SERÓ BERNAT Jaime [en catalan : Jaume]

Par Fabrice Bourrée, Dominique Tantin

Né le 10 novembre 1921 à l’Albages, province de Lleida, Lérida en castillan (Espagne), fusillé le 23 février 1944 à la centrale d’Eysses, commune de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) ; bûcheron, manœuvre ; militant libertaire puis communiste (PSUC, Parti socialiste unifié de Catalogne) ; résistant des FTP et du bataillon d’Eysses.

Jaime Sero-Bernat
Jaime Sero-Bernat
Photographie prise en Espagne, sd. © Dépôt MRN, fonds Amicale d’Eysses. Droits réservés.

Jaime Seró Bernat était le fils de Ramon et Josepha Bernat. Militant des Jeunesses libertaires, il intégra le corps des Carabiniers durant la guerre d’Espagne. Lors de la Retirada, tandis que ses sœurs restaient en Espagne, Jaime et son père se réfugièrent en France. Ils furent internés dans plusieurs camps du sud avant de se retrouver à Coursan près de Narbonne puis de s’installer en Normandie.

Jusqu’en novembre 1942 Jaime travailla comme bûcheron au Baquet, une ferme des Authieux dans l’Eure. Il tomba amoureux de Gisèle Leroy, la petite-fille des fermiers, née le 8 janvier 1920, et de cette union naquit Jacqueline le 7 avril 1942 qui décéda le 23 mars 1944. Par la suite, il fut employé comme manœuvre par l’entreprise PFAFF de Beaumont-le-Roger dans l’Eure.

Il rejoignit la Résistance communiste, et participa d’abord à des actions de guérilla en Normandie. Il adhéra au PSUC (Parti socialiste unifié de Catalogne, communiste) en octobre 1942. Après la rafle du 30 novembre 1942 qui décapita la Direction espagnole de la zone Occupée, Jaime Seró s’installa à Paris où il réorganisa des groupes espagnols, diffusa du matériel de propagande et servit d’instructeur militaire à des résistants français.

Il fut arrêté par la police le 8 avril 1943, à 9h45, à la station de métro La Motte-Picquet-Grenelle, porteur d’une quantité importante de documents relatifs à l’action clandestine. Écroué à la prison de la Santé, torturé, il fut jugé et condamné à deux ans de prison par la section spéciale de la cour d’appel de Paris, tribunal d’exception mis en place par Vichy pour lutter contre la Résistance.

Le 18 décembre 1943, avec une centaine de détenus dont 16 Espagnols, il fut transféré à la centrale d’Eysses. Lors de la tentative d’évasion du 19 février 1944, il participa au combat dans un groupe de choc qui tenta de capturer le commandant de la garde. Grièvement blessé au cours de ce combat, il fut condamné à mort par la cour martiale du régime de Vichy et fusillé avec 11 de ses compagnons le 23 février par un peloton de GMR et de gendarmes.

Il repose au cimetière Sainte-Catherine de Villeneuve-sur-Lot aux côtés de ses camarades Louis Aulagne, Fernand Bernard, Louis Guiral et Domènec Servetó.

Jaime Seró Bernat a été officiellement reconnu « Mort pour la France » fin 2010.

Voir Site d’exécution : la centrale d’Eysses (commune de Villeneuve-sur-Lot, Lot-et-Garonne), le 23 février 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article177766, notice SERÓ BERNAT Jaime [en catalan : Jaume] par Fabrice Bourrée, Dominique Tantin, version mise en ligne le 6 janvier 2016, dernière modification le 23 février 2020.

Par Fabrice Bourrée, Dominique Tantin

Jaime Sero-Bernat
Jaime Sero-Bernat
Photographie prise en Espagne, sd. © Dépôt MRN, fonds Amicale d’Eysses. Droits réservés.

SOURCES : Corinne Jaladieu, Michel Lautissier, Centrale d’Eysses, Douze fusillés pour la République, Association pour la mémoire d’Eysses, 2004, p. 146-161. — Notice in Musée de la Résistance en ligne

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