CLOAREC Jean-Marie [Père Corentin]

Par Annie Pennetier

Né le 31 mars 1894 à Saint-Sauveur (Finistère), abattu le 28 juin 1944 à Paris (XIVe arr.) ; franciscain ; résistant.

Fils de François Cloarec, cultivateur, et de Marie Joséphine Pouliquen, ménagère, le jeune Jean-Marie entra au grand séminaire de Quimper (Finistère). Il combattit durant la première guerre mondiale dans le 118e R.I. et fut fait prisonnier. Sous le nom de Frère Corentin dans l’Ordre Franciscain, le 8 septembre 1921, eut lieu sa prise d’habit ; il reçut l’ordination sacerdotale en 1925 à Notre-Dame de Paris.
Il fut successivement recteur du Petit séminaire de Fontenay-sous-Bois (Seine, Val-de-Marne) puis supérieur des couvents de Saint Brieuc (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) et de Mons-en-Baroeul (Nord), et enfin vicaire du couvent de Paris en 1936.
Mobilisé le 1er mai 1940, il fut affecté au dépôt d’artillerie de Brest (Finistère). Après l’armistice, il revint à Paris et entra en résistance au contact du Père Jaques Guy Bougerol, franciscain du couvent de la rue Marie-Rose, dans le XIVe arrondissement. Celui-ci avait été recruté comme agent de renseignement par Ripoche, industriel et officier de réserve, qui alimentait le réseau de renseignements de l’armée de l’Air. Les informations transmises aux Anglais permirent le bombardement du terrain d’aviation de Brétigny-sur-Orge (Seine-et-Oise). Le Père Corentin cacha de nombreux pilotes et les fit évader.
Le 28 juin 1944, des soldats allemands investirent le couvent de la rue Marie-Rose et « qu’à peine a-t-il ouvert la porte, le Père Corentin fut abattu de 7 balles de révolver dans le ventre puis de nouveaux tirs dans le dos et la cuisse. Les auxiliaires français accompagnant les agents de la Gestapo avaient prémédité cette exécution, « un véritable assassinat ! ». Il mourut en confirmant :« Ce sont eux qui m’ont attaqué, mais je leur pardonne. J’offre ma vie pour nos Pères et pour le Pays », Témoignage du Frère Christian Eugène.
Une foule immense assista à ses obsèques le 3 juillet 1944 suivies de son inhumation au cimetière de Montrouge (Seine) dans le caveau des Franciscains.
Le 29 juin 1945, la rue de la Voie verte longeant le couvent fut rebaptisée « rue de Père-Corentin, martyr de la Résistance assassiné dans son couvent ».
Le décret du 3 août 1946, attribua au caporal Corentin Cloarec la Médaille de la Résistance et la Croix de guerre.
Son nom est gravé sur le monument aux morts de Quimper, et sur la plaque commémorative de la chapelle du Kreisker du collège de Saint-Pol-de-Léon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article177384, notice CLOAREC Jean-Marie [Père Corentin] par Annie Pennetier, version mise en ligne le 13 janvier 2016, dernière modification le 4 février 2021.

Par Annie Pennetier

SOURCES : Le Souvenir Français, octobre 2014 . — Le Père Corentin, Franciscain et résistant, Éditions franciscaines. — MémorialGenweb. — État civil.

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