BAUGUEN Marcel, Jean

Par Guillaume Bourgeois

Né le 8 avril 1906 à Port-Launay (Finistère), mort le 24 avril 1984 à Quimper (Finistère) ; membre du service radio du Parti communiste clandestin.

Fils d’un officier marinier de la Marine nationale, Marcel Bauguen remplit de nombreuses fonctions au sein de la marine de commerce et il exerçait en 1939 le métier de radiotélégraphiste à bord. Breveté officier radio militaire, il était apte à exercer les fonctions de chef de poste radio avec le grade de quartier maître. De sa carrière politique antérieure à la guerre, on sait qu’il était syndiqué à la CGT et proche du Parti communiste.

Requis sur un chalutier, primitivement rattaché au port de Boulogne-sur-Mer, il mouillait à Royan en juin 1940 quand il décida l’équipage du « Wagram » à forcer le blocus et à rallier les forces françaises en Angleterre ; le navire en fut empêché par un tir de barrage de l’artillerie côtière allemande. Revenu à la vie civile, il s’installa dans la région marseillaise où il épousa Andréa-Marie Paume, le 9 octobre 1941, et travailla notamment pour la Petrofina française, jusqu’au 21 décembre 1942. Le mois précédent, son ami Marcel Rolland, militant cégétiste originaire de Boulogne-sur-Mer et l’un des dirigeants de l’appareil clandestin du PCF, lui avait demandé de prendre en charge l’instruction et la formation avancée des élèves de son service radio. Marcel Bauguen se rendit à Valence (Drôme) afin de rencontrer le grand responsable de ce service, Fernand Pauriol, spécialement venu de Paris, au début de l’année 1943. Il reçut le pseudonyme de « Jean » et, comme agent de liaison un jeune homme qu’il nomma dans certains documents « Louis », dans d’autres « Michel ». Après avoir assuré à partir de mars 1943 la formation de ses élèves, par groupe de deux, à la manipulation des postes émetteurs et récepteurs, Marcel Bauguen fut arrêté le 17 septembre 1943, à son domicile de Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône) par les policiers du Sonderkommando Rote Kapelle. Transféré en région parisienne, emprisonné à Fresnes, il fut mis au secret et enchainé jour et nuit, puis jugé au début du mois de mai 1943 avec les hommes et les femmes de son service et condamné à dix ans de travaux forcés.

Déporté le 22 mai à Sonnenburg puis à Oranienburg-Sachsenhausen où il fut affecté au Kommando Heinkel, matricule 117.307. Il fut libéré à Schwering, puis rapatrié par avion en France le 28 mai 1945. Souffrant d’une grave tuberculose pulmonaire bilatérale et des coups de bâton qu’il avait reçus lors de l’évacuation du camp, il partit en convalescence au sanatorium de Clairvivre, près de Salignac (Dordogne) où il se trouvait encore en 1953. Marcel Bauguen reprit officiellement contact avec le PCF par une lettre adressée à son siège parisien, le 21 janvier 1946. Il y faisait état de ses responsabilités au sein du service radio ; son dossier, d’abord traité par Jean Chaumeil et Raymond Guyot, est l’un des éléments clefs de l’enquête diligentée par Pierre Martin au titre de la Commission centrale de contrôle du PCF. Il en ressortit au mois de juin 1946 que Marcel Bauguen avait été trahi par son agent de liaison dont les enquêteurs affirmèrent qu’il était « Vayssairat [Georges], ex-Louis, et non Madigou Roland, ex-Michel ». L’affaire s’inscrivait dans un cadre beaucoup plus large incluant la chute de Fernand Pauriol, survenue le 13 août 1943. Son activité résistante valut à Marcel Bauguen d’être pensionné à 100 % et reconnu comme sergent FFI. Divorcé d’Andréa-Marie Paume, il épousa, le 26 octobre 1955, à Port-Launay, Marie-Catherine L’Haridon, native de cette localité. Marcel Bauguen est décédé le 24 avril 1984, au centre hospitalier de Quimper (Finistère).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article176510, notice BAUGUEN Marcel, Jean par Guillaume Bourgeois, version mise en ligne le 4 novembre 2015, dernière modification le 9 juillet 2021.

Par Guillaume Bourgeois

SOURCES : Actes de naissance de mariage et de décès. — Arch. comité national du PCF, 16 P + dossier Marcel Bauguen in dossier radio. — Guillaume Bourgeois, La véritable histoire de l’Orchestre rouge, Paris, Nouveau Monde, 1989, 581 p., ISBN 978-2-36942-067-6 (index des personnages).

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