VACHERON François, Paul

Par Michel Thébault

Né le 2 avril 1897 à Morterolles, aujourd’hui Saint-Pardoux-Morterolles (Creuse) ; fusillé sommaire le 18 juillet 1944 à Nadapeyras, commune de Soubrebost (Creuse) ; cultivateur ; résistant Armée Secrète (AS).

Né au hameau de Villatange, commune de Morterolles, où son père était cultivateur, François Vacheron était le fils de Jean Vacheron et de Marie Bussière. Il fut incorporé dans l’armée le 4 septembre 1917 dans des régiments de cuirassiers puis au 2° Hussards, avec lequel il participa aux combats de la fin de la première guerre mondiale. Démobilisé en septembre 1919, il revint s’installer à Villatange pour y exercer la profession d’agriculteur. Il se maria à Thauron le 5 juin 1926 à Thauron (Creuse) avec Mélanie Laforest. Ils eurent six enfants, ce qui lui valut le 22 septembre 1939 d’être dégagé de toutes obligations militaires, et de ne pas être rappelé sous les drapeaux pour la campagne de France.

Au premier semestre 1944, des maquis appartenant à l’Armée secrète s’organisèrent sur ces premières hauteurs du plateau de Millevaches. La deuxième compagnie franche sous les ordres du capitaine Trancart s’installa à Villatange et Nadapeyras à la mi-juin avec pour mission la protection d’un important terrain de parachutage situé à Nadapeyras, le terrain Pension. Paul Vacheron a apporté son soutien au groupe des résistants pour leur ravitaillement, le transport et la cache des armes et matériels.
Des parachutages d’armes eurent lieu tous les deux ou trois jours du 27 juin au 17 juillet 1944. Ils furent repérés par les services allemands. Dans la nuit du 16 au 17 juillet un nouveau parachutage eut lieu. Mais l’approche des éléments de la brigade Jesser, une formation militaire allemande, composée d’éléments de la Wehrmacht, des SS et de divers services de police, chargée depuis son arrivée en Creuse le 13 juillet de la répression contre les forces de la Résistance, empêcha le transport et la cache immédiate des containers. Les maquisards prévenus à temps reçurent l’ordre de dispersion qui s’effectua au matin du 17 juillet. Une tentative de détruire les stocks reçus ne put aboutir et les troupes allemandes arrivées dans l’après-midi du 17 juillet, procédèrent à des fouilles et des arrestations. D’importants stocks d’armes, et de munitions furent découverts sur les communes de Soubrebost et Vidaillat, des maisons, des granges et le bâtiment de l’école et de la mairie de Vidaillat furent incendiés. Paul Vacheron venu à Nadapeyras pour participer à l’évacuation des containers fut arrêté le soir du 17 juillet alors qu’il rentrait à Villatange avec son attelage. Emmené au poste de commandement de l’unité allemande (2ème bataillon du régiment 1000), il y fut interrogé et torturé. Le lendemain matin, 18 juillet, il fut ramené avec Henri Faure dans un bois près de Nadapeyras, contraint de creuser sa tombe et exécuté sommairement. Son corps enterré dans les bois avec celui d’Henri Faure ne fut retrouvé que cinq jours plus tard.

Il obtint la mention mort pour la France et son nom figure sur le monument aux morts de Morterolles. Une stèle à Nadapeyras porte le nom des victimes dont celui de Paul Vacheron. Une autre stèle fut dressée à sa mémoire et à celle de Henri Faure sur le lieu de leur exécution. Son nom figure aussi sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret (Creuse).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article178091, notice VACHERON François, Paul par Michel Thébault, version mise en ligne le 21 janvier 2016, dernière modification le 9 octobre 2021.

Par Michel Thébault

SOURCES : Archives départementales de la Creuse (État civil, registres matricules) — Marc Parrotin, mémorial de la Résistance creusoise éditions Verso 2000 — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb

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