LEPLANQUAIS Robert, Henri, Leblanc, Kervella

Par Jean-Marie Guillon

Né le 19 janvier 1910 à La Rochelle (Charente-inférieure, Charente-Maritime), mort le 5 juillet 1944 à Mâcon (Saône-et-Loire) ; officier de marine marchande ; responsable de sous-secteur du réseau de renseignements Tartane.

Robert Leplanquais
Robert Leplanquais
SOURCE : Arch. privées

Officier de la marine marchande, Robert Leplanquais se trouvait à Toulon (Var) au début 1941. À peine relevé d’une grave maladie, il chercha d’abord à rejoindre Londres et la France Libre. Installé à Nice (Alpes-Maritimes) le 19 septembre 1942, il prit contact en décembre avec Conrad Flavian pour servir dans un réseau de renseignement. Flavian le mit en relation avec Yves Le Crom Yvonne en train de constituer le réseau Tartane dans la région de Nice. Il y fut intégré sous le matricule RJ 444 et le pseudonyme de Leblanc. Il aurait quitté Nice le 10 avril 1943, probablement à cause des arrestations faites l’OVRA parmi ses relations de Résistance. Son nom figurait aussi sur une liste de contacts du mouvement Combat saisie à Marseille un peu avant. D’après la police, il aurait quitté Nice pour rejoindre son épouse, Arlette, qui y résidait. En réalité, il circulait comme représentant de commerce entre Toulon et Nice sous l’identité de Kervella. Responsable du sous-secteur de Toulon, il surveillait en particulier les défenses allemandes sur le littoral. Il se lia avec Roger Taillefer Burin, autre responsable de sous-secteur du réseau et ancien militant du Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP), avec qui il se rendit à Paris (Seine) pour aller chercher des fonds et du courrier. Grâce à cette relation amicale, il vint de temps à autre se mettre au vert et travailler pour se détendre au chantier forestier du Pélenc, que son ancien condisciple à la Sorbonne, Daniel Bénédite, autre ex-militant du PSOP et adjoint de Varian Fry au Comité américain de secours à Marseille, avait créé dans le Haut-Var. Robert Leplanquais fut arrêté le 24 juin 1944 dans la base sous-marine allemande de Toulon. Il aurait été dénoncé par un Russe qui lui avait permis d’entrer et qui l’accompagnait.
Torturé, il chercha à s’empoisonner avec du cyanure, puis en absorbant du sublimé corrosif qu’il avait caché. Il fut découvert dans un train de déportés, à Mâcon, le 31 juin, par une infirmière qui, devant son état, le fit transporter à l’hôpital de la ville. Il dévoila sa véritable identité et les conditions de son arrestation au prêtre venu lui administrer l’extrême onction. Il mourut à l’hôpital le 5 juillet. Il fut inhumé au cimetière militaire de Mâcon (numéro 444). « Mort pour la France ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article177789, notice LEPLANQUAIS Robert, Henri, Leblanc, Kervella par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 7 janvier 2016, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Jean-Marie Guillon

Robert Leplanquais
Robert Leplanquais
SOURCE : Arch. privées

SOURCES : Arch. dép. Bouches-du-Rhône, fonds Daniel Bénédite et 8 W 53 ⎯ témoignages Roger Taillefer, Daniel Bénédite. ⎯ Daniel Bénédite, Un chemin vers la liberté sous l’Occupation. De Varian Fry au débarquement en Méditerranée. Marseille-Provence 1940-1944, Éditions du Félin, Paris, 2017. ⎯ C. L. Flavian, Ils furent des hommes, Paris, Nouvelles éditions latines, 2e éd. 1948. — Philippe Gaussot, Melpomène se parfume au camphre, Paris, Éditions Marco, 1945. —Témoignages Roger Taillefer et Daniel Bénédite.

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