SARVISSE Félicien (dit Émile)

Par Fabrice Bourrée, Dominique Tantin

Né le 9 juin 1922 à Ouveillan (Aude), fusillé le 23 février 1944 à la centrale d’Eysses, commune de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) ; opérateur de cinéma ; militant des Jeunesses communistes ; résistant des FTPF et du bataillon d’Eysses.

Félicien Sarvisse
Félicien Sarvisse
Photographie prise devant le monument aux morts d’Ouveillan (Aude) lors d’une permission (sd). © Association nationale pour la mémoire des résistants et patriotes emprisonnés à Eysses Droits réservés

Fils de Fernand, ouvrier agricole d’origine espagnole (né à Barbues, Aragon), et de Joséphine Paris, née à Soulié (Hérault), Félicien Sarvisse fut orphelin de père en 1939. Il dut alors aider sa mère à subvenir aux besoins de ses trois frères, Michel, né en 1920, Fernand, né le 29 mars 1929, Janvier, né le 1er janvier 1931, de sa sœur Yvonne, née le 27 juillet 1933, et d’un neveu orphelin. D’abord ouvrier agricole dans les vignes, à partir de 1938 et durant quinze mois, il fut opérateur cinéma. Il sillonnait, avec André Espinasse, exploitant de cinéma à Ouveillan, les villages voisins dans une camionnette pour projeter des films. De septembre 1939 à juin 1941, Emile Sarvisse travailla dans la vigne. Très sportif, Sarvisse jouait au sein de l’équipe de rugby d’Ouveillan. Pendant la période du Front populaire, entre 1936 et 1938, il adhéra aux Jeunesses communistes puis au syndicat agricole d’Ouveillan de 1938 à sa dissolution.

En juin 1941, il participa aux premiers groupes d’auto-défense du Parti communiste dans l’Aude. Dénoncé par un voisin et arrêté par les gendarmes, il fut interné à Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn) puis libéré. Jusqu’en décembre 1942, il fut placé dans un chantier de jeunesse au 5e groupement à Verrières (Aveyron). Entre le 31 mai et le 12 juin 1943, il travailla chez M. Rigoulat, à Valence-d’Albi. En juin 1943, réfractaire au STO, il décida d’entrer dans la clandestinité et se cacha à Ouveillan. Dénoncé, cerné par les gendarmes, il parvint à leur échapper. En 1943, il rejoignit les FTP à Montpellier. Il attaqua, en plein jour, le bureau de distribution du ravitaillement, rue Dessalle-Passel à Montpellier. Le 23 juin 1943, il fut arrêté, torturé, puis il comparut le 12 décembre devant la section spéciale de la cour d’appel de Montpellier. Sa combativité durant le procès obligea le président du tribunal à le faire expulser avec ses coaccusés et à les juger par défaut. Il fut condamné à 10 ans de travaux forcés pour vols qualifiés, infraction au STO, détention, non déclaration et port d’armes, activité communiste, et falsification de carte d’identité. Dans sa cellule de la prison de Montpellier, il retrouva Georges Charpak qui lui avait trouvé une planque à Montpellier.

Transféré à Eysses le 23 juin 1943, il fut aux premières lignes lors des combats du 19 février 1944, en s’attaquant notamment au mirador des cuisines. La blessure reçue au bras par une balle de fusil-mitrailleur le désigna pour passer devant la cour martiale du régime de Vichy qui le condamna à mort. Avant d’être fusillé par un peloton de GMR et de gendarmes, Sarvisse adressa un mot à sa mère : « Je te demande surtout, chère maman, d’élever mes jeunes frères et sœurs dans la droite ligne du Parti communiste qui est l’école de l’abnégation et du courage ». Il fut passé par les armes le 23 février 1944 dans la cour de la buanderie de la centrale. Le 22 janvier 1945, sa dépouille fut transférée au carré militaire du cimetière d’Ouveillan. Son nom est inscrit sur le monument aux morts d’Ouveillan.

Voir Site d’exécution : la centrale d’Eysses (commune de Villeneuve-sur-Lot, Lot-et-Garonne), le 23 février 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article177693, notice SARVISSE Félicien (dit Émile) par Fabrice Bourrée, Dominique Tantin, version mise en ligne le 5 janvier 2016, dernière modification le 23 février 2020.

Par Fabrice Bourrée, Dominique Tantin

Félicien Sarvisse
Félicien Sarvisse
Photographie prise devant le monument aux morts d’Ouveillan (Aude) lors d’une permission (sd). © Association nationale pour la mémoire des résistants et patriotes emprisonnés à Eysses Droits réservés

SOURCES : Corinne Jaladieu, Michel Lautissier, Centrale d’Eysses, Douze fusillés pour la République, Association pour la mémoire d’Eysses, 2004, p. 136-145. — Hélène Chaubin, L’Hérault dans la guerre 1939-1945, Clermont-Ferrand, De Borée, 2015, p. 315-316. — Notice in Musée de la Résistance en ligne. — Note d’André Balent.

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