ROQUEFORT Pierre, Joseph

Par André Balent

Né le 13 novembre 1923 à Carcassonne (Aude), mort fusillé sommaire le 19 août 1944 à Roullens (Aude) ; domicilié à Conques-sur-Orbiel (Aude) ; résistant de l’Aude (maquis Armagnac, AS, de Trassanel)

Pierre Roquefort était le frère cadet de Félix Roquefort (1913-1982), militant ouvrier (CGT et SFIO) résistant de premier plan de l’Aude et de la R3 (MUR et Action ouvrière), futur député communiste de l’Aude. Son frère cadet Christophe, né en 1928, fut fusillé pour avoir participé aux activités du même maquis que ses frères et habitait Conques-sur-Orbiel, à proximité de la mine d’or de Salsigne où travaillaient plusieurs membres de sa famille.

Résistant, ayant intégré le « maquis Armagnac » de Trassanel et de Labastide-Esparbairenque (Aude), communes du Cabardès sur le flan méridional de la Montagne Noire (formation de l’AS dirigée par son beau-frère Antoine Armagnac). Le 4 août 1944, les forces allemandes passèrent à l’attaque avec des moyens considérables. Un combat inégal et décisif eut lieu le 8 août 1944. Capturé par les Allemands à proximité du village de Trassanel, il ne fut pas, pour des raisons inconnues abattu à cet en droit comme la plupart des autres prisonniers. Comme trois autres combattants du maquis Armagnac (Gilbert Bertrand, Jean Hiot, Léon Juste) il fut transféré à la maison d’arrêt de Carcassonne où il fut torturé. Après une séance de tortures, il n’a pas reconnu Alban Lannes, entrepreneur en maçonnerie à Caunes-Minervois (Aude) arrêté le 9 août, évitant à ce dernier le sort des otages suppliciés à Baudrigues (Roullens) le 19. Il fut extrait de cette prison le 19 août 1944 pour être conduit avec d’autres détenus au dépôt de munitions du château de Baudrigues (commune de Roullens, au sud de Carcassonne). Il y fut exécuté par fusillade avant que son corps, ainsi que ceux des autres suppliciés, ne fût déchiqueté par des explosions planifiées par les occupants sur le point de quitter la ville pour battre en retraite vers la vallée du Rhône. Son corps fut identifié par son frère Félix grâce à des morceaux de blouson.

Il fut inhumé au carré militaire de Conques-sur-Orbiel. Déclaré « mort pour la France », son nom figure sur l’une des trois stèles de la clairière du château de Baudrigues commémorant les fusillés sommaires du 19 août 1944 ; sur le monument commémoratif des victimes du combat de Trassanel, du maquis Armagnac, 8 août 1944 ; sur le monument aux morts de la Seconde Guerre mondiale de Conques-sur-Orbiel, sa commune de résidence ; sur la plaque commémorative (1914-1918 et 1939-1945) apposée dans la salle du conseil municipal de cette commune.

Après son identification, on omit de transcrire son acte de décès sur le registre de l’état civil de Roullens. Le jugement du 10 janvier 1962 rendu par le tribunal civil de Carcassonne ordonna que sa décision tînt désormais lieu d’acte d’état civil.

Voir Lieu d’exécution de Roullens (Aude), château et dépôt de munitions de Baudrigues. Un monument commémoratif rappelle aujourd’hui les événementsde Trassanel.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article176135, notice ROQUEFORT Pierre, Joseph par André Balent, version mise en ligne le 18 octobre 2015, dernière modification le 8 mai 2018.

Par André Balent

SOURCES : — Arch. dép. Aude, 3 J 2881, voir parmi les diverses pièces, le manuscrit d’André Biaud (s.d., peu après la fin de la guerre) : souvenirs de sa détention à Perpignan et à Carcassonne entre les 15 et 19 août 1944. — Jean-Louis H Bonnet, "La Libération de Carcassonne d’après les témoins (19 et 20 août 1944), Mémoires de l’Académie des Arts et sciences de Carcassonne, années 2012-2015, 6e série, tome IV, volume 55, pp. 139-177 [p. 153]. — Lucien Maury, La Résistance audoise (1940-1944), tome II, Carcassonne, Comité d’Histoire de le Résistance du département de l’Aude, 1980, pp. 296, 298, 302, 304, 344, 305. 344. 396. — Résistances et clandestinité dans l’Aude, catalogue de l’exposition réalisée aux Archives départementales de l’Aude (Carcassonne), édition PDF, Carcassonne, 2010, 22 p. [p. 17, p. 19]. — « Baudrigues, vision d’horreur », 14 août 2013, http://musiqueetpatrimoine.blogs.lindependant.com/archive/2013/08/14/20-aout-1944-baudrigues-vision-d-horreur-176357.html, Musique et patrimoine de Carcassonne, blog d’informations sur la culture, l’histoire et le patrimoine de Carcassonne, consulté le 6 mars 2014. — Memorial genweb (www.memorialgenweb.org/memor...), site consulté le 16 octobre 2015.

ICONOGRAPHIE, Maury, op. cit., p. 298.

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