GILLAND Jérôme-Pierre

Par Pierre Baudrier

Né le 25 août 1815 à Sainte-Aulde (Seine-et-Marne), mort le 12 mars 1854 à Château-Thierry (Aisne) ; serrurier, poète ouvrier ; député de Seine-et-Marne, siège à la Montagne.

Jérôme-Pierre Gilland naquit le 25 août 1815 à Sainte-Aulde (Seine-et-Marne) dans une famille de bergers. Ils partirent pour Paris alors que Gilland avait dix ans. Le père avait dû se faire amputer d’un bras et chercha à Paris des tâches de commissionnaire qui n’existaient pas en province. Gilland avait fait de brèves études primaires. Il entra en apprentissage, de bijoutier puis de serrurier. Devenu serrurier à Paris, faubourg Saint-Antoine, il refusera des propositions de s’établir à son compte. Il fut le poète-ouvrier le plus engagé de son temps, écrivit pour le peuple, demandant en conséquence « qu’on ne pèse pas des barres de fer avec des balances d’agent de change ». Il défendit l’idée d’association dans L’Atelier du Dr Buchez, participa à la Révolution de 1848, se rangea du côté des insurgés en juin. Arrêté à Meaux où il était venu mettre ses enfants à l’abri, il y fut un temps emprisonné – mais sur la fausse accusation d’avoir voulu soulever la ville —, puis à Paris.
En 1849 il fut élu en Seine-et-Marne sur la liste des Lafayette, propriétaires du château de la Grange Bléneau. Il publia des poèmes d’inspiration lamartinienne, et un livre Les Conteurs ouvriers écrit en prison en 1848 et préfacé par son amie George Sand. Il était le gendre d’un autre poète-ouvrier, Magu. Après 1851, il fut le seul député de la Montagne à n’être pas poursuivi, il était retiré à Château-Thierry (Aisne) et, sans ressources, avait repris sa profession de serrurier. Il mourut le 12 mars 1854 à Château-Thierry. Il n’avait que 39 ans. Son beau-père lui survécut et, après le décès de sa propre épouse, vint finir ses jours à Paris auprès de sa fille, veuve de Gilland.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article177680, notice GILLAND Jérôme-Pierre par Pierre Baudrier, version mise en ligne le 4 janvier 2016, dernière modification le 2 mars 2020.

Par Pierre Baudrier

SOURCES : Heinz-Wilhelm Knapp, Die französische Arbeiterdichtung in der Epoche der Julimonarchie : Eine literatursoziologische Untersuchung, Bonn, Bouvier, 1978, 418 p. – (Abhandlungen zur Kunst-, Musik- und Literaturwissenschaft ; 260). — Gazette des Tribunaux, 10 août 1848, p. 980. — Jean Prugnot, Des voix ouvrières, Plein chant, 2016.

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