WATERKOTTE Édouard Guillaume

Par Léon Strauss

Né le 11 mars 1888 à Wissembourg (Basse-Alsace annexée), mort le 2 janvier 1975 à Colmar (Haut-Rhin) ; employé, puis directeur de sanatorium, puis employé de presse dans le Haut-Rhin ; militant socialiste SFIO, syndicaliste CGT, puis FO ; conseiller général du Haut-Rhin de 1931 à 1934 ; secrétaire général de l’UD CGT-FO du Haut-Rhin de 1951 à 1954, délégué départemental de « Paix et Liberté ».

Édouard Waterkotte <à sa naissance Waterkortte Eduard Wilhelm, nom de famille modifiés par arrêt du tribunal de Wissembourg en 1919> était le fils de Johannn Joseph Waterkortte, typographe d’origine allemande et de religion catholique, et de Sophie Eberlin, alsacienne et protestante. Ses parents s’établirent à Strasbourg (Basse-Alsace) en 1895. De 1904 à 1910, le jeune homme séjourna à Paris. Après avoir accompli son service militaire dans l’armée allemande, il devint gérant d’une succursale de la Ligue pour la diffusion de la langue internationale « Ido », concurrente de l’espéranto, dont le siège était à Karlsruhe (Bade, Allemagne). Il fut vraisemblablement mobilisé dans l’armée allemande de 1914 à 1918. Après l’armistice de novembre 1918, il occupa un emploi de secrétaire à l’Union départementale des syndicats CGT du Bas-Rhin. Le 17 juillet 1920, au congrès des Jeunesses socialistes d’Alsace et de Lorraine, il fut l’un des rares participants à s’opposer à l’autonomie par rapport à la SFIO et à l’adhésion immédiate à la Troisième Internationale. Il quitta Strasbourg le 2 juillet 1922 pour Mulhouse (Haut-Rhin), où il était délégué de la « Société idiste française ». Le 7 décembre 1925 , il fut élu président départemental du Haut-Rhin de l’Union ouvrière de gymnastique d’Alsace et de Lorraine. Devenu propriétaire et directeur d’un sanatorium à Aubure (Haut-Rhin), il fut, après la démission d’Alphonse Rieth*, conseiller général socialiste SFIO du canton de Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin) à partir d’octobre 1931 , mais il fut battu en 1934 par l’industriel - député de droite, Burrus . En octobre 1930, il avait fondé avec un certain Aimé Mulhaupt à Strasbourg, les Établissements Argus, société en nom collectif au capital de 10 000 francs, dont le siège fut transféré peu après à Ostwald (Bas-Rhin). Selon le commissaire spécial, cette firme « qui évitait de se montrer au grand jour » présentait « un caractère suspect » . À deux reprises, son parti le présenta, sans succès, au premier tour des élections législatives dans l’arrondissement de Ribeauvillé (Haut-Rhin) : en 1932 , il obtint 16% et en 1936 13,6% des suffrages exprimés. Il fut l’un des délégués de la fédération du Haut-Rhin au 33e congrès de la SFIO à Paris en 1936. Il vécut de 1940 à 1945 hors de l’Alsace annexée de fait. Son établissement d’Aubure, placé sous séquestre par l’administration nazie, avait été gravement endommagé pendant les combats de la Libération. À son retour d’exil, il n’en reprit pas l’exploitation et entra au service du quotidien socialiste de Mulhouse, Le Républicain du Haut-Rhin. Il figura sur la liste SFIO du Haut-Rhin aux élections aux deux Assemblées constituantes en octobre 1945 (5e) et en juin 1946 (5e) et à l’élection législative d’octobre 1956 (5e). Après la disparition du journal socialiste en 1960, il dirigea le service de prospection du bureau de Colmar du quotidien L’Alsace. Il continu à militer à la SFIO. Fidèle à son anticommunisme, il fut aussi délégué départemental de « Paix et Liberté ». Il aurait été un certain temps permanent du syndicat FO de Travailleurs de l’Alimentation avant de succéder en 1951 à René Jaeglé comme secrétaire général de l’Union départementale des syndicats CGT-FO du Haut-Rhin , fonction qu’il conserva jusqu’à l’élection d’Antoine Faesch* en 1954. Marié, Édouard Waterkotte eut trois fils.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article176690, notice WATERKOTTE Édouard Guillaume par Léon Strauss, version mise en ligne le 15 novembre 2015, dernière modification le 15 novembre 2015.

Par Léon Strauss

Sources : EC Wissembourg - DBMOF –Arch. Nat. : F7 13402 – Arch. dép. Bas-Rhin : 98 AL 672 – Journal d’Alsace et de Lorraine, Strasbourg, 5 novembre 1924 – Force Ouvrière , 1er mars 1951, 26 mars 1952, 11 juin 1953 – Compte-rendu du Congrès confédéral de FO en 1952 - L’Alsace, édition de Colmar, 4 janvier 1974 – Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, p.4100 – Souvenirs personnels de Léon Strauss – Notes de Louis Botella – Informations transmises en octobre 2011 par Jacques Rimeize, secrétaire général de l’UD FO du Haut-Rhin.

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