SEEUWS Jean, Pierre, Eugène

Par Jean-Marie Guillon

Né le 16 octobre 1919 à Nay (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques), mort des suites de ses blessures le 25 août 1944 à Toulon (Var) ; ingénieur du génie maritime ; victime civile.

Fils d’Édouard Seeuws et de Jeanne Crouzel, marié à Geneviève Marty, Jean Seeuws était ingénieur du génie maritime de 2e classe. Marié, germanophone, il était adjoint du directeur du service des relations avec les Allemands.
Le 25 août 1944, alors que le port était presque tout entier sous le contrôle des troupes françaises du général de Lattre de Tassigny, il fut chargé par l’ingénieur général Borde, directeur des industries navales de Toulon, de participer sans armes à une mission de reconnaissance dans l’annexe de l’arsenal maritime du Mourillon. Il s’agissait de faire un état des dégâts provoqués par les Allemands. Arrêté par des militaires allemands retranchés dans le secteur, il fut exécuté avec les ingénieurs Jean Crochet*, Jean Gobert* et Régis Lavrut*. D’après le Livre noir de la XVe Région, trois de ces ingénieurs furent pris ensemble, menés au capitaine Kersten qui ordonna leur exécution. Ils furent fusillés, le dos tourné, par un peloton commandé par le second maitre Uhl. Le quatrième ingénieur aurait été pris à l’entrée de l’arsenal avec une quinzaine de cartouches allemandes dans une sacoche. L’adjoint de Kersten le fit abattre. Le soir, ce fut le tour d’un membre des Forces françaises de l’Intérieur (FFI), Alexis Pariset*, arrêté avec un fusil et un brassard tricolore. Les corps, mains liées derrière le dos, yeux bandés, furent retrouvés grâce aux renseignements fournis par des prisonniers. Le décès de Jean Seeuws fut enregistré à l’hôpital militaire Sainte-Anne. À la mi-journée, deux pompiers, Victor Gaubert* et Bernard Rochette*, dont les corps furent retrouvés beaucoup plus tard, avaient été fusillés eux aussi. Les quatre officiers allemands responsables de ces exécutions furent condamnés à mort par un tribunal militaire nommé par le général de Lattre de Tassigny et fusillés le 29 août 1944. En revanche, les sous-officiers qui exécutèrent les ordres et qui furent jugés par le tribunal militaire de Marseille par la suite échappèrent à cette sentence.

Jean Seeuws, comme ses camarades, fut fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume le 9 mai 1946. La mention « Mort pour la France » lui fut attribuée par le ministre de la Marine le 5 mars 1946. Une stèle fut inaugurée à la Libération sur les lieux mêmes de l’exécution à la mémoire des cinq fusillés.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article177740, notice SEEUWS Jean, Pierre, Eugène par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 6 janvier 2016, dernière modification le 12 janvier 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. privées, Livre noir de la XVe région. Arch. privées, Livre noir de la XVe région. ⎯ site internet Mémoire des hommes SHD Caen CC8 62 K 12337. ⎯ presse locale Le Var libre, 31 août 1944. — Paul Gaujac, La bataille et la libération de Toulon du 18 au 28 août 1944, Paris, Fayard, 1984. — Henri Lafaurie, Les mystères de “Big-Willie”, Paris, Les éditions Rosa Bonheur, 1994. ⎯ registre décès (arch. municipales Toulon 4 E 139).

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