LE PECQ Bernard, Michel, Aubert

Par Jean-Pierre Besse, Dominique Tantin

Né le 27 juillet 1914 à Laval (Mayenne), abattu le 18 octobre 1943 à Paris (XVIe arr.) ; négociant ; pilote de chasse ; résistant du réseau Marathon-Ronsard (BCRA-FFC).

Bernard Le Pecq
Bernard Le Pecq
Crédit : Laval et son histoire de J-C Gruau,

Bernard Le Pecq naquit à Laval dans une famille bourgeoise d’origine bretonne, Michel et Marie Le Pecq. Son père était négociant en chiffons, plumes et ferrailles. Il avait deux sœurs, Andrée, son aînée de quatre ans, et Françoise, née en 1921.
Bernard Le Pecq fut un bon élève, doué pour les langues. Après avoir étudié au collège de l’Immaculée Conception à Laval, il obtint le baccalauréat à Paris et poursuivit ses études à Oxford (1931-1932) puis à Vienne (1932-1933). Sportif, il pratiqua ski, judo, natation, tennis. Il fréquenta les stations balnéaires huppées de La Baule et Dinard. Il se passionna pour l’aviation et obtint son brevet de pilote en 1933. Il effectua de nombreux vols dans l’hexagone aux commandes d’avions de tourisme, et participa à des raids à l’étranger, notamment jusqu’au Caire. En 1934-1935, il effectua donc son service militaire à la base aérienne d’Istres et il sortit breveté militaire le 12 mars 1935, premier de sa promotion et sergent de réserve. Il retrouva la vie civile en octobre 1935. En 1938, il épousa Ginette Lévy, de père juif et de mère catholique. Le couple s’installa à Laval, rue Félix-Faure, près des parents de Bernard qui travailla avec son père.
Il poursuivit sa formation de pilote. En 1937, il obtint son brevet de pilote de transport civil. Suivant un entrainement à Villacoublay, il remporta en juillet 1939 le concours des pilotes de réserve, et réussit le 21 août 1939 le certificat d’aptitude au commandement. Il fut mobilisé le 26 août et affecté au groupe de chasse III/10. En mai-juin 1940, il abattit trois avions allemands, ce qui lui valut trois citations à l’ordre de l’armée et la Croix de Guerre avec palmes. Son groupe se replia en Afrique du Nord où Bernard entendit l’appel du 18 juin. Il fut démobilisé le 29 juillet 1940 et regagna Laval.
En mars 1942, Bernard Le Pecq s’engagea dans la Résistance et il devint responsable régional d’un réseau du BCRA, Marathon-Ronsard (pseudo Chinchilla 66). Son activité de négociant lui procurait une couverture pour circuler dans l’ouest. Seule Françoise, sa sœur cadette, également résistante, était informée de cet engagement, avec pour mission d’avertir le réseau en cas d’arrestation.
Ses responsabilités le conduisirent à Londres où il fut reçu par le général de Gaulle et le colonel Passy, chef du BCRA. On lui proposa de rester en Angleterre et d’intégrer une escadrille des FAFL. Il donna son accord de principe mais souhaita revenir en France pour préparer sa succession à la tête du réseau. Alors qu’il devait repartir à Londres comme pilote avant la fin de l’année, il fut arrêté sur dénonciation le 15 octobre 1943 par les Allemands à son domicile avec sa femme, sous les yeux de sa sœur Françoise qui s’acquitta de sa mission.
Bernard et Ginette Le Pecq furent emmenés à Paris dans des locaux de la Sipo-SD avenue Henri-Martin. Après avoir été confronté au délateur, Bernard Le Pecq fut enfermé avec un gardien. Le 18 octobre, lors de la relève, il parvint à se débarrasser des gardiens, sortir de l’immeuble et courir vers le boulevard Suchet. Mais il fut vite stoppé par un coup de revolver. Fut-il achevé ou eut-il le temps d’avaler sa capsule de cyanure ?
En 1947, sa dépouille fut transférée à Laval. Déclaré Mort pour la France, Bernard Le Pecq reçut la médaille de Résistance à titre posthume et fut promu au grade de capitaine. Une rue de Laval porte son nom. Mais à notre grande surprise, nous n’avons pas trouvé son nom sur un monument, à Laval ou ailleurs. Les relevés consultés sont peut-être incomplets.
Nous ignorons le sort qui fut réservé à son épouse. Sa soeur aînée, Andrée Le Pecq (1910-1973) épousa l’avocat Jacques Bordeaux de Noyant (officier de cavalerie, prisonnier en 1940-1945, et soumis à des expériences médicales par les nazis), et devint une artiste reconnue, peintre, graveur et cartonnier de tapisseries. Françoise échappa à la répression et épousa le comte Stanislas de Villèle qui fit une carrière diplomatique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article176484, notice LE PECQ Bernard, Michel, Aubert par Jean-Pierre Besse, Dominique Tantin , version mise en ligne le 4 novembre 2015, dernière modification le 17 novembre 2020.

Par Jean-Pierre Besse, Dominique Tantin

Laval et son histoire de J-C Gruau, "> Bernard Le Pecq
Bernard Le Pecq
Crédit : Laval et son histoire de J-C Gruau,

SOURCES : Service historique de la Défense, AVCC-Caen, AC 21 P 78785 et Vincennes GR 16 P 363628-GR 28 P 4 158 13 (à consulter). — Mémoire des Hommes. — Dans l’attente des dossiers du SHD, nous avons fondé cette notice biographique principalement sur les pages consacrées à Bernard Le Pecq par le site Internet Laval et son histoire de J-C Gruau, ancien rédacteur en chef de Laval-Infos (1995-2008). — Il existe aussi une notice Wikipédia relative à Bernard Le Pecq. — Son camarade de guerre Christian Mazo lui a consacré un dossier dans la revue Icare n° 153, 1995, sous le titre Un grand résistant de l’armée de l’air, le capitaine Bernard Le Pecq. — Notes Jean-Pierre Besse.— Michel Desrues, Magali Even,Mémorial de la Mayenne 1940-1945. Fusillés, massacrés morts aux combats de la Libération, Direction départementale de l’ONACVG de la Mayenne, 2001.

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