BURLOT Félix, Marie

Par Daniel Grason

Né le 29 octobre 1908 à Cléguérec arrondissement de Pontivy (Morbihan), tué le 19 août 1944 à Paris (VIIe arr.) ; cultivateur, manœuvre, employé des chemins de fer, gardien de la paix cycliste ; résistant F.F.I.

Fils de Louis Burlot, cultivateur, et de Suzanne Carrée, ménagère, Félix Burlot alla à l’école primaire de sept à douze ans dans son village natal. Il travailla ensuite la terre avec ses parents. Du 16 mai 1929 au 29 mars 1930, il effectua son service militaire au 505ème Régiment de chars de combat à Vannes. Démobilisé, il reprit son métier de cultivateur. Le 4 novembre 1935 il entra comme manœuvre palefrenier à l’École militaire et d’application du Génie à Versailles (Seine-et-Oise, Yvelines). Il quitta cet emploi en février 1937 et entra le 14 du même mois aux Chemins de fer de l’État au dépôt de Trappes (Seine-et-Oise, Yvelines), il vivait 12 rue de la Chancellerie à Versailles.
Il postula dès 1935, renouvela sa demande le 12 février 1938 pour un emploi de gardien de la paix auprès de la Préfecture de Police de Paris. Embauché le 16 août 1938, il fut affecté au commissariat de Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine). Il était apprécié comme un « gardien consciencieux » par ses supérieurs, il exprima le vœu à devenir gardien de la paix cycliste, la demande était acceptée.
Le 2 août 1944, en compagnie d’un autre gardien cycliste il se rendait à la préfecture de police. Sur le trajet, vers 9 heures 15, ils entendaient des cris : « Au voleur ! Au voleur ! ». Les exclamations étaient poussées par quelques personnes à proximité de la rue Abel-Ferry (XVIe arr.). Les agents remarquaient que deux hommes s’enfuyaient, ils se lançaient à leur poursuite. La course se poursuivit jusqu’au quai du Point du Jour et au pont d’Issy-les-Moulineaux, il y eut des échanges de coups de feu. Les voleurs montèrent sur la plateforme d’un autobus, canardant les policiers, puis descendaient du bus et se mettaient à l’abri derrière un talus de terre… les agents à court de munitions durent stopper la poursuite.
Le 19 août 1944 vers 16 heures 30, Félix Burlot accompagné d’un autre gardien se rendait à bicyclette à la caserne sur l’île de la Cité où il avait été appelé en renfort en ce début de l’insurrection parisienne. Les deux hommes passèrent quai d’Orsay (VIIe arr.), à la hauteur de la gare, ils furent la cible d’un soldat allemand qui tira à plusieurs reprises. Félix Burlot atteint par plusieurs balles au bras gauche et au ventre fut transporté à l’hôpital Laennec (VIIe arr.), il mourut dans la soirée.
Son inhumation eut lieu le 24 août 1944 au cimetière parisien de Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis). Il s’était marié le 13 octobre 1934 à Cléguérec avec Marie Correc et était père d’une fillette de trois ans. Déclaré « victime du devoir », il fut cité à l’Ordre de la Nation et décoré de la Légion d’Honneur le 24 décembre 1944. Le ministère des Anciens combattants et Victimes de guerre lui attribua la mention « Mort pour la France ». Il fut nommé brigadier à compter du 19 août 1943. Membre des F.F.I. il fut homologué comme membre de la Résistance intérieure française du 1er juillet 1943 au 19 août 1944.
Le nom de Félix Burlot figure sur le monument aux morts de Cléguérec, sur la liste des policiers morts pour la Libération de Paris au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.), enfin sur la plaque commémorative au 11 quai d’Orsay.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article177197, notice BURLOT Félix, Marie par Daniel Grason, version mise en ligne le 12 janvier 2016, dernière modification le 9 novembre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. KC 7. — Site internet Mémoire des Hommes. — Site internet GenWeb. — Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. — État civil.
PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo.

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