AMOUREUX Jean, Maxime

Par Jean-Marie Guillon

Né le 5 février 1885 à Saint-André-les-Alpes (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence), abattu le 17 juin 1944 à Estoublon (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence) ; sous-officier retraité, garde des Eaux et Forêts ; communiste.

Fils de Joseph Amoureux et Marie Ailhaud, habitant à Barrême (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence), Jean Amoureux s’était engagé pour cinq ans le 5 février 1903, alors qu’il était enfant de troupe à Saint-Hyppolite-du-Fort (Gard). Mis à part une interruption entre novembre 1911 et 1914 où il servit comme homme d’équipe pour la Compagnie de chemin de fer du Sud-France, dans la Vésubie (Alpes-Maritimes), il se réengagea ensuite régulièrement jusqu’au moment où il fut admis à faire valoir ses droits pour la retraite, le 2 août 1924. Il servit d’abord dans l’infanterie (141 régiment), puis l’infanterie coloniale (8e Régiment) et fut promu sergent le 12 octobre 1908. Mobilisé le 4 septembre 1914, il fit une brillante guerre. Blessé dans les Vosges le 31 octobre 1914, puis encore le 8 août 1916, promu adjudant le 10 septembre suivant, il fut cité le 28 mai 1917 : « Chef de section courageux et dévoué, a entrainé brillamment sa section à l’assaut d’une position ennemie fortement défendue. A combattu bravement jusqu’au moment qu’il fut porté disparu ». C’est à Berméricourt (Marne) qu’il fut porté disparu, le 4 mai 1917. Fait prisonnier, il fut interné à Darlstadt, en Hesse (Allemagne). Il revint en France le 28 décembre 1918. Il fut décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze et de la Médaille militaire. Poursuivant sa carrière dans l’armée, il fut envoyé au Sénégal, au 8e Régiment de tirailleurs sénégalais, de mars 1920 à avril 1922, puis au Levant avec le 1er Régiment mixte indochinois. Revenu à la vie civile, il servit comme garde domanial à Colmars-les-Alpes (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence), puis Estoublon à partir de juin 1931. Il fut inculpé pour propos communistes fin septembre 1939 et condamné par le tribunal correctionnel de Digne (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence), le 22 janvier 1940, à quinze jours de prison et 100 francs d’amende, peine augmentée à trois mois de prison en appel. Garde des Eaux et Forêts à Estoublon, il fut révoqué le 1er septembre 1940. Sans doute avait-il renoué avec le Parti communiste clandestin dont une partie de la direction avec Jean Lassalle était installée dans le village en 1944. Estoublon fut investi, le 17 juin 1944 à l’aube, par les militaires allemands et les hommes de la 8e compagnie Brandebourg qui participaient aux opérations de ratissage qui suivirent la forte mobilisation résistante du secteur qui suivit le débarquement en Normandie, le 6 juin 1944. Après des échanges de coups de feu avec des résistants au cours duquel le responsable régional du PC, Jean Lassalle*, fut abattu, la population fut rassemblée sur la place. Jean Amoureux et deux autres communistes, Pierre Foray* et Lazare Settimelli*, furent pris comme otages et exécutés au bord de la RN 207.

Une stèle fut érigée à leur mémoire à cet endroit le 19 août 1945.

Il obtint le statut de « Mort pour la France ».

Sa fille, Raymonde Amoureux, devenue Girard, fut son agent de liaison à 16 ans à partir d’octobre 1943. Elle était née le 17 mai 1927 à Colmars-les-Alpes. elle obtint la carte des Combattants volontaires de la Résistance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article178228, notice AMOUREUX Jean, Maxime par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 27 janvier 2016, dernière modification le 2 juillet 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. dép. Alpes-de-Haute-Provence 42 W 112. ⎯ Site Internet Mémoire des Hommes.— Documents, témoignages, recherches n°23, sd, Musée de la Résistance azuréenne.— Jean Garcin, De l’armistice à la Libération dans les Alpes de Haute-Provence 17 juin 1940-20 août 1944, Digne, 1983.— Mémorial de la Résistance et des combats de la Seconde Guerre Mondiale dans les Basses-Alpes, Digne, Secrétariat aux Anciens Combattants–CDIHP des Alpes-de-Haute-Provence, 1992.— Raymond Moulin, « 1943-1944, l’occupation allemande et la Résistance sur le plateau de Valensole », Bulletin des Amis du Vieux Riez n° hors-série, sans date. ⎯ registre des matricules militaires. — Centurie des plus jeunes combattants volontaires de la Résistance, Centurie. Livre d’Or, 2021, quelques ligne sur sa fille et une photo.

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