BOUVET Auguste

Par Claude Pennetier

Né le 1er janvier 1936 en Mayenne ; ajusteur ; auteur d’un récit autobiographique : Mémoires d’un ajusteur.

Fils et petit-fils de métayers du bocage mayennais, orphelin de père, Auguste Bouvet fréquenta l’école publique puis l’école religieuse, et quitta la Mayenne avec ses parents pour Houillès (Seine-et-Oise). Il entra à quinze ans, comme apprenti ajusteur dans une entreprise d’Argenteuil. La CGT reçut son adhésion en 1954 : « plus pour me venger d’un camouflet infligé par un contremaître que par conviction syndicale. » (p. 44). Marqué par son passage sous les drapeaux au Maroc et en Algérie, marié et père de famille, il reprit place dans la métallurgie de la banlieue ouest et s’affirma progressivement comme un militant. Lecteur de l’Humanité (« il était l’école que je n’avais pas eue ») et d’ouvrages sur la Commune de Paris, il accepta d’être délégué du personnel puis secrétaire de l’Union locale CGT de Bézons, tout en adhérant au Parti communiste. Cette prise de responsabilité se fit au détriment de l’avancée de sa carrière professionnelle et sa femme s’opposa à l’acceptation d’un poste de permanent. Ancienne femme de ménage devenue, OS, elle avait cessé de travailler pour s’occuper des enfants et avait repris tardivement sa place en usine. Animateur d’une grève en 1963, au centre du mouvement de 1968 à Bezons, il vécut douloureusement le transfert de son usine à Nanterre en 1969 puis la fermeture en 1982.
Ses remarquables souvenirs, édités en 1997, offrent une description fine des liens des militants avec les ouvriers dans les années 1940-1950 et des déconvenues politiques des années 1970-1980. Sa « tristesse un peu désespérée », le conduit à souhaiter un syndicalisme qui ne soit pas « englué dans les dépendances politiciennes » (p. 294).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17695, notice BOUVET Auguste par Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 20 octobre 2008.

Par Claude Pennetier

ŒUVRE : Mémoires d’un ajusteur syndicaliste. Forgeron d’utopie, L’Harmattan, 1997, 299 p.

SOURCE : Mémoires d’un ajusteur syndicaliste. Forgeron d’utopie, L’Harmattan, 1997, 299 p.

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