SERVIENT Jean Pierre Ferdinand dit SERVIENT F.

Par Pierre Baudrier

Né le 14 janvier 1823 (selon le site de l’École Polytechnique) mais en fait le 5 novembre 1822 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) [naissance déclarée le 25 avril 1823 ], mort en 1856 ; républicain accusé de socialisme.

Fils de Pierre François S., propriétaire, et de Marie Thérèse Charlotte Machère Desgréaux, Jean Servient entra à l’École Polytechnique en 1843. Alors qu’il était encore à l’École, il se battit en duel pour une fille avec l’étudiant en médecine Félix de Lavarde qu’il blessa mortellement après que celui-ci l’ait blessé légèrement à l’œil puis au poignet. Melvil-Bloncourt avait été témoin à son duel.
Servient prit une part active à la révolution de 1848, succédant au colonel Dumoulin à la direction du Musée du Louvre. À l’époque les gouverneurs se succédaient rapidement et l’histoire officielle du musée les ignore. Servient fut rapidement destitué. Dans une lettre du 21 mars 1848, il rappelait que, s’il était question de le remplacer comme gouverneur du Louvre, il souhaitait être prévenu pour donner lui-même sa démission. Il déplorait que l’on n’ait pas eu cette délicatesse à son égard. Il reçut la visite de Pons de l’Hérault porteur de sa nomination aux fonctions de Servient. Pons de l’Hérault le laissa régler les affaires courantes.
En 1848, Melvil-Bloncourt fit ses premières armes avec Servient.
On retrouve Servient en 1849. On lit dans un journal : « Notre ami et ancien collègue de la conférence Montesquieu, le citoyen Servient, actuellement élève-inspecteur aux tabacs, a été appelé, il y a quelques jours, auprès de M. Adam, secrétaire-général du ministère des finances, qui lui a dit "« Vous vous occupez d’élections socialistes : le ministre vous ordonne de partir demain pour Bordeaux. » Le citoyen Servient a demandé un sursis de quelques jours. M. Adam a répondu : « - Partez, ou vous serez destitué. » A une telle violence le citoyen Servient a répondu par sa démission. »
Ayant participé aux événements du 13 juin 1849, il s’était enfui à Bruxelles. L’Homme. journal de la démocratie universelle annonça la mort de Servient en 1856. Il était décédé en mer, en retournant à son pays natal, les États-Unis (nous savons que c’était la Guadeloupe).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article178122, notice SERVIENT Jean Pierre Ferdinand dit SERVIENT F. par Pierre Baudrier, version mise en ligne le 23 janvier 2016, dernière modification le 4 juillet 2020.

Par Pierre Baudrier

SOURCES : Arch. Nat, F21 1508. — Félix Liouville. Cour d’assises de la Seine Inférieure... (Affaire de duel) Plaidoyer de Me Felix Liouville,... pour M. Ferdinand Servient,... prononcé le... 24 mai 1845.- Paris, imp. de Maulde et Renou : juin 1845.- In-4 ° ; pp. 5-16 (Ministère public c. Servient) du Journal du Palais. Recueil le plus ancien et le plus complet de la jurisprudence par Ledru-Rollin,… Tome IIe de 1845 (1re édition, tome 124 ; - 2e édition, tome 84 ; 3e édition, tome 45).- Paris : F.-F. Patris, s.d..- 868 p. [Servient est aux pages 5 A 16]. — F. Servient, Melvil-Bloncourt.- Réponse à l’article publié par M. Galos,... sur l’émancipation, dans le n ° du 1er septembre de la "Revue des Deux Mondes", - Paris, Impr. de Bonaventure et Ducessois : (1848).- In-8 ° . Pièce. — L’Avant-Garde, 2e année, mai 1849, 4e numéro, p. 319. — L’Homme. Journal de la démocratie universelle, n° 114, Londres, samedi 19 avril 1856, 3e année, p. [3], [3e] col. — Généalogie et Histoire de la Caraïbe. Nouvelle Série, N° 7.

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