ALEXANDRE Maurice, René, Charles, Auguste dit Robert

Par Daniel Grason, Gérard Larue

Né le 22 septembre 1910 à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis), mort le 5 janvier 1987 à Grasse (Alpes-Maritimes) ; ajusteur-outilleur ; militant communiste ; responsable technique de l’interrégion parisienne des FTP.

Fils de Charles Élie Alexandre, charron, et d’Henriette Pesche, passementière, Maurice Alexandre demeurait 20 rue Albert Ier à Eaubonne (Seine-et-Oise, Val-d’Oise). Il s’était marié le 7 octobre 1933 à Saint-Denis avec Jeanne Borderie, le couple eut un enfant né en 1938. Maurice Alexandre milita au parti communiste avant la guerre, il était organisé sur la région Paris nord à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis).
Résistant FTP, le 15 décembre 1942 il avait rendez-vous avec Suzanne Lasne dite Josette agent de liaison de l’organisation rue Léon-Renault aux Lilas (Seine, Seine-Saint-Denis). Le successeur de Roger Pinçon, Raymond Lambert, chargé de la répartition du matériel pour l’inter région parisienne FTP était arrêté par des policiers de la BS2 ainsi que son hébergeur, Charles Lasne.
Maurice Alexandre ignorait ces arrestations, en compagnie de son épouse Jeanne et de Charlotte Klein, il se présenta au rendez-vous. Tous trois furent interpellés par quatre inspecteurs de la BS2. Des documents étaient saisis lors de la fouille au corps de Maurice Alexandre.
Les policiers perquisitionnèrent son domicile, ils saisissaient : un engin incendiaire, un revolver calibre 6,35 mm de marque Unique avec cinq balles dans le chargeur et une dans le canon, un percuteur de grenade, des brochures et des tracts du parti communiste clandestin, plusieurs rapports internes sur l’action des FTP, des croquis et des plans, une brochure intitulée « Généralités sur les poudres et explosifs, dix cartes de textiles provenant des mairies de Maisons-Alfort, Vigneux-sur-Seine, Champagne-sur-Oise etc., des cartes d’alimentation de diverses provenances.
Interrogé dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police, Maurice Alexandre fut sévèrement tabassé lors de son interrogatoire. Après neuf jours passés aux mains des Brigades spéciales, il était remis aux Allemands et incarcéré à la prison de Fresnes.
Maurice Alexandre était 8 juillet 1943 en compagnie de Robert Brignoli, Émile Carpentier et André Habourdin dans un wagon de cinquante-six hommes au départ de la gare de l’Est à destination de Natzwiler (Bas-Rhin) où les détenus furent immatriculés. Classé « NN » (Nuit et Brouillard) ce qui signifiait destiné à disparaître, Maurice Alexandre était dirigé sur le Kommando extérieur de travail de Erzingen (Allemagne). Transféré avec d’autres détenus en septembre 1944 par la route ou le train à Dachau, matricule 4323, Maurice Alexandre était libéré le 30 avril 1945 par l’armée américaine.
Le 8 août 1945, Maurice Alexandre témoigna devant la commission d’épuration de la police. Il fit part que son épouse Jeanne et lui-même avaient été conduits dans les locaux de la préfecture de police pour y être interrogés séparément. « J’ai été interrogé par Henri B… qui devant mon mutisme, m’a frappé avec un nerf de bœuf et une matraque en caoutchouc, jusqu’à évanouissement. […] J’ai souffert pendant plus de quatre mois des coups reçus ».
Maurice Alexandre porta plainte contre les inspecteurs qui l’arrêtèrent lui et sa femme, les rendant responsable de sa mort au camp d’Auschwitz (Pologne). Il accusa nommément l’inspecteur Henri B… qui le frappa, et contre les inspecteurs qui lors de la perquisition de son appartement s’étaient rendus coupables de vols.
Veuf de Jeanne Borderie, morte le 8 mars 1943 à Auschwitz (Pologne), il se remaria le 27 mars 1948 à Baillet (Seine-et-Oise, Val-d’Oise) avec Lucienne Loisel.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article177539, notice ALEXANDRE Maurice, René, Charles, Auguste dit Robert par Daniel Grason, Gérard Larue, version mise en ligne le 27 janvier 2016, dernière modification le 3 mai 2020.

Par Daniel Grason, Gérard Larue

SOURCES : Arch. PPo. 77W 486 (dossier Henri Fongarnand), GB 114 bis BS2 22 bis, KB 24, KB 25. — Charlotte Delbo, Le convoi du 24 janvier, Éd. de Minuit, 1995. — Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. — État civil.

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