BOURSIER Roger

Par Jacques Girault

Né le 27 septembre 1925 à Saint-Ségal (Finistère), mort le 16 juillet 2012 à Nevers (Nièvre) ; instituteur dans la Nièvre ; militant du SNI ; militant du PCF ; adjoint au maire de Varennes-Vauzelles (Nièvre).

Son père, mobilisé (1er RTA, 134e RI), gazé le 28 janvier 1917, invalide de guerre, tuberculeux, devenu gardien de la paix, réformé en 1926, était marié avec une employée de commerce, puis salariée à la poudrerie de Pont-de-Buis (Finistère) qui, tuberculeuse, décéda en 1929. Roger Boursier suivit une scolarité partagée entre Châteaulin (Finistère) et Nevers, chez son père et chez ses grands-parents. Presque toujours interne, boursier, il entra à l’École normale d’instituteurs de Nevers, transférée à Auxerre (Yonne).

Il adhéra aux Jeunesses communistes en décembre 1944, puis au Parti communiste français. Membre du « cercle Fabien » de l’Union de la Jeunesse républicaine, il milita, à Auxerre, avec Jean Cordillot et Guy Lavrat. Il était membre de la cellule Politzer de l’ENI, de la section d’Auxerre du PCF et du cercle « Yves Cogoï de l’UJRF.

À la rentrée de 1947, affecté pour son premier poste, à l’école du hameau de l’Hâte-au-Sergent, commune de St-Brisson (Nièvre) dans le Morvan, il n’y resta que quelques jours. Rappelé par l’inspecteur, envoyé à La Machine, quatrième ville de la Nièvre, dont la Houillère venait d’être nationalisée, il enseigna jusqu’en 1951 dans les anciennes écoles Schneider également passées sous contrôle de l’État.

Roger Boursier se maria en janvier 1948 à Nevers avec une institutrice, fille d’un inspecteur des postes. Le couple eut trois enfants.

Militant de la FEN-CGT, membre du conseil syndical de la CGT de la Nièvre en 1949, il devint secrétaire départemental de la FEN-CGT de 1951 à 1953, avec A. Blondelet. Il s’occupa plus particulièrement du bulletin d’information de la section. À La Machine, il milita avec Jean Jeandot, qui dirigea la grève des mineurs en 1948 et devint secrétaire de l’UD-CGT de la Nièvre de 1953 à 1965 avant d’être sévèrement écarté l’année suivante.

En 1951, Roger Boursier obtint une mutation pour Alluy, petit bourg rural du Bazois où il resta jusqu’en 1964. Il participa avec Alfred Sorel à la fondation de la tendance « Unité et action » du SNI après que la direction du PCF eut décidé de mettre fin à la double appartenance (CGT et SNI) et demandé à ses militants d’entrer au SNI. Responsable d’« Unité et Action » dans la Nièvre, il participa pendant de nombreuses années aux affrontements de tendances internes au SNI où le dirigeant « majoritaire » était Jean Battut, secrétaire départemental du SNI de 1963 à 1969.

Jusqu’en 1958 il fut affecté à la cellule du PCF de la gare de Nevers. En 1958, Jules Legrain qui avait participé aux maquis FTP de Dordogne, de l’Indre, et avait été membre du Comité de Libération de Châteauroux, puis dirigeant de la CGT des tabacs, vint prendre sa retraite à Alluy. Une cellule du PCF fut créée dont Roger Boursier devint le trésorier. Il fut très actif dans le combat laïque particulièrement dur dans ce département, et localement puisque le village comptait une école libre, qui au bout du compte ferma. Il milita activement également avec sa cellule contre la guerre d’Algérie sur une ligne anticolonialiste. Par ailleurs, il s’engagea fortement dans les activités liées au métier d’instituteur : voyages scolaires, fête des écoles, cinéma UFOLEIS (Union française des œuvres laïques par l’image et le son), amicale d’anciens élèves, etc…

En 1964, le PCF le présenta comme candidat aux élections des 8 et 15 mars 1964 au conseil général dans le canton de Châtillon-en-Bazois, où il obtint 14,24% des voix. S’affrontaient le vétérinaire Dioux, Droite (34,99%) et le docteur Dubois, UDSR mitterrandiste, conseiller sortant (40,06%), le socialiste Clerc totalisant 9,39%. Dubois l’emporta au deuxième tour.

En 1964, Roger Boursier obtient une mutation pour Gimouille, commune proche de Nevers. Un de ses successeurs à Alluy fut Eugène Teisseire*, également militant de la tendance « Unité et action », futur maire PS du village de 1983 à 2008, conseiller général et député.

En 1968, Roger Boursier devint directeur du groupe scolaire Paul Langevin à Varennes-Vauzelles, cité cheminote, fief du PCF dans la Nièvre. Il occupa cette fonction jusqu’à sa retraite en 1980. Il s’impliqua dans la politique municipale, alors conduite par Camille Dagonneau, maire issu de la Libération, de 1944 à 1975, puis par Henri Marsaudon, cheminot, secrétaire de la section PCF de Vauzelles, de 1975 à 1991, et ensuite par André Périnaud, envoyé par la direction du PCF dans la Nièvre comme secrétaire fédéral pour régler des difficultés internes à la direction fédérale.

Roger Boursier, élu en 1971, adjoint au maire Camille Dagonneau, devint premier adjoint avec son successeur Henri Marsaudon jusqu’en 1977, puis encore adjoint avec André Périnaud jusqu’en 1995. Il occupa différentes responsabilités au long de ses mandats successifs : personnel, bâtiments communaux, sport. Il s’impliqua beaucoup dans certains dossiers touchant à la jeunesse et aux sports : la piscine municipale René Rousseau, le gymnase Baquet, et l’étang-base de loisirs de Niffonds.

Jean-Pierre Harris, un des élus mitterrandistes de la Nièvre le présentait dans ses mémoires comme « un enseignant du PCF, spontanéiste au verbe coloré et incisif ». Roger Boursier, cadre du PCF chez les instituteurs, s’investit progressivement dans la politique municipale. Concernant la politique du PCF, il était toujours à la recherche d’informations sur les questions en débat : sur l’Algérie et le soutien au FLN, sur la Chine, sur Roger Garaudy, sur l’alliance avec François Mitterrand, traduisant ses propres interrogations.

Responsable syndicaliste enseignant, il fut également un représentant du communisme municipal qui a permis au PCF de consolider son implantation dans des bastions comme Varennes-Vauzelles, de constituer un électorat avec une politique sociale et de montrer ses capacités à gérer la cité.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17639, notice BOURSIER Roger par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 17 octobre 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Sources familiales et orales.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément