LAZARD Jean, Marc, André dit LÉONARDI Marcel

Par Daniel Grason

Né le 12 mai 1925 à Paris (IVe arr.), tué au combat le 19 août 1944 à Paris (XIIe arr.) ; étudiant ; résistant F.F.I.-F.T.P.F.

Fils de Maurice Lazard et de Jeanine née Picard, pendant la guerre Marc Lazard appelé familièrement Marco fut hébergé avec sa mère chez une amie de celle-ci au 39 boulevard du Port-Royal à Paris (XIIIe arr.). Il fit partie d’un groupe de résistants F.F.I. issus des F.T.P.F. Jean Lazard participa le 19 août dans l’après-midi à une action de protection de deux jeunes F.F.I. qui transportaient des munitions, il fut tué par des soldats Allemands à la hauteur du 184 rue du faubourg Saint-Antoine. L’on retrouva son corps dans le square du Jardin des Plantes où se trouvait une trentaine de cadavres. Un inspecteur du commissariat des Quinze-Vingts recueillit le témoignage de madame Béatrice Herr épouse de Lucien Herr, bibliothécaire à l’École normale supérieure, amie de Jeanine Lazard qui était partie en Seine-et-Oise.
Son acte de décès a été enregistré à l’état civil du XIIe arrondissement avec comme témoins Louis Leroy qui demeurait 184 rue du faubourg Saint-Antoine et Marcel Albert Georges Wizelle président du comité de Libération du XIIe arrondissement. Tous les deux attestèrent que Marc Lazard des FFI avait été tué le 19 août 1944 à Paris XIIe arrondissement. Il fut transcrit à Paris XIIIe le 22 septembre 1944
Par décision du Ministère des Anciens combattants et Victimes de guerre Marc Lazard fut déclaré « Mort pour la France », et homologué F.F.I.-F.T.P.F.
En 1946, René Maublanc rendit hommage à « Un jeune de la Résistance : Marco Lazard » dans la revue La Pensée. Il écrivait : « On ne saurait estimer justement l’appauvrissement qu’a subit l’intelligence française, si l’on ne met à côté des Politzer, des Solomon, des Decour, des Basch, des Holweck, des Halbwachs, des Cavaillès et de tant d’autres, les jeunes inconnus qui sont tombés, volontaires de la Résistance, sans avoir encore rien écrit ni rien réalisé d’autre que quelques mois de vie héroïque, et sans laisser autre chose qu’un souvenir ébloui dans le cœur de quelques camarades. » […]
Marco Lazard fut mon élève en classe de philosophie au lycée Henri IV dans l’année scolaire 1941-1942. Ils étaient là quarante garçons, plusieurs remarquables par leurs dons et leur volonté de travail : Marco se distinguait parmi eux par une vivacité et une maturité d’esprit exceptionnelles, une sorte d’ardeur joyeuse au maniement des idées abstraites, le goût de la discussion et aussi un enthousiasme passionné pour la vérité comme pour la beauté. »
René Maublanc citait parmi ses élèves André Prenant, Jacques Richard-Mounet, Pierre Hébert FFI mort à Chambon-la-Forêt près d’Orléans. Daniel Chabrun un des camarades de classe très proche de Marco Lazard retraçait son parcours au lycée Henri IV, puis en philosophie. Il avait alors tout juste seize ans et était un « élève extraordinairement brillant. À la fin de son année de philosophie, en juin 1942, il dut, comme israélite, s’éloigner de Paris et passa avec sa mère en zone dite libre. »
Marco Lazard revint à Paris sous une fausse identité, René Maublanc l’hébergea quelques mois, Marco entra en contact avec Yvon Djian, devint chef de groupe. Il participa à plusieurs opérations, notamment à celle qui « permit de libérer les détenues politiques gardées à l’hôpital Tenon. »
René Maublanc citait Suzanne Herr, épouse de Lucien Herr et sa fille Madeleine, qui rendaient hommage à Marco Lazard, à « ses lectures et ses réflexions [qui] l’avaient amené à la conviction communiste (conviction en non foi, parce que toute foi implique un mysticisme qu’il rejetait catégoriquement, comme monstrueusement irrationnel). »
Il poursuivait : « Ce qu’aurait pu réaliser le jeune homme qui donnait de telles promesses, nul ne peut le dire. Comme l’écrit encore Suzanne Herr, il reste pour tous ceux qui l’ont connu, « comme une image, une anticipation de l’homme de demain, de l’homme accompli », tel qu’il pouvait se développer enfin librement dans une société sans classes, et par là un témoignage, une preuve de notre idéal n’est pas illusoire et que nous ne nous livrons pas un espoir absurde en travaillant au progrès de l’homme. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article177005, notice LAZARD Jean, Marc, André dit LÉONARDI Marcel par Daniel Grason, version mise en ligne le 18 janvier 2016, dernière modification le 4 décembre 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 1819. – SHD, Caen AC 21 P 71131. – La Pensée N°7 Avril-Mai-Juin 1946, « René Maublanc Un jeune de la Résistance : Marco Lazard ». – Nos remerciements à Madame Anne Chabrun pour les informations qu’elle nous a communiquée. – Site internet Mémoire des Hommes. – Site internet « La Libération de Paris » de Gilles Primout. – État civil du XIIe arrondissement numérisé 12D 417, acte de décès n° 3328 et du XIIIe arrondissement numérisé 13D 340, acte de décès n° 3634.

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