BLAIN Gérard, Albert, Léon

Par Hugues Lenoir

Né le 15 juillet 1947 à La Ferté Chevresis (Aisne) ; militant de la Fédération anarchiste ; employé dans le transport, chauffeur semi-remorque et de car ; syndicaliste CFDT puis SBTT (syndicat de base des travailleurs du transport).

Gérard Blain est le fils de Martial Blain (décédé) qui était exploitant forestier et très portée sur la religion et de Bernadette Noiret (décédée et sans profession).
De 9 à 16 ans il fut pensionnaire dans un établissement religieux où, dit-il, il fit « les 400 coups » et où il se heurta à un "préfet" d’extrême droite. Pour fuir cette situation il s’engagea dans l’armée à 17 ans et suivit une école militaire de l’armée de l’air. Il en sortit technicien de la navigation aérienne. Face à son insoumission à la discipline militaire des colonels le traitèrent d’anarchiste, terme dont il ignorait alors le sens. Suite quelques recherches, il s’y reconnut et s’en revendiqua.
Après quelques temps d’errance et en quête d’identité à Paris, en Angleterre, à Rochefort, il arriva à Toulon en 1972 où il voulait travailler dans le transport de personnes ou de marchandises alimentaires. Là, il contacta les anciens du groupe Louise Michel de la FA, les anarchistes espagnols et la libre-pensée à laquelle il adhéra. Avec un compagnon, Edward Theillet, ils créèrent le groupe de la région toulonnaise - FA. Durant cette période Gérard Blain fut de toutes les luttes locales : luttes pour les plages du Mourillon, le sentier des douaniers, contre l’autoroute B52, grève de la SAAV, grève à CEDIPAM-COGEDIS, à l’Hôpital, à la CAT, au car GABY, etc. En 1977, il participa à l’organisation du congrès de la Fédération anarchiste à La Valette-du-Var.
En 1978, il fut de l’aventure "radio trottoir", radio pirate et pourchassée... Un samedi midi, alors que le collectif émettait du mont Faron et suite après une vive altercation avec la police, ses amis furent condamnés à 2 mois avec sursis et Gérard Blain à 4 mois et une forte amende. Quelques mois plus tard, il revint devant le tribunal pour "renvoi des papiers militaires et injure à l’armée française » pour avoir écrit : l’armée ça tue, ça pollue et ça rend con". Il écopa à nouveau d’un mois avec sursis.
Sur un malentendu, en 1979 ou peut-être en 1980, avec quelques compagnons, il quitta le groupe de la Région Toulonnaise et constituer le groupe "Action Directe". Ill fut de beaucoup des initiatives : sur un relais de télévision, la Vierge du Cap Brun, la croix du Faron, le monument aux morts à l’Algérie française et diverses statues.
En 1981-1982 découragé par les groupes anarchistes, il cessa de militer dans ce milieu mais il en resta proche. Il entra alors dans une entreprises de transport Meiffret secteur Sernam la plus grosse entreprises de transport de la zone : Meiffret 250 camions et Barla 350 bennes à ordures ménagères. Il rédigea le « canard de la boite » pendant 1 an et participa aux élections de C.E. et de D.P. Après un conflit avec la CGT, il créa une section CFDT alors autogestionnaire qui obtint tous les sièges. Il se réclamait alors de l’anarcho-syndicalisme et il défendait l’autogestion généralisée. En 1985-1986 il fut exclu de la CFDT comme "mouton noir". Il constitua alors avec d’autres travailleurs un syndicat autonome, le S.B.T.T. (syndicat de base des travailleurs du transport) où fut adoptée la charte d’Amiens améliorée de la CNT. En 1990, il fut de ceux qui tentèrent de reprendre le SERNAM en SCOP, ce qui échoua car le SERNAM (filiale de la SNCF) refusa... En 2004, il participa à la constitution de la SCOP MATRALOC et qui fonctionne toujours en 2016 (transport, 100 adhérents).
Durant la même période, il constitua avec sa compagne, Myriam Vercelloti et quelques autres un CIL (comité d’intérêt local) de Saint-Musse (quartier de Toulon) qui organisa des manifestations contre le nucléaire, une fête de toutes les couleurs, Meille* y participa avec les chansons de Brassens, Ferré et Tachan, etc. À la retraite et ayant subi un grave AVC (accident vasculaire cérébral), en 2015-2016, il participait toujours à une émission sur "radio active" et collait quelques affiches (FA). Il était au MOCA. (mouvement des organisations pour une culture alternative – CNT, groupe libertaire local, etc.) et pour celui-ci, il chercha, avec opiniâtreté, un local et des fonds. En début 2016 il distribua des tracts et assista à des assemblées populaires contre l’état d’urgence mais « plus exactement contre l’État tout court », affirme-t-il. Il était toujours abonné au Monde libertaire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article178432, notice BLAIN Gérard, Albert, Léon par Hugues Lenoir, version mise en ligne le 6 février 2016, dernière modification le 6 février 2016.

Par Hugues Lenoir

SOURCE : témoignage direct.

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