THIBAULT Pierre, Gilbert, Georges

Par Gilles Morin

Né le 17 novembre 1929 à Orléans (Loiret) ; journaliste ; militant socialiste du Loiret ; adjoint au maire d’Orléans (1971-1977 : membre du secrétariat fédéral (1959-1974) ; membre du bureau national des Jeunesses socialistes (1960) puis du comité directeur de la SFIO (1963-1969) et du Parti socialiste (1969-1973).

Fils de Gilbert Thibault, négociant en marée et primeurs, et de Suzanne Blanche Fillon, Pierre Thibault suivit les cours du lycée Pothier à Orléans, puis de la Faculté de Droit et de l’IEP de Paris en 1951. Diplôme de cette école, il obtint en novembre 1953, un certificat d’économie politique et un certificat de sciences économiques. Il fut candidat à l’ENA en août 1951 et à l’Inspection du Travail d’outre-mer en novembre suivant.
Étudiant socialiste, Thibault représenta la fédération des Jeunesses socialistes du Loiret au congrès de Narbonne des JS en 1953. Membre du bureau national des Étudiants socialistes, il a été responsable des revendications et de la propagande en 1951. Membre du Comité national des ES en 1952, il était encore délégué de la fédération du Loiret aux congrès nationaux de 1954 et 1955.
Pierre Thibault fit campagne en faveur de la CED lors du congrès fédéral de mai 1954.
Il collabora au Populaire dimanche en février 1956. Sursitaire pour études, il partit au service militaire le 4 janvier 1957 et fut incorporé au 117e RI. Rengagé pour un an le 5 janvier 1957, il a été nommé sergent le 1er septembre 1958.
Libéré, Thibault reprit son militantisme. Journaliste, il résidait à Suresnes en 1959 et 1961, mais continuait à militer dans le Loiret et y prit des responsabilités locales : il était signalé comme secrétaire fédéral adjoint de la SFIO du Loiret en septembre 1959 et en octobre 1963- janvier 1967. Il été candidat aux élections cantonales de 1961, à Orléans Nord-Ouest, puis en 1964 à Orléans-Sud et fut délégué fédéral du Loiret au congrès national SFIO de 1960.
Pierre Thibault militait principalement dans les Jeunesses socialistes au plan national : il a été rapporteur de la motion d’information au congrès national des Jeunesses socialistes d’avril 1960. Délégué adulte au comité national des JS en 1960, il a été membre du bureau national des JS, élu au congrès d’avril 1960. Il était animateur du journal du mouvement, Luttes, comme rédacteur en chef du journal en 1963. Le 6 décembre de la même année il s’était marié à Paris (XVIIIe arr.) avec Claudette Simone Bouilly.
Après plus de dix ans de militantisme essentiellement chez les jeunes, Pierre Thibault entra au comité directeur de la SFIO en 1963-1969. Il participait avec, avec Pierre Mauroy, à une opération de renouvellement de la direction socialiste d’un parti dangereusement vieillissant. Il fut l’un des animateurs d’Horizon 80, qui soutenait la candidature Defferre en 1964-1965, contrairement à la majorité des socialistes SFIO et appartint au présidium provisoire du CEDEP lors de sa fondation de ce club par Pierre Mauroy en mars 1966. Localement, il s’investit aussi dans la formation de Fédération de la gauche démocrate et socialiste. Vice-président de la FGDS du Loiret en 1966-1967, il en devint président en 1967-1968.
Secrétaire adjoint de la fédération SFIO en février 1969-1970, il était noté comme partisan de Gaston Defferre dans une note des RG au début 1969. Il fut en effet signataire de la motion Defferre “Pour le nouveau parti démocrate socialiste”, pour le congrès national extraordinaire de décembre 1968.
Après le congrès d’Issy-les-Moulineaux, Pierre Thibault se situa dans la minorité autour de Pierre Mauroy et participa aux réunions du groupe de travail minoritaire comme en attestent des notes conservées dans les archives Pontillon*. Élu membre du Comité directeur du Parti socialiste après le congrès d’Épinay en juin 1971 (tendance Defferre-Mauroy), il était signataire de la motion Mitterrand pour le congrès de Grenoble en 1973.
Pierre Thibault fut élu premier adjoint au maire d’Orléans (René Thinat) en 1971-1977. Mais, la direction assumée par les anciens de la SFIO se trouvait de plus en plus contestée par les autres courants socialistes. Au congrès fédéral de janvier 1975, le rapport d’activité n’était approuvé qu’à une faible majorité, la gestion financière étant très critiquée, comme révélatrice de l’atonie fédérale. Contesté par le CERES et par les anciens PSU qui s’étaient comptés sur l’amendement Martinet, il se trouva de fait en minorité et ne se représenta pas au secrétariat fédéral. Maurice Combes lui succéda alors et il se trouva de plus en plus marginalisé. Pour les élections municipales de 1977, il fut placé pratiquement en queue de liste PC-PS (38e sur 41). Il quitta le PS en juillet 1978, fondant localement le Mouvement de la Gauche socialiste et démocratique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article178074, notice THIBAULT Pierre, Gilbert, Georges par Gilles Morin, version mise en ligne le 2 février 2016, dernière modification le 2 février 2016.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., F/1cII/554, F/1cII/704, 19860021/1 et 3, 19860021/6, 19810410/15, dossier Mauroy. — Bulletin Intérieur de la SFIO, n° 114, mai 1960. — Archives de l’OURS, dossiers Loiret et 2/APO/2, fonds FGDS.. — Rapports des congrès de la SFIO, 1944-1967. —Bulletin intérieur de la SFIO, décembre 1968. — Le Poing et la Rose, n° 15, mai 1973. — Cyril Bauné, Le Parti socialiste dans le Loiret de 1974 à 1989, une fédération rocardienne, mémoire de M2, Université d’Orléans, 2007. — État civil.

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