèrent aussi la réduction du temps de travail sans perte de salaire, ainsi que des augmentations. D’après le Journal de Rouen, à cette époque, la durée du travail était de 16 heures 30, et pouvait atteindre les 17 heures ; les fileurs revendiquaient qu’elle soit limitée à 12 heures par jour.

Le mouvement s’étendit rapidement à Darnétal (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) — où, le 6 septembre, des heurts eurent lieu avec la Garde nationale — ainsi que dans les vallées du Cailly et de l’Austreberthe, à l’ouest de Rouen.

Le 9 septembre, un bataillon de la garde nationale de Rouen accompagné d’un détachement de cavalerie, fut dirigé dans la vallée de Déville, et la remonta jusqu’à Malaunay ; la cavalerie poussa jusqu’aux dernières usines de Montville. Le commandant de la Garde nationale, accompagné des autorités locales, entra systématiquement dans tous les établissements, et interrogea les ouvriers. Devant la menace de poursuites, les fileurs firent , d’une manière générale, “profil bas”. Mais ce ne fut pas le cas pour deux d’entr’eux, Jean-Isisor Prévost et Jean-Théodore Derivry*, qui furent arrêté, et conduit à Bicêtre, la prison de Rouen.

Accusé tous les deux de coalition, ils passèrent en jugement le 12 octobre suivant. Mais l’accusation manquait de preuves et de témoins, si bien que le tribunal constata, qu’« attendu que de l’instruction il ne résult[ait] pas à suffire pour faire aux nommés Derivry et Prévost, l’application de l’article 415 du code pénal ». Il prononça donc un non-lieu et décida qu’ils fussent « sur le champ mis en liberté, si pour d’autres cause ils ne sont détenus »

Pour la coalition du Faubourg Saint-Sever de Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), voir : Adonis Amourette, Dominique Labois, Alexandre Levézier, Théodore De Longmare, Alphonse Leloutre, Stanislas Loison, Jacques Revers ; pour celle de Barentin et Pavilly, voir : Louis Coeffier, Pierre Drély. Pour la Vallée du Cailly, voir Jean-Isidore Prévost. Pour Darnétal : Nicolas Halavent. Pour la répression d’un attroupement de Rouen, voir : Paul Caumont. Coalition d’enfants Narcisse Saint-Martin

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article175860, notice PREVOST Jean-Isidor par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 7 octobre 2015, dernière modification le 6 décembre 2018.

Par Gilles Pichavant

SOURCE : Arch. Dép. de Seine-Maritime, Greffe du tribunal correctionnel Rouen, jugements (du 5 avril 1829 au 24 octobre 1831), Cote 3U4-1320 — Journal de Rouen, du 28 août au 12 novembre 1830.

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