BRUN Roger, Antoine (Eysses)

Par Fabrice Bourrée, Eric Panthou

Né le 31 août 1922 à Peschadoires (Puy-de-Dôme), fusillé par les Français (Vichy) le 23 février 1944 à la centrale d’Eysses, commune de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) après condamnation par une cour martiale ; tourneur-fraiseur, cheminot ; résistant au sein du Mouvement de Libération Nationale (MLN) dans le maquis puis au sein du bataillon FTP d’Eysses.

Roger Brun
Roger Brun
En uniforme du 2e bataillon de chasseurs alpins. Circa 1941-1942.Source : © Dépôt MRN, fonds Amicale d’Eysses. Droits réservés.

Roger Brun était le fils de Jules Brun (né le 5 juin 1887 à Thiers) et d’Anna Huguet ’née le 26 mai 1891 à Ravel (Puy-de-Dôme). C’est un fils de cheminot, chef de train. Il a grandi entouré de ses trois frères et d’une soeur.
Il suivit, avant-guerre, une formation de tourneur-fraiseur à Clermont-Ferrand. En 1940, il travailla comme fraiseur aux ateliers industriels aéronautiques (AIA) à Aulnat puis, durant l’hiver 1941, dans une fabrique d’armes. Il quitta cet emploi mal payé pour s’engager le 14 février 1941 dans l’armée d’armistice, par patriotisme et pour y apprendre le métier des armes. Il fut affecté au 2e bataillon de chasseurs alpins stationné à Jujurieux (Ain). Après la dissolution de l’armée d’armistice en novembre 1942, il reçut la carte du combattant. Il regagna le domicile familial puis trouva un emploi à la SNCF, à la gare de Pont-de-Dore, en janvier 1943. Il était célibataire.

Réfractaire au STO, il passa dans la clandestinité. En juin 1943, il fut arrêté à Ambert par les gendarmes au cours d’une opération de police. Il réussit en sautant d’un train en marche à fausser compagnie à ses gardiens en gare de Pont-de-Dore et se réfugia à Sainte-Agathe dans le maquis de Navarron (Puy-de-Dôme) où selon son dossier de résistant il fut rattaché à une formation relevant du Mouvement de Libération Nationale (MLN). Le groupe fut cerné, lui et six camarades dont son frère Fernand, furent arrêtés le 9 juillet 1943 par les gendarmes de Thiers. Incarcéré à la prison de Thiers puis à Riom, il fut condamné le 11 septembre 1943 par la section spéciale de Riom. Une source indique qu’il fut condamné à 5 ans de réclusion pour détention d’armes de guerre tandis qu’une seconde indique une condamnation à dix ans de travaux forcés pour "association de malfaiteurs et détention d’armes". Il fut transféré à Eysses le 15 octobre 1943, prison centrale réunissant essentiellement des militants communistes. Arrivé à Eysses, le groupe est éclaté dans divers préaux de cette prison aux conditions de détention très dures.
Le 19 février 1944, plus de 1200 résistants se soulevèrent. Il fit partie du commando du Bataillon FTP qui, le 19 février 1944, tenta de prendre d’assaut le mirador de la porte Est de la centrale. Il était chef de groupe, 2e, matricule 465. Blessé, condamné à mort par une cour martiale du régime de Vichy réunie à Eysses, Roger Brun fut passé par les armes par les GMR et les gendarmes avec onze de ses camarades le 23 février 1944, lui à 11h. Les autres prisonniers furent déportés à Dachau : Fernand Brun, Darton, Ferrier, Néron, Nugier, Maraudon, Paulet, Jacques Signoret,
En décembre 1949, son corps fut ramené au cimetière de Peschadoires.

Il a été reconnu "Mort pour la France" le 7 février 1946, à titre civil. Reconnu interné politique le 19 juin 1956, à la suite d’un nouvel examen de son dossier il a été homologué interné résistant (DIR) le 24 septembre 1964, forces françaises de l’intérieur (FFI), résistance intérieure française (RIF). Ses services accomplis dans la Résistance, retenus en 1950, comptent du 1er juin 1943 au 23 février 1944.
En décembre 1963, il reçut à titre posthume la carte de Combattant Volontaire de la Résistance (CVR). Ses dates de services homologués vont du 6 décembre 1943 au 23 février 1944.

En 2002, une journée d’hommage à Roger Brun fut organisée par la mairie de Peschadoires en lien avec la FNDIRP, l’amicale des anciens FTPF et le Cercle d’études sur la Deuxième Guerre mondiale à Thiers et sa région. A cette occasion, une plaque en son nom fut inaugurée sur le mur de la Mairie.
Son nom figure également sur deux monuments à Villeneuve-sur-Lot, sur deux plaques commémoratives de la SNCF à Clermont-Ferrand et en gare de Pont-de-Dore, et sur le monument aux Morts de Peschadoires.
Le parcours de Roger Brun est présenté dans un livre de Serge Ravanel paru en 1995.
Voir Site d’exécution : la centrale d’Eysses (commune de Villeneuve-sur-Lot, Lot-et-Garonne), le 23 février 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article177555, notice BRUN Roger, Antoine (Eysses) par Fabrice Bourrée, Eric Panthou, version mise en ligne le 27 décembre 2015, dernière modification le 26 mars 2022.

Par Fabrice Bourrée, Eric Panthou

Roger Brun
Roger Brun
En uniforme du 2e bataillon de chasseurs alpins. Circa 1941-1942.Source : © Dépôt MRN, fonds Amicale d’Eysses. Droits réservés.

SOURCES : AVCC, dossier de Roger Brun : AC 21 P 718765 et AC 21 P 34992. — SHD Vincennes, dossier de résistant de Roger Brun : GR 16 P 94418 (non consulté). — Arch. dép. du Puy-de-Dôme, Dossier nominatif d’attribution de la carte du combattant volontaire de la résistance à Roger Brun : 2546 W 4186 .— Corinne Jaladieu, Michel Lautissier Centrale d’Eysses, Douze fusillés pour la République, récits historiques et témoignages, Association pour la mémoire d’Eysses, Conseil général du Lot-et-Garonne, 2004, p. 83-98. — Notice in Musée de la Résistance en ligne — Serge Ravanel, L’esprit de résistance, Paris, Le Seuil, 1995 .— "Hommage au résistant Roger Brun", La Montagne, édition Thiers, 2 mars 2002 .— MémorialGenweb .— Thomas Fontaine (dir.), Cheminots victimes de la répression, Mémorial,1940-1945, Perrin/SNCF, 2017, p. 291. — État-civil Villeneuve-sur-Lot.

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