VISSE Eugène, Alfred

Par Didier Bigorgne

Né le 9 février 1905 à Reims (Marne), mort le 19 avril 1984 à Sainte-Vaubourg (Ardennes) ; ouvrier charpentier, puis artisan ; déporté à Sachsenhausen-Oranienburg (Allemagne) ; militant communiste des Ardennes.

René Visse
René Visse

Eugène Visse fut déclaré et reconnu par son père Eugène Alexandre Visse, ouvrier fondeur, le 11 février 1905, et par sa mère Clémence Dantier, journalière, le 26 mai 1913. Après avoir obtenu le certificat d’études primaires, il fit son apprentissage de charpentier à la maison Ramier de Reims (1919-1922). Il exerça ensuite son métier de charpentier à l’entreprise Despagnat à Paris (1922-1923), puis chez Fransquin à Reims jusqu’au 30 avril 1925.

Le 10 mai 1925, Eugène Visse fut incorporé au 8ème régiment d’infanterie pour effectuer son service militaire. Il participa, avec le grade de sergent, à l’occupation des pays rhénans. Rendu à la vie civile le 31 octobre 1926, il travailla de nouveau chez Ramier.

Le 10 septembre 1927, à Attigny (Ardennes), Eugène Visse épousa Georgette Elisabeth Alexandrine Mercier, sans profession, qui lui donna trois enfants (deux filles et un garçon). Il fut embauché à la sucrerie d’Attigny le 15 avril 1929.

Eugène Visse adhéra au Parti communiste dans les années trente. Secrétaire de la cellule d’Attigny et de la section du Vouzinois, il représenta son parti aux élections des 10 et 17 octobre 1937, pour le Conseil d’arrondissement, dans le canton d’Attigny. Il obtint 149 voix sur 1423 inscrits et 1009 votants au premier tour.

Mobilisé en 1939 au 24ème régiment d’infanterie stationné à Fontenay-le-Comte (Vendée), Eugène Visse combattit les Allemands. Il fut fait prisonnier en juin 1940 et resta en captivité dans un camp en Autriche jusqu’au 8 juillet 1941. Démobilisé le 11 août suivant, il rentra à Attigny.

Le 19 octobre 1941, Eugène Visse fut arrêté (le même jour que sept autres militants communistes des Ardennes) par la police allemande. Ecroué à la prison de Charleville, il fut ensuite interné au camp de Royallieu à Compiègne (Oise). D’après un cahier d’écolier, il livra des souvenirs d’internement qui commençaient par ses mots : « Après treize mois de captivité, je pensais pouvoir élever mes gosses tranquillement, la méchanceté des hommes en a décidé autrement et me voici de nouveau entre des barbelés, je ne suis plus un homme mais un matricule, non plus un prisonnier de guerre mais un interné ». Déporté au camp de Sachsenhausen-Oranienburg (Allemagne) le 23 janvier 1943, il fut libéré le 1er juin 1945.

De retour à Attigny, Eugène Visse retrouva son emploi à la sucrerie avant de s’installer à son compte, en qualité d’artisan charpentier, le 1er mai 1946. Il reprit aussi son activité militante au Parti communiste. Il resta l’âme du parti à Attigny et sa région et devint son candidat emblématique à chaque élection pour le Conseil général dans le canton d’Attigny. A l’exception du scrutin des 7-14 octobre 1951 où il obtint 269 voix sur 1807 votants, puis 203 voix sur 1917 votants au second tour, il échoua régulièrement au premier tour pendant une trentaine d’années, de 1945 à 1976. Il réalisa son meilleur score le 23 septembre 1945 en recueillant 407 voix (22% des suffrages exprimés). Aux scrutins qui suivirent, ses scores oscillèrent entre 10 et 16% des suffrages exprimés.

Eugène Visse s’engagea dans des organisations nées de la guerre 1939-1945. Il fut membre de la section des Ardennes de la FNDIRP (Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes). Il présida aussi la section d’Attigny des anciens combattants prisonniers de guerre.

La fille cadette d’Eugène Visse, Lucette Visse née le 25 février 1939 à Rethel (Ardennes), secrétaire d’intendance, représenta à son tour le Parti communiste, aux élections des 14-21 mars 1982, pour le Conseil général, dans le canton d’Attigny. Elle obtint 124 voix sur 2548 inscrits et 2048 votants au premier tour. La fille aînée, Josette Lambot-Visse, institutrice de profession, fut aussi la candidate du Parti communiste dans le canton de Rethel : elle y réunit 470 voix sur 9585 inscrits et 5957 votants le 14 mars 1985. Quant au fils René Visse, il fut secrétaire fédéral du PCF des Ardennes (1965-1978, puis 1985-1990), député des Ardennes (1978-1981), conseiller général (1977-2004), et conseiller régional de Champagne-Ardenne (1978-1981, puis 1986-2004).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article176144, notice VISSE Eugène, Alfred par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 6 décembre 2015, dernière modification le 4 janvier 2016.

Par Didier Bigorgne

René Visse
René Visse
Eugène Visse et son fils René
Eugène Visse et son fils René

SOURCES : Arch. Dép. Ardennes, 1W42-55 — Presse communiste et presse locale — Le Déporté des Ardennes, n°20, mars 2014 — Renseignements communiqués par René Visse, fils de l’intéressé — État civil de Reims

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