BOYER Henri, Georges, Gaston

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 5 novembre 1901 à Decazeville (Aveyron), mort le 19 avril 1987 à Villefranche-de-Rouergue ; droguiste ; militant communiste de l’Aveyron.

Fils d’un menuisier puis mineur, socialiste, et d’une paysanne devenue ménagère, Henri Boyer suivit l’école primaire pendant six ans. Droguiste à Capdenac-Gare, rue de la République, il adhéra au Parti communiste en 1926. En 1935, il était conseiller municipal de Capdenac.

Henri Boyer était membre du comité régional communiste de la Garonne en 1928 et, secrétaire adjoint du rayon communiste de Decazeville, en 1932 (voir A. Tournié*). Il devint secrétaire du rayon l’année suivante. En novembre 1934, l’Aveyron quitta la région communiste de Garonne ; Boyer assura alors le secrétariat de la région de l’Aveyron et dirigea le journal l’Aveyron. Il participa à plusieurs conseils et congrès nationaux, en particulier celui de Villeurbanne, d’Arles (décembre 1937), ainsi qu’à la conférence des secrétaires régionaux de Gentilly (1937), au comité central de juillet 1937, à la conférence nationale des municipalités et minorités communistes de Montreuil (1938). En 1939, H. Boyer était secrétaire de la région qui rassemblait environ 900 adhérents répartis dans quarante cellules locales et une cellule d’entreprise.

Le Parti communiste présenta Boyer aux élections cantonales d’octobre 1931, octobre 1934 et octobre 1937, ainsi qu’aux élections législatives de mai 1932 dans la circonscription de Villefranche-de-Rouergue, où il recueillit 6,7 % des voix des électeurs inscrits. En octobre 1938, une cellule d’Aubin prit le nom d’Henri Boyer.

Grand lecteur, il dévorait les livres "assidument-domaines social, politique et scientifique". Il militait dans de nombreuses associations : coopérative de Boulogne-sur-Seine (il aurait donc militer en région parisienne),clubs sportifs, Secours populaire français, comité espagnol, libre pensée, radio liberté, caisse écoles laïques, comité de Front populaire.

En juin 1940, Henri Boyer purgeait une peine de 18 mois de prison à la prison de Villefranche-de-Rouergue. Le 28 juin, de sa fenêtre de prsion donnait sur une place de la ville, il harangua la foule l’incitant à à prendre d’assaut le locaux pour délivrer les prisonniers. Cet acte lui valu une condamnation à cinq ans de prison et à 500 F d’amende.

Ce militant fut interné au camp de Saint-Sulpice (Tarn) durant la Seconde Guerre mondiale. Il figurait sur la liste noire du Parti communiste en 1945 sans qu’on sache pourquoi. Les accusations étaient souvent infondées. Il était dénoncé vivement par le journal clandestin L’Etoile du Quercy de février 1944 : "Nous mettons nos camarades et tous les patriotes en garde contre le nommé Boyer, ex.secrétaire régional, traître et donneur le recevoir comme il convient, c’est à dire, comme un ennemi du peuple".

Marié à Saint-Céré (Lot) le 9 février 1925 avec Marie Lafon puis à Montpellier (Hérault) le 31 mai 1941, il mourut à Villefranche-de-Rouergue le 19 avril 1987.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17734, notice BOYER Henri, Georges, Gaston par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 20 juin 2022.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 913, autobiographie du 02/09/1935. — Arch. Nat. F7/13032 et F7/13130. — Arch. Dép. Aveyron. — La Voix des Travailleurs, 1932-1934. — L’Aveyron, 1937-1938.— Almanach ouvrier paysan, 1938.

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