BOUTILLIER Germain, Charles, Jules

Par Michaël Attali, Guilhem Véziers

Né le 9 mars 1919 à Mantes-la-Jolie (Seine-et-Oise), mort le 29 mars 2008 à Neufchâtel-Hardelot (Pas-de-Calais) ; instituteur puis professeur d’éducation physique ; militant syndicaliste, secrétaire général du SNPEP (mai 1952-novembre 1956) puis militant du SNEP et de la FEN.

Germain Boutillier devint professeur d’éducation physique au milieu des années 1930.

Membre fondateur du Syndicat national des professeurs d’éducation physique en décembre 1944, il fut entre décembre 1946 et mai 1952 gérant du bulletin syndical et secrétaire corporatif adjoint tout en étant secrétaire académique de Paris. Élu en mai 1952 secrétaire général, jusqu’en avril 1958, il occupa ensuite les fonctions de secrétaire général adjoint puis abandonna toute responsabilité syndicale nationale.

Si la tendance autonome ne prit, dans le syndicat, une forme officielle qu’à partir de 1956, Germain Boutillier inscrivit son action dans une optique réformiste en continuité avec celle du bureau de la Fédération de l’Éducation nationale. Durant son mandat, il refusa toute manifestation de protestation spécifique aux enseignants d’EPS et aligna systématiquement le SNPEP sur les positions de la FEN. Il prit une part active dans les actions de défense de la laïcité et rattacha les positions du SNPEP à celles du Comité national d’action laïque.

Favorable au compromis et à la négociation, il multiplia les signes de bonne volonté envers la tendance d’Union en voie de constitution au début des années 1950. Son autorité fut fragilisée lors du congrès 1953 où le rapport d’activité ne fut approuvé que par 52,2% des suffrages (alors que jusqu’entre 1949 et 1951 il dépassait les 90% et en 1952, atteignait 73,4%). Malgré la multiplication des conflits avec Jean Guimier (dirigeant de la liste d’Union), et les désaccords des membres de sa tendance, parmi eux de Philippe Néaumet, en 1966, il engagea les syndiqués à voter contre le rapport moral présenté par la majorité dirigeante « autonome » du syndicat. Ils critiquaient notamment "le manque de démocratie", le caractère unilatéral de l’information transmise par le bulletin et le « bureau ultra autoritaire actuel. » En outre, ils considéraient que ses "anciens » amis avaient fait preuve d’ostracisme à l’encontre des membres de la Tendance du Manifeste et de son leader Jacques Personne*. Mais sa fidélité à l’orientation réformiste demeura intacte.

Si son engagement pédagogique resta modéré, il fut favorable à une éducation physique privilégiant le développement physique assimilé à une éducation physique de base et à un éclectisme de contenu, ne faisant pas du sport l’objet exclusif de l’enseignement scolaire. Il critiqua en particulier son introduction massive durant les années 1960 qui, selon lui, n’était pas assez contrôlée. Elle était en contradiction avec la distinction à établir avec les pratiques civiles et avec l’obtention pour les enseignants d’EPS d’un statut équivalent à celui des autres enseignants. La place de l’EPS au ministère de l’Éducation nationale constitua ainsi le fil directeur de son activité de militant et d’enseignant.

Membre suppléant de la commission administrative nationale de la FEN de 1950 à 1955, Germain Boutillier était aussi le secrétaire de la section FEN de la Seine-et-Oise en 1953. Il habitait alors Viroflay et était professeur à l’École normale supérieure de Saint-Cloud.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17669, notice BOUTILLIER Germain, Charles, Jules par Michaël Attali, Guilhem Véziers, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 2 mai 2022.

Par Michaël Attali, Guilhem Véziers

SOURCES : Renseignements fournis par la mairie de Viroflay à Jacques Girault. — Bulletins du SNPEP puis du SNEP. — Michaël Attali, Le syndicalisme des enseignants d’éducation physique, L’Harmattan, 2004. — Guilhem Véziers, Histoire du syndicalisme des professeurs d’éducation physique entre 1880 et 2002. Un militantisme corporatif, pédagogique et politique, thèse, 2004.

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