BERRE Louis, Henri dit Gaston

Par Daniel Grason, Gérard Larue

Né le 4 août 1909 à Angers (Maine-et-Loire), mort le 12 janvier 1984 à Athis-Mons (Essonne) ; menuisier, cordier ; résistant FTP ; déporté.

Fils de Jean Louis Berre, carrier, et de Marie Le Grill, ménagère, Louis Berre alla à l’école primaire, il savait lire et écrire. Il exerça en 1929 sa profession de menuisier à la société aéronautique Farman 27 quai de Boulogne à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine). Il épousa Odette Taitre en 1932 en mairie de Coulommiers (Seine-et-Marne), le couple eut deux enfants.
En 1936 la famille habita au 30 rue du Quartier Parisien à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), il était concierge. De la classe 1929, il fut mobilisé le 2 septembre 1939, et démobilisé le 18 octobre 1941 par le centre démobilisateur d’Ivry-sur-Seine. Menuisier de métier, il travaillait comme cordier avec son père au 3, sentier Henri-Martin à Ivry-sur-Seine.
Il rencontra un ancien collègue de chez Farman, « Lucien » au cours du premier semestre 1942, puis en octobre 1942, il devint FTP membre de la région P6. Il lui demanda de lui procurer un tube de chauffage, il lui remettait un « bon matière » de dix kilogrammes. Louis Berre accepta, chercha en vain… fit part de sa déconvenue à « Lucien ». Nouveau rendez-vous cette fois-ci avec « Bertrand » à Issy-les-Moulineaux (Seine, Hauts-de-Seine). Derrière les pseudonymes de « Lucien » et « Bertrand », le même homme Raymond Lambert qui indiqua à Louis Berre que son prochain contact serait « Hélène » (Simone Claudet).
Le 16 décembre 1942 Louis Berre avait rendez-vous avec « Hélène », à 11 heures il était à au café de la Rotonde placé de la Trinité (IXe arr.), deux inspecteurs de la BS2 l’appréhendèrent. Emmené dans les locaux des Brigades spéciales pour interrogatoire, frappé à plusieurs reprises, il esquiva et affirma : « J’ignore l’emploi auquel je devais être affecté. Je ne savais pas qu’il s’agissait d’une formation communiste. Je me suis bien douté que c’était une formation communiste mais personne ne l’a jamais dit ». Il ajouta : « Je n’ai jamais appartenu à aucun parti ». Il se justifia ainsi : « Je n’avais pas l’intention de continuer les relations avec tous ces individus, mais j’avais peur de quitter mes liaisons ».
Détenu huit jours par les Brigades spéciales, puis livré aux Allemands il était incarcéré à la prison de Fresnes. Le 24 janvier 1943 Louis Berre faisait partie du convoi de 1466 détenus qui partit de Compiègne à destination de Sachsenhausen (Allemagne). Arrivé le lendemain, il fut affecté au Kommando Heinkel, les déportés travaillaient pour la machine de guerre nazie dont faisait partie le constructeur d’avions Ernst Heinkel. Devant l’avance de l’armée Soviétique le camp fut évacué le 21 avril 1945, Louis Berre matricule 59063 aurait été libéré le 4 mai 1945.
Son épouse Odette Berre reconnut sur photographies les deux inspecteurs qui interpellèrent son mari, elle les rendit responsable de sa déportation et déposa plainte le 20 mars 1945 devant la commission d’épuration de la police. Elle ignorait s’il avait subi des mauvais traitements.
Louis Berre fut homologué combattant des Forces françaises de l’intérieur (FFI) et Déporté interné résistant (DIR).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article177765, notice BERRE Louis, Henri dit Gaston par Daniel Grason, Gérard Larue, version mise en ligne le 16 février 2016, dernière modification le 30 mars 2020.

Par Daniel Grason, Gérard Larue

SOURCES : Arch. PPo. 77W 486 (dossier Henri Fongarnand), GB 114 bis BS2 22 bis, KB 24, 77W 3115. — Bureau Résistance GR 16 P 52789. — Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. — État civil.

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