BRAVO Esteban

Par André Balent

Né en 1920 à Cifuentes (province de Guadalajara, Espagne), exécuté sommairement le 17 août 1944 à Sainte-Radegonde (Aveyron) ; mineur à Cransac (Aveyron) dans le bassin houiller de Decazeville (Aveyron) ; résistant (AGE).

Esteban Bravo (1920-1944)
Source : Jean Costumero, op. cit., 2011, p. 271. Cliché André Balent, à partir de la photographie du livre

Esteban Bravo était le fils de Francisco et de Remedios Arroyo. Son acte de décès enregistré à Rodez (Aveyron) et non à Sainte-Radegonde n’indique pas le jour et le mois de sa naissance. Son prénom espagnol, Esteban (Étienne en français) est noté comme étant "Esthève". "Esthève" qu’il vaudrait mieux écrire "Esteve" est la forme occitane et catalane de ce prénom. ll est possible qu’il ait adopté cette forme.

Esteban Bravo, mineur du bassin de Decazeville, était un militant clandestin du Parti communiste d’Espagne (PCE) participa à la Résistance. Il était domicilié à Decazeville (Aveyron).

Bravo était membre de l’Agrupación de guerrilleros españoles (AGE) créée à l’initiative de l’organisation du PCE en France. Il appartenait à un groupe franc de Cransac, localité du bassin houiller de Decazeville. Jean Ortiz (op. cit.) a réussi à reconstituer l’organigramme de l’état-major de la 9e brigade (Aveyron) de l’AGE composée exclusivement d’adhérents du PCE : Esteban Bravo, lieutenant, était le responsable du "renseignement" ; les autres membres étaient : Amadeo López Herranz, alias "commandant Salvador" ; Francisco Canóvas ; Marcelino Sánchez alias "Junco", capitaine (20 février 1919-août 1995). La 9e brigade de l’AGE revendiqua 420 membres à la Libération, en majorité issus du bassin houiller de Decazeville.

Le 21 juillet 1944, il participa à un combat entre l’armée allemande et des maquisards entre Les Albres et Montbazin, à l’ouest du département de l’Aveyron. Tout commença par un violent accrochage entre ces deux localités sur la RD 994. Des membres des commandos Hubert (des groupes Veny, AS) domiciliés pour la plupart dans le bassin de Decazeville, désarmés, partaient en "permission" en camionnette. Ils furent accrochés par un groupe de soldats allemands (trois camions, cinquante hommes) en provenance de Rodez et qui se dirigeaient vers Capdenac. Trois maquisards furent tués, deux blessés puis achevés. Mais le bruit de la fusillade attira des éléments appartenant à d’autres maquis. Deux hommes, Jean Ladurelle et Marcel Haag du groupe franc de Cransac (Aveyron) furent faits prisonniers en même temps que Esteban Bravo. Celui-ci faisait partie du groupe franc (AS) de Cransac, de même que Jean Ladurelle arrêté en même temps que lui. Mais Ladurelle est aussi revendiqué par les FTPF. Bravo fut blessé et arrêté les armes à la main.

Tous trois, conduits à la prison allemande de la caserne Burloup de Rodez en furent extraits le 17 août avec vingt-sept autres prisonniers et furent exécutés à la butte du champ de tir de Sainte-Radegonde.

Homologué lieutenant des FFI, Bravo fut décoré de la croix de guerre à titre posthume. Il fut déclaré "mort pour la France" (ordonnance du 2 novembre 1947).

Son nom figure sur le monument-mémorial de Sainte-Radegonde.

Voir Lieu d’exécution de Sainte-Radegonde (Aveyron), champ de tir

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article176984, notice BRAVO Esteban par André Balent, version mise en ligne le 27 novembre 2015, dernière modification le 10 octobre 2020.

Par André Balent

Esteban Bravo (1920-1944)
Source : Jean Costumero, op. cit., 2011, p. 271. Cliché André Balent, à partir de la photographie du livre

SOURCES : Arch com. Rodez, acte de décès d’Esteban Bravo. — Christian Font, Henri Moizet, Maquis et combats en Aveyron, Chronologie 1936-1945, Rodez & Toulouse, ONAC Aveyron, ANACR Aveyron, CRDP Midi-Pyrénées, 2e édition, 2001, 412 p. [pp. 312-313]. — Christian Font, Henri Moizet, Construire l’histoire de la Résistance. Aveyron 1944, Rodez & Toulouse, CDDP Rodez, CDHIP Rodez, CRDP Midi-Pyrénées, 1997, 343 p. [pp. 228-229]. — Narcisse Falguera (éd.), Guérilleros en terre de France. Les républicains espagnols dans la Résistance française, 2e édition, Pantin, Le temps des cerises, 2004, 316 p. [p. 166]. — Jean Ortiz, Guérilleros et mineurs. Résistances en pays minier, Biarritz, Atlantica, 2011, 110 p. [pp.65-66]. — Jean Costumero, De Decazeville au Val d’Aran, dans les pas d’un guérillero espagnol combattant pour la France 39-45, Decazeville, Association Guerilleros y Reconquista, 2011, 520 p. [p. 345, 371-372 ; 393]. — Sites : Aveyron Résistance et MemorialGenWeb consultés le 26 février 2016. — Information communiquée par la Maison de la Résistance d’Aubin.

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