ROMANIUK Grégoire (parfois nommé "Georges")

Par André Balent

Ne le 30 mai 1912 à Kobyla (Pologne), exécuté sommairement le 17 août 1944 à Sainte-Radegonde (Aveyron) ; ouvrier agricole ; résistant de l’Aveyron (Veny/AS).

Grégoire Romaniuk était le fils de Jean Romaniuk et de Maria Riznozak.
C’était un était un citoyen polonais résidant dans l’Aveyron mais sans domicile fixe d’après son acte de décès enregistré à Rodez (Aveyron) au lieu de Sainte-Radegonde. La plaque installée longtemps après la construction du monument de Sainte-Radegonde portant les noms des fusillés du 17 août 1944, indique qu’il est né à "Kabyla", commune ou village qui n’existe pas en Pologne ni en Biélorussie et Ukraine (territoires de ces deux États inclus dans la Pologne avant 1939) : il existe par contre des villages portant le nom de "Kobyla" en Pologne (dans ses limites depuis 1945) et en Biélorussie. Les archives départementales de l’Aveyron utilisées par Font et Moizet (op. cit., p. 229) ne permettent pas d’en savoir davantage sur son état civil et son lieu de résidence en Rouergue. L’acte de décès de Romaniuk semble avoir transcrit son lieu de naissance "Kobyla" et non "Kabyla".

Résistant, Romaniuk servait d’interprète et d’ agent de liaison entre les groupes Veny et des éléments azéris et arméniens en garnison à Rodez (Aveyron). Les groupes Veny étaient surtout présents dans le département voisin du Lot. Mais ils étaient aussi actifs en Aveyron, près du bassin houiller de Decazeville (maquis AS/ Veny des commandos Hubert, environ 500 hommes en juin 1944) et sur le Ségala (maquis Antoine, AS/Veny, environ 550 hommes en juin 1944). Nous ignorons auquel de ces deux groupes était rattaché Romaniuk.
Grégoire Romaniuk fut arrêté le 15 août 1944 par un groupe d’Allemands alors que des Azéris de la garnison de Rodez avec qui il était en contact étaient en train d’organiser une révolte préparant leur ralliement à la Résistance..
Incarcéré à la caserne Burloup de Rodez (prison de la Sipo-SD), il en fut extrait deux jours plus tard avec vingt-neuf autres prisonniers et fut exécuté sommairement par un groupe de SS de la Luftwaffe au champ de tir de Sainte-Radegonde, près de Rodez.
Son nom figure sur le monument mémorial de Sainte-Radegonde.

Voir : Lieu d’exécution de Sainte-Radegonde (Aveyron), champ de tir

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article177038, notice ROMANIUK Grégoire (parfois nommé "Georges") par André Balent, version mise en ligne le 30 novembre 2015, dernière modification le 2 février 2017.

Par André Balent

SOURCE : Arch. com. Rodez, acte de décès. — Christian Font, Henri Moizet, Construire l’histoire de la Résistance. Aveyron 1944, Rodez & Toulouse, CDDP Rodez, CDHIP Rodez, CRDP Midi-Pyrénées, 1997, 343 p. [p. 221, p. 229] ; p. 239, cartographie des maquis aveyronnais à l’été 1944.

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