ZAY Lucien

Par Eric Panthou

Né le 28 mai 1885 à Metz (Moselle), abattu le 12 juin 1944 au bois de Pignou, commune de La Chapelle d’Alagnon (Cantal) ; industriel ; vraisemblablement victime civile.

Portrait de Lucien Zay en 1918

Lucien ZAY est né en Lorraine annexée, issu d’une famille juive dont l’ancêtre Gerson Zay est arrivé à Metz en 1567 venant du Portugal via la Zélande. Son père, Jules, avait fondé une usine de fonderie à Paris aux 147-149 rue Pelleport (20°). Lucien Zay la dirigeait avec son frère André, leur père décédant en 1941. Il se maria en 1910 avec Gabrielle Bernard. Le couple n’eut pas d’enfant.
Lucien Zay se réfugia dans le Cantal sous l’Occupation à une date et dans des circonstances qu’on ignore. Son épouse quant à elle se réfugia à Collioure.
Le 9 juin 1944, après qu’un réfugié alsacien ait été dénoncé par la Milice au SD, les Allemands arrêtèrent 4 personnes et exécutèrent sommairement Léon Wirtzler, qui avait fait l’objet de la dénonciation en tant que chef local de la résistance. Lucien Zay a été lui aussi arrêté avec un autre civil d’origine juive, Léon Picard, également connu sous le nom de Lehmann, de Nice. On ignore la date exacte et leur lieu de détention. Ils furent fusillés sommairement, le 12 juin 1944, par les troupes allemandes au bois de Pignou avec deux autres personnes : Ambroise Brioude et Marius Courtiol.
Lucien Zay a été déclaré mort à La Chapelle-d’Alagnon alors que Brioude, Courtiol et Wirtler ont été déclarés mort à Sériers, aujourd’hui commune nouvelle de Neuvéglise-sur-Truyère (Haute-Loire). La base Mémorialgenweb cite Albepierre-Bredons comme lieu de décès.
Leur corps fut retrouvé le 16 juin, par deux, distant d’une vingtaine de mètres. Ils furent inhumés sur place avant d’être exhumés le 24 octobre 1944 pour ce qui concerne Lucien Zay et Léon Picard. Lucien Zay fut identifié à cette date et son corps fut placé dans un caveau à Murat (Haute-Loire). Les quatre hommes avaient été tués d’une balle en plein cœur et dépouillés de leurs papiers.
Le capitaine SS Geissler responsable de la tuerie, fut tué le même jour dans un combat avec les maquisards de Murat.

Une plaque de marbre portant leur nom est apposée sur le monument édifié sur les lieux de leur exécution. Leurs noms figurent aussi sur le monument au mort de Saint-Flour (Cantal). Enfin, son nom figure sur le monument aux Morts à Orsay (Essonne).
Lucien Zay n’a pas de dossier de victime de guerre à Caen, ni de Résistant à Vincennes. Il est supposé victime civile.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article176958, notice ZAY Lucien par Eric Panthou, version mise en ligne le 16 décembre 2015, dernière modification le 9 février 2021.

Par Eric Panthou

Portrait de Lucien Zay en 1918

SOURCES : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 164 : crimes de guerre Sériers .— Renseignements communiqués par J.-P. Bernard, son neveu. —Gilles Lévy, Guide des maquis et hauts-lieux de la Résistance d’Auvergne, Paris, presses de la Cité, 1986, 190 p. .— Mémorial de la Shoah. — http://www.ajpn.org/arrestationdep-15.html .— MémorialGenweb .— État civil La Chapelle-d’Alagnon.

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