BOUYER Raymond

Par Jean-Luc Pinol

Né en août 1902 à La Jarrie d’Aunis (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), mort le 31 mai 1952 à Paris (Xe arr.) ; militant syndicaliste de la métallurgie, secrétaire de la Fédération des Métaux ; secrétaire de la CGT en 1936 ; directeur du Peuple. Président du conseil d’administration du Centre confédéral d’Éducation ouvrière, syndicaliste Force Ouvrière.

Raymond Boyer en 1950
Raymond Boyer en 1950

Raymond Bouyer fréquenta l’école primaire de sa commune natale. Après son apprentissage de mécanicien, il adhéra au syndicat des mécaniciens de La Rochelle et commença à militer au sein de la CGT.

En 1926 ou 1927, Raymond Bouyer était secrétaire de l’Union des mécaniciens de la Seine. Deux ans plus tôt, il avait été élu membre de la Commission exécutive de la Fédération CGT des Métaux aux côtés de Bonnet, Bruckère, Chrestien, Doublet, Dubreuil, Dupont, Fundt, Gledel, Guillot, Guttin, Heckenmeyer, Lenoir, Moulin, Nart, Ozanon, Perdon et Salembier. Par la suite, R. Bouyer fut constamment réélu à la commission exécutive fédérale (voir Bruckère*, Chrestien*, Cuissot*, Dupont* et Borne*).

Après le décès de Blanchard, en octobre 1931, R. Bouyer entra au bureau fédéral et, le 1er janvier 1932, il devint officiellement secrétaire fédéral aux côtés de Galantus et de Chevalme et fut très apprécié par ses camarades confédérés. En 1931, il fut félicité par le congrès fédéral pour la tenue et la qualité de L’Union des Métaux, organe fédéral dont il était responsable. Lors du congrès de 1933, il présenta un rapport intitulé « La Fédération face à la crise » et son exposé très documenté, fondé sur de très nombreuses données statistiques - la grande tradition de Merrheim se perpétuait - lui valut les félicitations du congrès.

C’est en 1935 que Raymond Bouyer publia, dans L’Homme réel, son étude célèbre sur Les Féodaux du Tantième. Cette brochure fut préfacée par Edouard Dolléans.

Membre du comité exécutif fédéral mis en place après la réunification syndicale de mars 1936 (voir Borne*), Raymond Bouyer abandonna bientôt ses fonctions fédérales pour se consacrer à ses tâches confédérales. En effet, depuis le CCN de fusion CGT-CGTU le 28 janvier 1936, il était membre du bureau provisoire de la Confédération unifiée en tant que secrétaire adjoint. R. Bouyer remplaça Million en 1936 à la direction du Peuple et à la présidence du CA du CCEO. Il transforma le Peuple en mettant chaque semaine, à jour fixe, des pages spécialisées : la page des Fédérations, la page des Unions, la page de l’Éducation ouvrière, etc. « Travailleur, appliqué, intelligent », il montrait une « déférence inconditionnelle à Jouhaux » a estimé René Belin dans ses Mémoires.

Le 18 septembre 1939, il fut de la fraction du bureau et de la CA de la CGT qui vota la résolution dénonçant « le pacte Staline-Hitler » et « ceux qui n’ont pas voulu ou pas pu » le condamner.

Mobilisé en 1939, il fut atteint par la maladie au moment de l’armistice en 1940. Il travailla à Caisse centrale des assurances sociales, sise rue de Dunkerque au sein de laquelle il conduisit le service de l’inspection. Il fut un des animateurs d’un réseau de résistance qui allait devenir Résistance Ouvrière.

Après la Seconde Guerre mondiale, ayant quitté le secrétariat de la CGT, il fut, à partir de 1947, chef de cabinet de Léon Jouhaux au Conseil économique et social. Dès octobre 1944, il participa à la rédaction de Résistance Ouvrière, organe des militants qui avaient animé le Comité d’études économiques et syndicales créé le 15 novembre 1940 par l’équipe de L. Jouhaux et dont le premier numéro parut le 24 novembre 1944. Lorsque ce périodique céda la place à Force Ouvrière, Bouyer se retira.

Ses obsèques eurent lieu le mercredi 4 juin 1956 au cimetière du Père Lachaise à Paris. Dans le numéro du 5 juin 1952 de l’hebdomadaire confédéral, Léon Jouhaux et Robert Bothereau rendirent un hommage appuyé à Raymond Bouyer.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17711, notice BOUYER Raymond par Jean-Luc Pinol, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 3 avril 2019.

Par Jean-Luc Pinol

Raymond Boyer en 1950
Raymond Boyer en 1950

ŒUVRE : « Les féodaux des tantièmes » dans L’Homme Réel, 1933 (?). — Le Capitalisme contemporain, fiction et réalité, Paris, CCEO, 1937.

SOURCES : Comptes rendus des congrès de la Fédération des Métaux, 1927, 1931, 1933 et 1936. — G. Lefranc, Le Mouvement syndical sous la Troisième République et Le Mouvement syndical de la Libération aux événements de mai-juin 1968. — Force Ouvrière, hebdomadaire de la CGT-FO, 5 juin 1952. — Notes de Louis Botella. — État civil de Paris.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément