FAYOLLE Pierre François Maurice Jacques

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 16 mai 1919 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), exécuté sommairement le 1er septembre 1944 au camp de Natzweiler-Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin) ; militaire, aspirant de marine ; résistant réseau SR Alliance.

Pierre François Fayolle était le fils de Benjamin, ingénieur et secrétaire général de la Chambre de commerce de Nancy, âgé de 45 ans et de Julie Dujon, sans profession, âgée de 41 ans. Il était célibataire.
Pierre Fayolle fit ses études au Lycée Poincaré à Nancy, puis à l’École Libre des Sciences Politiques à Paris VIIe arr. en 1938-1939. Il habitait chez sa sœur à Paris Ve arr. depuis octobre 1937. Il s’engagea en 1939 pour la durée de la guerre à l’École d’Artillerie de Fontainebleau. Le 7 janvier 1940, il fut incorporé comme élève officier de réserve (EOR) au 5ème Dépôt des Équipages de la Flotte, à Toulon et affecté à la Base Aéronavale d’Hourtin (Gironde). Il fut transféré ensuite à la Base Aéronavale de Cuers-Pierrefeu (Var) et démobilisé le 16 août 1940 avec le grade d’aspirant de réserve. Il se retira alors chez ses parents, à Bizeneuille (Allier) et s’engagea immédiatement dans la Résistance en constituant un réseau dans lequel il prit le pseudonyme de "Marin-Lambert" tout en continuant à Paris ses études à Sciences-Po. En octobre 1943, il intégra le réseau Alliance à l’état major du réseau "Grand hôtel". Il dirigeait le secteur "Barricade" qui couvrait Paris et la Banlieue Est. Il fut arrêté le 17 mars 1944 et interné à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne) puis transféré le 19 mai 1944 avec 60 autres membres du Réseau, au camp de Schirmeck (Bas-Rhin) où ils arrivèrent le 20 mai 1944 et furent affectés au block 10 avec tous les membres masculins du réseau. Le dossier d’accusation d’espionnage instruit par la Gestapo de Strasbourg dans le cadre de la liste des affaires n°268 du 26 juin 1944 qui concernait Pierre Fayolle, Paul Raulo*, Jean Lefebvre* et Louis Le Meur*, fut transmis au Tribunal de guerre du Reich qui y apposa les tampons « Geheim » (secret) et « Haftsache » (affaire concernant des détenus) ainsi que la mention « NN » (Nacht und Nebel-Nuit et Brouillard). Comme les autres détenus, il fut remis à disposition de la Gestapo de Strasbourg le 10 septembre 1944 mais leur destin s’était déjà joué car devant l’avance alliée les 106 membres du réseau Alliance détenus à Schirmeck, dont Pierre Fayolle, furent sur ordre du Haut commandement de la Wehrmacht (OKW) à Berlin, transférés en camionnette par fournées de 12 vers le camp de concentration du Struthof, où ils furent dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, abattus d’une balle dans la nuque à la chambre d’exécution puis incinérés directement dans le four crématoire du camp, situé dans le même bâtiment.
Il fut homologué comme chargé de mission de 2e classe de la DGER (Direction générale des études et recherches) avec le grade de lieutenant.
Il fut déclaré "Mort pour la France" le 19 juillet 1947 et "Mort en déportation" le 19 septembre 2012.
Il reçut à titre posthume en 1946, la Légion d’honneur, la croix de guerre et la médaille de la Résistance française.
Son nom figure sur le caveau familial au cimetière de Bizeneuille (Allier) et sur la plaque commémorative du réseau S.R. Alliance au camp de concentration du Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article178437, notice FAYOLLE Pierre François Maurice Jacques par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 7 février 2016, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : Dossier DAVCC Caen.— Marie-Madeleine Fourcade L’Arche de Noé, éd. Fayard, Paris 1968. — Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l’Allier. — Auguste Gerhards Tribunal du 3e Reich, Archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, éditions Le cherche midi, Paris 2014.— Mémorial GenWeb.— Wikipédia "Réseau Alliance" et "camp de concentration de Natzweiler-Struthof". — État civil.

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