ISRAEL Pierre, Mortier

Par Jean-Marie Guillon

Né le 28 décembre 1905 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), abattu le 26 juin 1944 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; industriel ; résistant membre du Front national.

Industriel juif résidant dans la Seine, à Neuilly, jusqu’en novembre 1940, Pierre Israël vint se réfugier en 1941 dans le Var, à Sainte-Maxime, avec sa compagne Jacqueline Veret.
On ne sait rien des circonstances dans lesquelles il prit contact avec la très active résistance FN/FTP du secteur des Maures, mais c’est en tant que délégué de ce groupe qu’il devait partir à Alger pour réclamer des armes et des moyens. Il faisait partie des résistants qui allaient embarquer, dans la nuit du 25 au 26 novembre 1943, à bord d’un sous-marin qui faisait la liaison entre l’Algérie et la France. Cette liaison avait été mise en place en février 1943. Le transbordement avait lieu dans une crique du littoral de Ramatuelle, près de Saint-Tropez.
Les partants, qui comprenaient la fille du général Giraud, et leur escorte de protection furent interceptés par les Allemands, le Sipo-SD de Marseille ayant été avisé de l’opération. Léon Alsfasser Granger (voir ce nom) fut tué en tentant de protéger ses compagnons. Deux d’entre eux furent capturés, le lieutenant de marine Pothuau et Pierre Israël.
Emprisonné à Marseille, à la prison des Baumettes du 27 novembre 1943 jusqu’au 13 juin 1944, date de sa dernière lettre transmise par le Croix Rouge, celui-ci aurait été exécuté le 26 juin par les Allemands qui le firent inhumer dans la fosse commune du cimetière Saint-Pierre, à Marseille.
Son pseudonyme de Pierre Mortier fut utilisé à Paris par des agents allemands pour se procurer un port d’armes.
Il reçut la mention « Mort pour la France » et fut décoré de la Médaille de la Résistance à titre posthume le 29 novembre 1958.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article177788, notice ISRAEL Pierre, Mortier par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 7 janvier 2016, dernière modification le 13 octobre 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. Dép. Var 93 J(fonds ANACR Var). ⎯ Mémoire des Hommes SHD Caen DAVCC 21 P 49220 et Vincennes GR 16 P 302324 (nc). — Témoignages. — Jean-Marie Guillon, Le Var, la guerre, la Résistance 1939-1945, Toulon, CDDP, 1994.

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