DUFLOT Maurice, Léopold

Par Daniel Grason, Gérard Larue

Né le 18 juin 1895 à Tergnier (Aisne), mort le 27 avril 1945 à Dachau (Allemagne) ; chef d’équipe à la SNCF ; militant communiste ; résistant FTP ; déporté.

Fils de Léopold Lucien, tailleur d’habits et de Sophie Décarpentries, cuisinière, Maurice Duflot alla à l’école primaire à Beauvais (Oise). De la classe 1915, il fut affecté spécial à la SNCF, à l’issue de la Grande Guerre, il postula pour entrer à la SNCF, fut embauché.
Il adhéra au parti communiste en 1928 à une cellule locale de Beauvais, il quitta l’organisation en 1930. Il vint habiter en 1933 avec sa famille 16 rue d’Eaubonne à Ermont (Seine-et-Oise, Val-d’Oise), il travaillait dans les ateliers de la SNCF près de la gare, il ré-adhéra au parti communiste en 1935 à la cellule d’Ermont.
Pendant la guerre, il fit partie des FTP, il était en contact avec « Josette » qui assurait les liaisons et « Léon » qui fabriquait des engins explosifs destinés à faire sauter des voies ferrées, une fois il était venu faire une démonstration sur l’utilisation des engins.
À la suite de plusieurs chutes de FTP, quatre inspecteurs de la BS2 vinrent le mercredi 16 décembre 1942 vers 12 heures 30 au domicile de Maurice Duflot. Dans une grange attenante, dissimulés sous un amas de copeaux de bois les policiers découvraient : deux mitraillettes, deux revolvers, dix grenades, de nombreux détonateurs, cent cinquante cartouches, des explosifs, de la poudre, dix corps de grenades, huit mètres de cordon Bickford, des produits chimiques, deux boîtes destinées à faire sauter des voies ferrées, etc.
Emmené dans les locaux les Brigades spéciales à la préfecture de police, questionné sur son rôle au sein des FTP, probablement pour minimiser son engagement il répondit qu’il était membre de l’organisation depuis un mois. Il raconta qu’il avait rencontré par hasard un nommé « Perron » dans un café d’Ermont qui lui avait proposé un autre rendez-vous. Maurice Duflot refusa de prendre part à des actions armées, mais accepta de garder des colis, il déclara qu’il n’avait jamais participé à un sabotage des voies ferrées. Il reconnut ses contacts avec Léon (Roger Gouffault) interpellé le 13 décembre 1942, Josette (Suzanne Lasne) et Hélène (Simone Claudet) arrêtées le 14 et 16 décembre.
Maurice Duflot avait demandé à deux collègues d’atelier de lui rendre service, pendant les heures de travail, Émile Carpentier avait découpé et plié des tôles, tandis qu’André Habourdin effectua des soudures de boîtes métalliques destinées à contenir des charges explosives. Lors de son interrogatoire, il affirma que ses deux collègues d’atelier ignoraient à quoi les boîtes métalliques serviraient réellement. Il avait déclaré à Émile Carpentier que les boîtes étaient destinées à transporter du beurre, et à André Habourdin des clous. Ces explications furent accueillies avec beaucoup de scepticismes par les policiers. Ces deux collègues furent interpellés en fin d’après-midi.
Livré aux Autorités allemandes, incarcéré dans le quartier allemand de la prison de Fresnes, Maurice Duflot était 8 juillet 1943 dans un wagon de cinquante-six hommes au départ de la gare de l’Est à destination de Natzwiler (Bas-Rhin) matricule 4339, avec Henri Fongarnand, Roger Pinçon et Robert Brignoli impliqués dans la même affaire. Dans ce wagon, il y avait vingt-sept FTP dont quinze avaient été arrêtés dans le département de la Seine. Classé « NN » (Nuit et Brouillard) ce qui signifiait destiné à disparaître, Maurice Duflot était dirigé sur le Kommando extérieur de travail de Erzingen (Allemagne). Transféré avec d’autres détenus en septembre 1944 par la route ou le train à Dachau, Maurice Duflot y mourut le 27 avril 1945.
Maurice Duflot épousa le 9 mars 1918, Madeleine Delamarre en mairie de Beauvais (Oise). Il se remaria avec Marguerite Gilleron le 5 février 1931 à Ermont, il était père de trois enfants, l’un d’eux était prisonnier en Allemagne.
Habitant en dehors du ressort de la préfecture de police de Paris, Marguerite Duflot ne fut pas convoquée pour témoigner devant la commission d’épuration de la police. Le ministère des Anciens combattants et Victimes de guerre le reconnut comme combattant de la Résistance intérieure française (RIF) le 20 mai 1947.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article177534, notice DUFLOT Maurice, Léopold par Daniel Grason, Gérard Larue, version mise en ligne le 23 décembre 2015, dernière modification le 7 mai 2022.

Par Daniel Grason, Gérard Larue

SOURCES : Arch. PPo. 77W 486 (dossier Fongarnand), GB 114 bis BS2 22 bis, KB 24, KB 67. – Bureau Résistance GR 16 P 197734. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – État civil, AD de l’Aisne 2Mi732 1895 acte n° 116.

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