BORENSZTEJN ou BORENSTEIN Szulin, Julien,

Par Dominique Tantin

Né le 22 décembre 1894 à Plock (Pologne), massacré le 31 mars 1944 à Saint-Rabier (Dordogne) ; marchand ambulant ; victime civile d’origine juive.

Juif polonais, Szulin Borensztejn avait épousé Laja (née Grajcer, le 8 octobre 1895 à Varsovie), et le couple avait eu deux filles, toutes deux nées à Varsovie, Golda, le 28 janvier 1917, et Jochwet Jeannette Borensztejn, née le 2 octobre 1918. Entré en France le 4 octobre 1926, rejoint par son épouse et ses enfants en mars 1928, Szulin Julien Borensztejn était marchand ambulant en bonneterie et lingerie. Installée à Strasbourg, la famille se réfugia pendant la guerre à La Bachellerie, la Dordogne étant le département de repli du Bas-Rhin.

Les 30 et 31 mars 1944, à La Bachellerie et dans les communes environnantes parmi lesquelles celles d’Azerat et de Saint-Rabier, 22 hommes et une femme, dont 15 juifs, parmi lesquels Julien Borensztejn, furent massacrés par les hommes de la division Brehmer (325e division de sécurité), tandis que 33 juifs, femmes et enfants, furent arrêtés et déportés.

Szulin Borensztejn aurait été absent le 30 mars lors du début du massacre. À son retour de voyage, il trouva son logis saccagé et il apprit l’arrestation de sa femme et de ses deux filles. Désespéré, il se livra aux Allemands. Ces derniers l’exécutèrent « au-dessus de la gare [de La Bachellerie], au lieu-dit les Champagnes, sur le territoire de la commune de Saint-Rabier. » (Voir sources : Guy Penaud, p. 215).

Emmenés à Périgueux, les Juifs victimes de la rafle furent transférés à Drancy le 4 avril puis déportés à Auschwitz-Birkenau par le convoi 71 le 13 avril 1944. Une déportation sans retour pour Laja Borensztejn, mais Golda et Jeannette survécurent.

Les crimes de la division Brehmer témoignent de la forte idéologisation de l’action contre les « bandes » identifiées à l’ennemi fantasmé des nazis : le judéobolchevisme.

Voir : Lieu de massacre : La Bachellerie et ses environs (Dordogne), 30-31 mars 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article176629, notice BORENSZTEJN ou BORENSTEIN Szulin, Julien, par Dominique Tantin, version mise en ligne le 9 novembre 2015, dernière modification le 17 décembre 2020.

Par Dominique Tantin

SOURCES :
Guy Penaud, Les crimes de la division Brehmer, Périgueux, 2004, Éditions La Lauze, p. 211-217 ; 404. [Arch. Dép. Dordogne, 1 W 1901 et 14 J 45] — Bernard Reviriego, Les Juifs en Dordogne, 1939-1944, Périgueux, Editions FANLAC et Archives départementales de la Dordogne, 2003, p. 229-232 ; 243-245. — Paul Grelière, La commune de La Bachellerie pendant l’Occupation allemande, 1944, récit daté du 29 septembre 1944, Archives du Centre de Documentation juive contemporaine (CDJC), document XI°-35. Ce document est référencé in Bernard Reviriego, op. cit., p. 244, note 471 : relations de 21 pages datée du 29 septembre 1944, non signée, Arch. Dép. de Dordogne, 1573 W 8. — Jean-Marc Parisis, Les inoubliables, récit, Paris, Flammarion, 2014.
Internet (pages consultées le 29/10-2015) :
judaisme.sdv.fr. On peut y consulter le "Rapport de Gendarmerie de La Bachellerie, du 9 novembre 1944 » qui relate avec précision le massacre du 30 mars 1944.
judaisme.sdv.fr/histoire
visites.aquitaine.fr/memorial-des-juifs-deportes
labachellerie-perigord.fr

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