BOYAU Rémy, Pierre

Né le 5 mai 1890 à Bordeaux (Gironde), mort le 14 novembre 1967 à Langon (Gironde) ; instituteur ; militant syndicaliste en Gironde.

Fils d’un employé d’idées anarchistes et d’un journalière, croyante, Rémy Boyau devint instituteur successivement à La Teste, à Villenave d’Orgon, à Camblanes. Soldat courageux pendant la Première Guerre mondiale, il fut trois fois cité et décoré de la médaille militaire. Redevenu civil, il sympathisa avec les thèses anarchistes tout en militant dans le syndicalisme enseignant. Gérant du bulletin syndical de la Gironde, il donna également des articles à la rubrique pédagogique de L’École émancipée.
Il se maria en octobre 1920 à Caudéran (Gironde) avec une institutrice, voir Odette Boyau, fille d’un boucher.

Instituteur à Camblanes (Gironde) ainsi que sa femme Rémy Boyau était passionné par le cinéma et organisa dès le début des années 1920 une cinémathèque girondine de l’Enseignement laïc puis anima la sous-commission scolaire de son syndicat affilié à la Fédération unitaire de l’enseignement.

Il rejoignit le mouvement initié par Célestin Freinet et, en 1927, fut chargé des activités "cinéma“ lors du congrès de Tours. Il organisa une Cinémathèque coopérative de l’Enseignement laïc, grâce à une coopérative d’achat qui permit l’acquisition de matériel, qui fonctionna jusqu’en 1939.

Militant du Comité syndicaliste révolutionnaire en 1921, en 1926, Rémy Boyau était secrétaire de la Fédération unitaire de l’enseignement de la Gironde qui groupait trente-cinq instituteurs unitaires. Un essai fut tenté en juin 1931 pour constituer un syndicat unitaire de l’Enseignement plus fidèle au Parti communiste que celui qui existait et qui était à tendances minoritaires. On misa sur Camille Maumey, jeune instituteur de tendance majoritaire, plutôt que sur Boyau.

Rémy Boyau était également en 1930 membre de la Ligue syndicaliste. En 1931, avec son ami Michel Collinet, il confia à Yves Allégret la réalisation d’un court métrage intitulé La Pomme de terre ou Prix et profits qu’il présenta dans L’Éducateur prolétarien d’octobre 1932.

En mai 1933, il fut sanctionné en vertu de la circulaire d’Anatole de Monzie invitant les inspecteurs d’Académie à sévir contre les instituteurs pacifistes. En 1935, le syndicat unitaire fusionna avec le Syndicat national CGT.

Pendant l’Occupation, Rémy Boyau, franc-maçon, fut démissionné d’office en 1941 et occupa divers emplois. Il participa à la Résistance, fabriquant de faux papiers, aidant les soldats alliés à passer en Espagne, hébergeant des résistants recherchés. Il fut responsable de trois groupes du haut-Médoc puis commandant militaire du secteur de Saint-Médard-en-Jalles. Il présida le comité de Libération du canton de Blanquefort. Il appartint également au Comité provisoire de réorganisation des syndicats CGT et entra au comité directeur du Front national. En novembre 1944, réintégré à l’Éducation nationale, il était médaillé de la Résistance.

Participant à la reconstitution de la coopérative de l’enseignement laïc, il se consacra surtout à la franc-maçonnerie (33e) dans l’obédience du Droit humain dont il écrivit l’histoire. Il appartint au conseil suprême mixte international.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17724, notice BOYAU Rémy, Pierre, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 26 novembre 2016.

Iconographie : Rémy Boyau lors de l’assemblée générale de la coopérative de l’enseignement laïc avant le congrès de la Fédération unitaire en 1928. Debout, de gauche à droite, X, Raoul Tessier (Indre-et-Loire), Yves Caps, Gauthier (Loiret), Paul Delanoue (Indre-et-Loire), X, X, Raoul Faure (Isère), Rémy Boyau (Gironde), Célestin Freinet, Florentin Alziary (Var), Marguerite Beau (Isère), René Daniel (Finistère).
Assises : de gauche à droite, Élise Freinet, Marguerite Bouscarrut (Gironde), Jean Gorce (Gironde), Alberthe Faure (Isère), Odette Boyau ( ?, Gironde), Jeanne Tessier (Indre-et-Loire).

SOURCES : Arch. Nat. F7/12990 et 13034. — H. Coston, Dictionnaire de la politique française, Paris, 1972, t. 2. — A.-M. Sohn, Féminisme et syndicalisme, op. cit. — H. Portier, Cinématographe et mouvement Freinet, 1927-1940, Institut coopératif de l’école moderne, s.d. [1990].— Axel Bruneau, Les instituteurs et la gauche dans la Gironde des années 1930, Maîtrise, Université de Bordeaux 3, 2005, 154 p. — Notes de Jacques Girault.

ŒUVRE : R. Boyau, Histoire de la fédération française de l’ordre maçonnique mixte international : le droit humain, Fédération, 1976.

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