LAREPPE Jean, René, Pierre

Par Didier Bigorgne

Né le 9 novembre 1925 à Vireux-Molhain (Ardennes), mort le 3 juin 2005 à La Gaude (Alpes-Maritimes) ; ouvrier métallurgiste, puis commerçant ; syndicaliste CGT et militant communiste des Ardennes ; conseiller municipal de Nouzonville (1990-2001).

Fils d’un ouvrier mouleur et d’une mère au foyer, Jean Lareppe était le cadet d’une famille de trois enfants (deux filles et un garçon). Il fréquenta l’école primaire de Vireux-Molhain, puis celle de Nouzonville où il obtint le certificat d’études primaires en 1937, à la troisième place du canton. Il poursuivit ses études au cours complémentaire de Nouzonville.

Son père Pierre Lareppe, député-maire communiste de Nouzonville ayant été arrêté le 8 octobre 1939, déchu de ses mandats électoraux et détenu en prison, Jean Lareppe quitta le cours complémentaire. Afin de subvenir aux besoins de la famille sans ressource financière, il entra à l’usine Thomé-Cromback de Nouzonville, en qualité de manœuvre. En mai 1940, il évacua avec sa mère et ses sœurs à Azay-le-Brûlé, lieudit Cerzeau, dans le département des Deux-Sèvres. De retour à Nouzonville en 1942, il retrouva son emploi chez Thomé-Cromback.

Après la guerre, Jean Lareppe vécut une nouvelle épreuve difficile avec la séparation de ses parents. Il suivit alors les cours du soir et devint électricien d’entretien. Le 4 octobre 1947, à Nouzonville, il épousa Pascaline Tentori, fille d’immigrés italiens et coiffeuse de profession, qui lui donna une fille.

Jean Lareppe entra dans l’univers syndical en adhérent à la CGT. Secrétaire du syndicat des Métaux de Nouzonville et membre du comité des syndicats CGT de la métallurgie en 1948, il fut élu à la commission exécutive de l’UD-CGT des Ardennes le 23 avril 1949. Délégué syndical chez Thomé-Cromback, il fut licencié, avec Julien Masson* aussi délégué du personnel et du comité d’entreprise, le 23 novembre suivant. Jean Lareppe travailla alors avec son épouse et se déclara commerçant.

Militant de la Jeunesse communiste depuis 1944, Jean Lareppe adhéra au Parti communiste en 1945. Il occupa d’abord des responsabilités locales : secrétaire de cellule, membre du secrétariat, trésorier ou secrétaire de section, selon les années. Pendant les années 1950, il dut faire face à une situation compliquée au sein de la section de Nouzonville avec des militants désorientés par Pierre Lareppe qui affichait publiquement des désaccords avec son parti. Jean Lareppe combattit les positions de l’ancien député, suivit la politique de la direction fédérale et approuva l’exclusion de Pierre Lareppe en mai 1961.

Jean Lareppe fut ensuite, du 10 mai 1964 au 13 octobre 1974, membre du comité fédéral du Parti communiste des Ardennes et de la commission fédérale de contrôle qu’il présida à partir du 14 novembre 1971. Homme de conviction et de réflexion, militant fort attaché à la presse communiste dont il répétait l’importance dans le combat politique, il fut un lecteur assidu de L’Humanité et un grand diffuseur de L’Humanité-Dimanche.

A partir des élections municipales des 14-21 mars 1965, Jean Lareppe fut candidat à Nouzonville, sur une liste PCF jusqu’en 1977, puis sur une liste de gauche. A la suite de la démission d’une élue communiste en 1990, il entra au conseil municipal de Nouzonville. Le 11 juin 1995, il fut élu sur une liste conduite par le maire sortant divers gauche, Guy Istace. Il siégea au conseil municipal jusqu’en 2001.

Jean Lareppe, à la retraite depuis 1987, partagea son temps entre Nouzonville et La Gaude, avant de s’installer définitivement dans la commune des Alpes-Maritimes. A sa mort, il fut incinéré.

La fille de Jean Lareppe, Dominique Lareppe épouse Candille, journaliste à Antoinette, puis à L’Equipe, fut secrétaire nationale du syndicat des journalistes CGT (SNJ-CGT), puis secrétaire générale de 2007 à 2010.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article176052, notice LAREPPE Jean, René, Pierre par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 14 octobre 2015, dernière modification le 20 octobre 2015.

Par Didier Bigorgne

SOURCES : Arch. du comité national du PCF — Congrès de l’UD-CGT des Ardennes, 23 avril 1949 — Liberté, 3 décembre 1949 — Presse locale — Témoignage de l’intéressé complété par celui de son épouse.— Etat civil de Vireux-Molhain et de Nouzonville.

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