CARRARA Jean, Emmanuel dit Jeannot. Pseudonyme dans la Résistance : COLLOMP Jean.

Par Jean-Marie Guillon

Né le 9 décembre 1924 à Fréjus (Var), mort le 28 mars 1944 à Digne (Alpes-de-Haute-Provence) ; Jeunesses communistes ; Francs-tireurs et partisans (FTP)-Main d’œuvre immigrée (MOI).

Castellane, stèle du col des Lèques
Castellane, stèle du col des Lèques

Bûcheron, issu d’une famille d’antifascistes italiens installée à Fréjus, naturalisé en 1935, ce militant des Jeunesses communistes dès avant-guerre devint l’un des éléments les plus actifs du groupe FTP-MOI de Fréjus-Saint-Raphaël constitué fin 1942 et auteur de diverses opérations contre l’armée d’occupation italienne (attentats par explosifs) et les installations industrielles ou de transport (mines de bauxite, voies ferrées). Il fut arrêté avec ses camarades par l’OVRA le 13 mai 1943 et torturé. Libéré le 25 mai, il rejoignit la 1ère compagnie FTP qui stationnait alors dans les Maures (Var), puis fut affecté aux FTP-MOI de Nice comme chef de groupe. Repéré, il fut envoyé à Marseille dans la compagnie FTP-MOI Marat sous les ordres d’Olivier Menicucci. Il participa à de nombreuses opérations tant dans le Var qu’à Marseille, notamment à la destruction du fichier de l’UGIF de cette ville. Muté avec Menicucci dans les Basses-Alpes, il devint le responsable adjoint du 2e secteur FTP de ce département. Il fut grièvement blessé le 27 mars 1944 au col des Lèques (hameau de Sionnes), au dessus de Castellane (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence) dans l’embuscade tendue par les maquisards pour déli¬vrer Marcel Battaglia* et les résistants arrêtés et transportés avec lui par un convoi allemand. André Scarella* et Marcel Battaglia* furent tués dans l’opération, ainsi qu’un soldat allemand. Jean Carrara mourut le lendemain à l’hôpital de Digne. Il allait être père d’une fille. Son corps fut transporté à Fréjus où il fut inhumé en présence d’une foule significative.
Le groupe FTP de Lorgues (Var) adopta alors son nom. Celui-ci fut donné également à une rue de Fréjus après la guerre. Son nom qui était absent de la stèle érigée à la Libération au col des Lèques a été rajouté le 10 août 2003. Il fut décoré de la médaille de la Résistance à titre posthume, le 16 novembre 2000.
Il reçut la mention « Mort pour la France » et fut décoré de la Médaille de la Résistance à titre posthume le 3 mai 2000.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article177284, notice CARRARA Jean, Emmanuel dit Jeannot. Pseudonyme dans la Résistance : COLLOMP Jean. par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 8 mai 2016, dernière modification le 4 octobre 2021.

Par Jean-Marie Guillon

Jean Carrara
Jean Carrara
SOURCE : Arch. privées
Castellane, stèle du col des Lèques
Castellane, stèle du col des Lèques

SOURCES : Arch. Dép. Var 3Z4 14, 1W69 et fonds ANACR Var. — Site internet Mémoire des hommes DAVCC 21 P 38781, SHD Vincennes GR 16 P 108121 (nc). — Résistance Var n°39, décembre 2000. — Témoignages. — Jean Garcin, De l’armistice à la Libération dans les Alpes de Haute-Provence 17 juin 1940-20 août 1944, Digne, 1983 et rééd. 1990. — Grégoire Georges-Picot, L’innocence et la ruse. Des étrangers dans la Résistance en Provence 1940-1944, Paris, Éd. Tirésias, 2000. — Jean-Marie Guillon, La Résistance dans le Var. Essai d’histoire politique, Université Aix-Marseille I, 1989. — Charles Pellegrino, La Résistance au pays des trois Asse, Clumanc, Éd. du Château, 2007.

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