SARRE André

Par Daniel Grason

Né le 12 mai 1914 à Saint-Léonard-de-Noblat arrondissement de Limoges (Haute-Vienne), mort de ses blessures le 25 août 1944 à Colombes (Seine, Hauts-de-Seine) ; vulcanisateur, gardien de la paix ; F.F.I.

Fils de Pierre Sarre et d’Anne, née Chabois, cultivateurs, André Sarre alla à l’école communale du Pont-de-Noblat dès l’âge de six ans, il obtint le CEP à treize ans, continua une année de cours à l’école supérieure. Il entra comme apprenti coupeur en chaussures à l’usine Granger-Pouret à Saint-Léonard, deux ans après il fut touché par le chômage. Il alla avec ses parents à Limoges, tous les trois devinrent domestiques dans une laiterie. Ce travail ne convenait pas à André Sarre, tous les trois rentrèrent à Saint-Léonard. Il travailla à la maison Gaucher comme vulcanisateur, un travail sur machine qui consistait à coller à chaud des pièces de caoutchouc. Il suivit dans le même temps des cours de préparation militaire, et décrocha le Brevet de préparation militaire.

Incorporé le 21 octobre 1935 au 501e Régiment de chars de combat à Tours (Indre-et-Loire), il suivit avec succès des cours de formation d’ouvrier-mécanicien, passa et réussit le permis moto, automobiles de tourisme et poids lourds. À la mi-janvier 1938, il était envoyé quarante jours à l’École supérieure d’éducation physique à Joinville (Seine, Val-de-Marne). Libéré le 1er octobre 1937, André Sarre avait conscience qu’il lui serait difficile de trouver du travail dans sa région en raison de la progression du chômage. Dès le 22 août 1937, il avait écrit au préfet de police de Paris pour solliciter un emploi de gardien de la paix, il confirma par une nouvelle lettre le 4 octobre.

Il débuta le 18 mars 1938 au commissariat de Colombes. Il habita au 358 rue de Nanterre, chez Martial Sarre, un parent qui exerçait la profession de boulanger. Il demeura ensuite au 51 rue Tilly. Il fut apprécié par ses supérieurs et bien noté : « vigoureux, assez cultivé, apte au commandement ». Dans l’exercice de son nouveau métier, il intervenait sur la voie publique. Il vécut avec Eugénie, une amie, une fille Berthe, naquit le 4 janvier 1944 à Nanterre, mais quelques mois plus tard, le 27 mai 1944, Eugénie ans fut tuée lors d’un bombardement allié.

Le 24 août 1944 vers 18 heures 45, André Sarre et trois collègues furent chargés de sillonner les rues de Colombes à bord d’une automobile en diffusant un appel relatif à l’usage du gaz d’éclairage. Deux soldats allemands armés de mousquetons juchés sur une motocyclette, passaient place de la République et se dirigeaient vers la gare. Les gardiens prirent en chasse les deux militaires avec l’intention de les capturer. À l’intersection des avenues de Gennevilliers et Lapy, le chauffeur de l’automobile réussit à coincer les deux soldats. L’un deux tira sur les gardiens qui ripostèrent aussitôt, l’échange de coups de feu dura une dizaine de minutes. André Sarre fut grièvement blessé de quatre balles de mousquetons, l’un des soldats réussit à s’enfuir sur la motocyclette, l’autre fut capturé.

Emmené dans une maison de santé de Colombes, un chirurgien l’opéra et constata que l’une des balles avait occasionné une grave déchirure aux intestins. André Sarre mourut le 25 août vers trois heures du matin. Il fut inhumé le 28 août dans le carré du cimetière ancien de Colombes.
Déclaré « Victime du devoir », André Sarre fut cité à l’Ordre de la Nation (JO, du 20 décembre 1944) et Chevalier de la Légion d’Honneur (JO, du 3 janvier 1945), et homologué F.F.I. L’enfant Berthe devint pupille de la Ville de Paris avec deux tuteurs dont le commissaire de Colombes. La Municipalité de Colombes donna à l’avenue de Gennevilliers le nom de L’Agent-Sarre. Son nom figure sur la liste des policiers morts pour la Libération de Paris au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article176122, notice SARRE André par Daniel Grason, version mise en ligne le 17 octobre 2015, dernière modification le 14 novembre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. KC 34. – Bureau Résistance : GR 16 P 536175. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. — Site internet GenWeb. — État civil.
PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo.

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