HABERKORN Victor, [HABERKORN Ludwig, {Victor}]

Par Gilles Pichavant

Né le 16 octobre 1879 à Soufflenheim (Bas-Rhin annexé) ; mineur ; socialiste, puis communiste ; conseiller municipal d’Algrange (1919), puis maire (1923).

Fils de Philippe Haberkorn et de Énise née Offenmayer ; En 1903, Victor Haberkorn s’installa à Algrange, et habita dans la rue qui allait devenir la rue Foch. Au sortir de la guerre de 1914-1918, il militait dans différents syndicats de la localité. Il exerça la profession de mineur qu’il quitta par la suite pour s’installer à son compte comme commerçant.

Le 19 décembre 1919 il fut élu membre du conseil municipal d’Algrange, (Moselle). Dès la fin de l’année 1920, il fit partie des onze conseillers qui se réclamèrent du parti communiste. Comme il y avait eu des démissions au sein du conseil municipal, trois conseillers communistes — Eugène Metzger, Eugène Haller* et Jules Fourrier* — démissionnèrent à leur tour pour obliger les élections complémentaires, suivis de Victor Haberkorn et Charles Nierenberger*.

Les élections eurent lieu le 15 janvier 1922. Sur les 25 candidats en présence, 8 candidats communistes l’emportèrent avec plus de 300 suffrages, donnant une majorité communiste au sein du Conseil municipal. MM. Victor Haberkorn et Charles Nierenberger furent réélus, ainsi que Charles Himmelsbach*, Luc Muller*, Louis Kieffer*, Louis Reutenauer, Antoine Stegli*, Etienne Guldner*.

Le maire ne voulant pas se retirer, la majorité communiste bloqua toutes les décisions du conseil. Le 2 janvier 1923, la dissolution fut décrétée par le préfet, et une délégation spéciale composée de cadres de la mine, fut chargée provisoirement d’assurer l’administration de la commune.

Lors des élections du 4 mars 1923, deux listes s’affrontèrent. La liste du Maire sortant et la liste communiste dirigée par Lucien Witz et Victor Haberkorn. La liste du Parti communiste fut élue dès le 1er tour. Le 25 mars, alors que l’administration prévoyait l’élection de Lucien Witz, ce fut Victor Haberkorn qui fut élu maire, avec comme adjoints : Lucien Witz (mineur), Louis Kieffer (ouvrier). Algrange devenait une des premières communes de la région dirigée par des membres du Parti communiste, avec Hagondange et Amnéville.

A la suite de propos qu’on l’accusa d’avoir tenu lors d’un bal des conscrits, Lucien Witz fut bientôt poursuivi, puis condamné par le tribunal correctionnel de Colmar, pour "provocation de militaires à la désobéissance et propagande anarchiste ". Il dût subir peine de prison de 3 mois ferme, et d’une amende de 200 francs, et fut suspendu de ses fonctions d’adjoint pendant trois mois à compter du mois de juin. S’ensuivit une affaire à rebondissement qui empoisonna la vie locale pendant plusieurs années, qui conduisit à l’affaiblissement du parti communiste ; régulièrement réélu 1er adjoint, Lucien Witz voyait son élection systématiquement invalidée par l’administration.

Si Victor Haberkorn fut réélu conseiller municipal en 1925, avec une partie de sa liste, dont Lucien Witz, il n’avait plus la majorité et ne fut pas réélu maire. A cette époque il était marchand de bière. Le 5 mai 1929, la liste du Bloc ouvrier et paysan présentée par la parti communiste fut battue, et Victor Haberkorn perdit son mandat de conseiller municipal.

Le 23 septembre 1945, Victor Haberkorn, alors retraité, conduisit la lite « d’Union Patriotique Républicaine Antifasciste », qui remporta les élections. Elle comportait trois candidats avec l’étiquette Front National — Frédéric Schultz*, Guillaume Froelich* et Guillaume Kreutzer*. Frédéric Schultz fut élu maire, et Victor Haberkorn devint 1er adjoint. Le 19 octobre 1947, Frédéric Schultz conduisit la liste « d’Union Républicaine et d’Entente communale », qui remporta les élections. Victor Haberkorn fut réélu 1er adjoint. Ce fut son dernier mandat.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article177095, notice HABERKORN Victor, [HABERKORN Ludwig, {Victor}] par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 4 décembre 2015, dernière modification le 8 décembre 2015.

Par Gilles Pichavant

SOURCES :
Site web Algrange et ses originesL’Humanité, 8 octobre 1923. — Wikipedia

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