CHASSEROT André, Gabriel

Par Daniel Grason

Né le 10 novembre 1893 à Thiais (Seine, Val-de-Marne), tué le 21 août 1944 à Paris (XIIIe arr.) ; ouvrier verrier, chef de fabrication, comptable, gardien de la paix, inspecteur spécial ; FFI.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo.

Fils d’Émile Chasserot, employé de chemin de fer, et de Marie Genot, sans profession, André Chasserot demeurait avec ses parents dans sa ville natale au 5 rue Pierre Bigle. Il obtint à l’issue de l’école primaire le CEP à l’âge de onze ans et demi. Il concourut aux examens d’École supérieure de la Ville de Paris, dérocha une bourse pour entrer à l’école professionnelle Boulle. La mort subite de son père en juillet 1908 l’obligea pour des raisons pécuniaires à envisager un autre avenir professionnel. Parrainé par le chef de fabrication de la cristallerie Houdaille et Triquet 37 rue Sébastopol à Choisy-le-Roi (Seine, Val-de-Marne), il commença un apprentissage de verrier, puis exerça le métier.

Incorporé en novembre 1913 au 12e Régiment de Dragons à Toul (Meurthe-et-Moselle), il fut versé en avril 1914 en tant que soutien de famille au 22e Régiment à Reims (Marne). La Grande Guerre allait bouleverser son parcours militaire, il devint mitrailleur, combattit pendant quatre ans avec le 66e Régiment d’infanterie pendant trois ans et demi. La guerre le marqua durablement, dans sa biographie écrite en juin 1929, il écrivit : « Ce fut la guerre dans l’infanterie dans une division d’attaque, très dure oui, mais l’esprit de confiance et de dévouement était développé à un tel point, que l’on supportait tout, n’appréhendant rien, sachant que quoi qu’il arrive, il y avait toujours dix braves gars pour vous secourir, ou vous soulager ». Après la signature de l’armistice du 11 novembre 1918, il fit partie des troupes d’occupation en Allemagne, fut démobilisé le 31 août 1919. Il était décoré de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre avec quatre citations.

Démobilisé, il reprit son métier de verrier chez Houdaille et Triquet, il résida 39 rue Rollin-Régnier. En août 1922, il entra à la verrerie Muller frères maîtres verriers d’art à Croismare (Meurthe-et-Moselle), fut promu chef de fabrication, il y resta jusqu’en février 1925. Il travailla dans la même ville avec la même responsabilité chez le maître verrier Daum, y resta trois années. Marié depuis le 7 décembre 1918 avec Claire Espinasse à Paris en mairie du XIIIe arrondissement, père de trois enfants : Yvette née en 1919 à Paris (XIIIe), Pierre né en 1922 à Choisy-le-Roi, Jacqueline née en 1926 à Croismare, et Claire qui naîtra en 1931 à Choisy-le-Roi. André Chasserot décida en 1928 de revenir en région parisienne. Dès mars 1928, il travailla comme comptable sur machine à calculer Burroughs à la société des automobiles Delahaye au 4 rue du Banquier à Paris (XIIIe arr.), avec sa famille il habitait au n° 2. Il demeurait avec sa famille 79 rue d’Asnières à Courbevoie (Seine, Hauts-de-Seine). Il sollicita dès avril 1928 un emploi de gardien de la paix à la préfecture de police de Paris.

Il commença le 6 juin 1929 au commissariat du XIIIe arrondissement de Paris, il s’exprima sur les raisons de son choix pour le métier de gardien de la paix : « j’étais assuré d’y trouver des hommes gradés et collègues animés d’un esprit d’Ordre et de Discipline, chose rare maintenant dans les milieux ouvriers, et pour continuer à servir mon pays de mon mieux en faisant exécuter les ordres reçus et respecter les lois ». Dans l’exercice de ses fonctions, André Chasserot fut immédiatement très bien noté pour le sérieux de son activité et son « intelligence professionnelle » appréciée comme « excellente ».

Courageux lors d’interventions sur la voie publique, il encaissa à plusieurs reprises des coups. Toute sa carrière se déroula dans le XIIIe arrondissement, mais il se fixa en 1941 avec sa famille au 17 rue Edgar-Quinet à Thiais. Sous-brigadier en février 1937, il fut nommé Inspecteur spécial en mars 1943.

Avec deux autres inspecteurs de la Police judiciaire, il était chargé le 21 août 1944 d’une interpellation au 6ème étage du 134 bis rue de Tolbiac. L’homme à interpeller était présenté comme étant affilié à la Gestapo et son fils Yves, âgé de vingt-et-un ans était membre de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF). Les trois hommes partirent du commissariat de la rue de la Gare, se présentèrent au 6e étage, frappèrent à la porte, elle s’entrouvrit… un policier cria : « Les mains en l’air immédiatement ! Police française ! », Georges C… de C…, tira à plusieurs reprises… Les trois policiers se repliaient. Georges C… de C… ouvrit à nouveau sa porte et tira… André Chasserot s’effondra foudroyé… Le tireur se rendit, emmené au poste central du XIIIe arrondissement boulevard de l’Hôpital, après être sorti du véhicule de la police… il prit la fuite. Sommation, tir d’un policier… l’homme s’effondra.

L’inhumation d’André Chasserot eut lieu au cimetière de Thiais. Déclaré « Victime du devoir », nommé secrétaire de commissaire au 21 août 1944, il fut cité à l’Ordre de la Nation le 20 décembre 1944, décoré de la Légion d’Honneur le 3 janvier 1945 et de la médaille d’honneur de la police le 30 octobre 1947. Son nom figure sur la liste des policiers morts pour la Libération de Paris au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.). Le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France », et l’homologua FFI.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article176096, notice CHASSEROT André, Gabriel par Daniel Grason, version mise en ligne le 26 octobre 2015, dernière modification le 13 décembre 2021.

Par Daniel Grason

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo.

SOURCES : Arch. PPo. KC 8, JA 248. – SHD, Caen AC 21 P 42902. – Bureau Résistance : GR 16 P 122896. – Site internet GenWeb. — État civil en ligne cote 1MI 2488 2, vue 27.

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